#Français de l’actualité

Journal en français facile du 04/01/2016 - 20h00 - 20h10 TU

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RFI
Transcription

Priscille Lafitte :
Dans l'actualité de ce lundi 4 janvier 2016, 
La crise diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran bouleverse la région, et inquiète les grandes puissances internationales. Nous ferons le point dans ce journal. 

Sylvie Berruet :
Nous irons à Londres, où le gouvernement britannique a réagi à la menace d'attentat du groupe Etat islamique. 

PL :
En France, le gouvernement cherche à sortir des divisions de la gauche sur la déchéance de la nationalité française, une mesure qui est très critiquée. 

SB :
Nous terminerons par un hommage à un grand acteur comique français : Michel Galabru.

SB :
On débute ce journal par la crise diplomatique entre l'Arabie saoudite et l'Iran

PL :
Une crise qui s'aggrave encore ce lundi, puisque Ryad a décidé
- de suspendre les relations commerciales avec Téhéran
- les liaisons aériennes, les vols d'avion entre les deux pays
- et d'interdire aux Saoudiens de se rendre en Iran.

Et puis, d'autres pays ont décidé de faire comme l'Arabie saoudite, de casser les relations diplomatiques avec l'Iran : c'est le cas du royaume du Bahreïn et du Soudan. Les réactions sont internationales devant cette escalade préoccupante de la tension dans la région. Juliette Gheerbrant

Cela ne fait de doute pour personne : le durcissement de l'affrontement entre les deux grands rivaux, Ryad et Téhéran, risque de rendre encore plus difficile une sortie de crise dans la guerre en Syrie comme au Yémen. Ce lundi Pékin a demandé à l'Iran et à l'Arabie Saoudite de conserver le calme et de préserver la paix. Les pays occidentaux alliés de l'Arabie Saoudite, bien embarrassés après l'exécution du haut dignitaire chiite Nimr al Nimr, appellent à faire baisser les tensions. En Europe la Grande Bretagne s'est contentée d'un communiqué à minima dimanche réaffirmant l'opposition de Londres à la peine de mort. La France, elle, appelle à une désescalade entre Téhéran et Ryad. Tout comme l'Allemagne. Mais le ministre allemand de l'économie a en outre averti l'Arabie saoudite que les futures ventes de matériel militaire à Ryad dépendraient de l'évolution de la situation. Pour faire baisser les tensions, la Russie s'est dite prête à jouer les médiateurs et à accueilir des discussions entre Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, et son homologue saoudien Adel Al Jubeir. La ligue arabe dénonce quant à elle une ingérence de Téhéran dans les affaires arabes, et elle tiendra dimanche, au Caire, une réunion extraordinaire.

PL :
Le Premier ministre David Cameron critique à son tour les 47 exécutions survenues en Arabie Saoudite, notamment celle du chef chiite Nimr Baqer al-Nimr. Et il juge « extrêmement préoccupante » la crise diplomatique qui en découle entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

SB :
David Cameron a aussi parlé de la vidéo postée par le groupe Etat islamique, une vidéo qui menace le Royaume-Uni

PL :
Cette vidéo a été postée (publiée) sur internet, hier, dimanche, elle met en scène la mort de cinq hommes, considérés, vus, par l'organisation djihadiste, comme des espions à la solde de la Grande-Bretagne, ils sont accusés de travailler pour le Royaume-Uni. Le Premier ministre britannique David Cameron interprète / voit cette vidéo comme un aveu de faiblesse, comme la preuve que le groupe Etat islamique est au plus mal sur le terrain. Les précisions de notre correspondante Muriel Delcroix, à Londres.

Le chef du gouvernement britannique ne voit qu'un acte de « propagande désespérée » dans l'enregistrement d'une dizaine de minutes diffusé dimanche par le groupe Etat islamique. David Cameron estime d'ailleurs que l'organisation djihadiste perd du terrain et promet qu'elle finira par être vaincue. Londres a donc choisi de répondre par le mépris à cet avertissement de début d'année lancé par un nouveau porte-parole de Daech en anglais. Les services de renseignement britanniques analysent minutieusement la vidéo afin d'identifier ce djihadiste mais aussi le petit garçon qui parlent tous les deux en anglais avec un accent londonien. Masqué et brandissant une arme, l'homme imite les macabres mises en scène du terroriste britannique Mohammed Emwazi, surnommé par les médias Djihadi John et que les États Unis affirment avoir tué en Syrie au mois de novembre. Il accuse les cinq hommes qui vont être exécutés d'être des espions à la solde de Londres et menace « d'envahir le Royaume Uni pour y gouverner selon la Charia ». Pour les spécialistes, la diffusion de cette vidéo n'est pas anodine, le groupe Etat islamique diffuse souvent des enregistrements de propagande quand il subit des revers, or ses combattants ont perdu la ville irakienne de Ramadi la semaine dernière ainsi qu'un barrage stratégique dans le nord de la Syrie.

La Grande-Bretagne est impliquée sur le terrain militaire contre le groupe Etat islamique : l'armée britannique mène des frappes aériennes en Irak depuis plus d'un an, et depuis début décembre, elle vise aussi des positions djihadistes en Syrie.

SB :
On se tourne vers la France, où le gouvernement tente de trouver une solution pour apaiser le débat sur la déchéance de nationalité

PL :
Dans un mois, début février, l'Assemblée nationale va débattre de la révision, de la réécriture de la Constitution voulue par François Hollande. Et parmi toutes ces mesures, l'une fait débat, c'est la déchéance, la perte de la nationalité française pour les personnes qui ont une double nationalité, deux nationalités, et qui ont commis, je cite, un crime « constituant une atteinte grave à la vie de la Nation », un acte terroriste par exemple. Or cette mesure est très critiquée par un grand nombre de politiques et d'intellectuels de gauche. Alors pour tenter de faire consensus, de mettre tout le monde d'accord, le gouvernement tente une nouvelle approche : la solution serait peut-être d'étendre, d'élargir, la déchéance de nationalité à tous les Français et non plus seulement aux binationaux, Julien Chavanne.

Renouer avec son camp tout en donnant des gages à une partie de la droite. Pour faire adopter sa révision de la constitution, François Hollande va devoir rassurer les uns et contenter les autres sans se dédire. À l'Élysée, on se dit ouvert au débat. Ce matin, le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a esquissé ce qui pourrait être une porte de sortie. (sonore) Garder la sanction et le symbole de la déchéance de nationalité, sans viser une catégorie de la population en particulier et évacuer les critiques sur les valeurs perdues de la gauche... Quitte à créer des apatrides. L'idée séduit à droite à l'image du sénateur Les Républicains Roger Karoutchi. (sonore) D'accord pour soutenir cette mesure... mais sous conditions. Le parti de Nicolas Sarkozy devrait dévoiler ses propositions mercredi matin lors de son Bureau politique.

SB :
On termine ce journal par un hommage à l'un des grands acteurs du théâtre et du cinéma français, Michel Galabru, mort aujourd'hui.

PL :
Acteur des grandes heures du cinéma comique français, il s'est fait connaître dans la « Guerre des boutons », en 1961, et son rôle dans « Le juge et l'assassin », de Bertrand Tavernier, ce qui lui a valu une belle récompense : un César du meilleur acteur en 1977. Michel Galabru a figuré dans plus de 200 films, souvent dans des rôles de pure comédie, mais parfois aussi, dans des rôles où il pouvait montrer toute sa finesse de jeu. Et c'est bien cette grande finesse de jeu que retient l'acteur Philippe Caubère, qui est l'un des derniers à être monté sur les planches, à avoir joué avec Michel Galabru, c'était dans un spectacle intitulé Jules et Marcel. Philippe Caubère voit chez Michel Galabru un immense acteur comique, profondément humain, qui n'a pas eu une carrière aussi éclatante, aussi brillante, qu'il aurait pu avoir. Philippe Caubère (sonore)

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