#Français de l’actualité

Journal en français facile 30/03/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la une ce soir : la France accusée de bavure au Mali. Une bavure c'est une faute. Au moins 16 civils auraient été tués par une frappe aérienne de l'armée française à Bounti au début de l'année selon les Nations Unies. Paris réfute.

ZK : Une quarantaine pour toute voyageur de l'Union européenne décidant se rendre en Italie. La décision aujourd'hui de Rome qui s'ajoute aux restrictions pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

RA : Et puis à la fin de cette édition la présentation d'un nouveau média. ENTR proposé notamment par le groupe France Médias Monde auquel appartient RFI. Un média tout en vidéos qui devrait voir le jour cet été sur internet et diffusera des programmes en six langues.

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ZK : C'est la plus grave mise en cause par les Nations Unies depuis le début de l'engagement français au Sahel en 2013.

RA : L'ONU a mené une enquête concernant une frappe aérienne de l'armée française au Mali : c'était le 3 janvier dernier à Bounti dans le centre du pays. La France affirme avoir tué seulement des jihadistes. Ce n'est pas ce qui ressort du rapport, selon lequel au moins 16 civils réunis pour célébrer un mariage sont morts, les civils qui sont censés être protégés par le droit international. Explications Victor Mauriat.

Dans son expertise rendue publique en début d'après-midi, la MINUSMA explique avoir interrogé des centaines de personnes, analysé une centaine de documents et avoir envoyé 19 experts sur les lieux de la frappe. Le chef de la mission onusienne parle d'un « travail important réalisé en coopération avec toutes les parties concernées ». Selon les conclusions du rapport, parmi les 22 personnes tuées 3 étaient effectivement des djihadistes présumés, mais il y avait surtout 19 civils venus assister à un mariage. L'équipe d'expert affirme ne pas avoir constaté la présence d'armes ou de motos sur les lieux, un moyen de locomotion habituel pour les groupes armés et dénonce un manquement au principe de précaution. Dans son communiqué le ministère français des Armées a réagi en mettant en doute l'expertise onusienne, arguant que les témoignages recueillis par la MINUSMA n'ont pas la crédibilité du travail de renseignement effectué par Barkhane avant et après la frappe. L'État-major Français maintient donc -je cite- « fermement sa version des faits » et dit considérer que ce rapport n'apporte aucune preuve la contredisant. Il affirme que son action était légitime et effectuée dans le respect du droit international.

RA : Après ce rapport la MINUSMA recommande à la France et au Mali, la tenue d'une enquête indépendante pour examiner les circonstances de la frappe, et ses conséquences sur les populations de Bounti.

ZK : Le rapport de l'Organisation mondiale de la Santé sur l'origine du Covid-19 fait polémique.

RA : Ce rapport a été rendu public hier lundi, il s'appuie sur les constations des experts de l'OMS envoyés en Chine en début d'année. Et ce qui en ressort c'est qu'une fuite d'un laboratoire est l'hypothèse la moins probable à l'origine de la maladie. Cela ne convainc pas une grande partie de la communauté internationale, ce mardi les États-Unis ainsi que 13 pays alliés ont écrit une déclaration commune dans laquelle ils évoquent leurs « préoccupations » après ce rapport. Un peu plus tôt dans la journée, le patron de l'OMS avait réclamé une enquête sur cette hypothèse d'une fuite du virus d'un laboratoire chinois, et critiqué le manque de données partagées par Pékin lors de la mission des experts en janvier-février.

ZK : Et puis concernant les restrictions, de nouvelles mesures décidées par les autorités italiennes.

RA : Avec une quarantaine de cinq jours qui s'appliquera à tout voyageur en provenance des pays membres de l'Union européenne, les explications à Rome d'Anne Le Nir.

Pour les personnes provenant d’un pays hors de l’Union européenne, la quarantaine n’est pas une nouveauté. Le gouvernement a renouvelé cette obligation dans un décret daté du 2 mars. Mais le ministre de la Santé, Roberto Speranza, a décidé de durcir les mesures pour les voyageurs en provenance d’un pays de l’Union européenne. Tous ceux qui rentreront sur le territoire italien devront non seulement avoir effectué un test de dépistage du coronavirus 48 h avant leur arrivée. Mais ils seront aussi soumis à une quarantaine de 5 jours et devront réaliser un autre test PCR à la fin de la période d’isolement. Le nouveau décret prévoit aussi l’obligation d’un test pour les Italiens avant leur départ vers un pays étranger. Cette mesure vise clairement à décourager les départs et les arrivées de touristes au cœur de la troisième vague de la pandémie qui a déjà fait plus de 108 000 morts en Italie. Anne Le Nir Rome RFI.

RA : Dernière information concernant le coronavirus : on reparle du vaccin AstraZeneca. L'Allemagne annonce qu'il sera désormais réservé aux personnes âgées de plus de 60 ans. En raison du risque de formation de caillots sanguins qui touche majoritairement les moins de 60 ans.

ZK : Un rapport sur la liberté de la presse en Hongrie. Comme on pouvait s'y attendre, il est accablant.

RA : Rapport rédigé par la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic. Il montre l'emprise du Premier ministre Viktor Orban sur la presse. Les médias publics sont devenus un outil de propagande pointe le rapport. Et les médias privés sont de plus en plus nombreux à être rachetés. Concernant les quelques médias indépendants qui existent encore, ils souffrent. Victimes d'intimidation, leur travail est de plus en plus difficile, comme le montre ce reportage à Budapest de Florence La Bruyère.

En Hongrie, quand un media indépendant cherche à obtenir des données publiques, comme les détails d’un contrat signé par l’État, c’est mission impossible. Le journal doit souvent intenter un procès, explique le rédacteur en chef du journal indépendant 24 heures. « On a l’habitude des procès. Même si on gagne, on est parfois obligés d’envoyer un huissier pour avoir ces données publiques. Un procès peut durer plus de 2 ans ! Quand on finit par avoir les infos, ça n’intéresse plus grand-monde… Notre travail est devenu absurde. » En décembre dernier, un eurodéputé du parti de Viktor Orban est surpris dans une fête libertine à Bruxelles. Pour faire diversion, des media proches ciblent un journaliste indépendant, Csaba Lukacs. Ils révèlent qu’il est homosexuel. « Ces media m’ont forcé à faire mon coming-out. J’ai porté plainte mais ils ont dépaysé les procès en province. Il faut aller là-bas, on n’a plus le temps de travailler. Quand on est harcelé comme ça…un jour on finit par se dire qu’on ne veut plus être journaliste. » Pour l’heure, les journalistes hongrois ne sont pas victimes d’agressions. Mais selon la commissaire aux droits de l’homme, si les messages de haine continuent à circuler avec une telle impunité, la violence pourrait se produire. Florence La Bruyère Budapest RFI.

ZK : De meilleurs nouvelles concernant les médias : l'annonce de la création d'ENTR.

RA : Cela s'écrit ENTR, média entièrement en ligne et 100% vidéo, à destination des jeunes européens de 18 à 34 ans. C'est un projet porté par le groupe France Médias Monde dont RFI fait partie, et son homologue allemand de la Deutsche Welle. ENTR commencera à être diffuser à partir de cet été et proposera sur différentes plateformes d'internet des contenus en 6 langues : français, allemand, anglais, polonais, portugais et roumain. Présentation Isabelle Chenu.

Faire vivre l'esprit d'ouverture, de partage et de communauté de destins auprès des jeunes européens tel est l'ambition de ce nouveau média vidéo baptisé ENTR alors même que la crise sanitaire a mis à mal l'ouverture des frontières. Porté par France Médias Monde et Deutsche Welle, ENTR sera doté d'un budget de 3,2 millions d’euros. Une équipe franco-allemande de 12 journalistes sera chargée des contenus, elle s'appuiera sur une dizaine de médias partenaires implantés dans six pays. D'ici l'été ce nouveau média en ligne 100% vidéos proposera aux 18/34 ans dans leur langue maternelle des contenus sur des sujets tels que le Climat, l'emploi, la solidarité, la culture, ou les technologies. Une ligne éditoriale et un modèle qui n'est pas sans rappeler d'autres médias 100% numérique qui ciblent les jeunes sur les réseaux, tels que Brut, Monkey ou Slash. Outre sa dimension multilingue, l'une des particularités d'ENTR, projet cofinancé par l'Union européenne, est qu'il vise à encourager l'engagement et le dialogue des jeunes contribuant ainsi à faire vivre une conscience européenne.

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