#Français de l’actualité

Journal en français facile 29/05 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Sonia Ghezali :
20h en TU, 22h à Douaumont près de Verdun en France. Votre journal en français facile commence maintenant.

SG :
Bonjour à tous. Bienvenue dans votre édition. Ensemble nous allons faire le tour de l'actualité internationale, dans un français accessible, facile. Avec vous Catherine Zemmouri pour nous accompagner. Bonsoir.

Catherine Zemmouri :
Bonsoir Sonia, bonsoir à tous.

SG :
À la une de ce dimanche 29 mai : Un appel commun pour protéger l'Europe, « notre maison » a dit François Hollande. Le président français a assisté aux côtés de la chancelière allemande aux commémorations de la bataille de Verdun dans le nord-est de la France. L'une des plus meurtrières de l'Histoire.

CZ :
Au Yémen, les combats font rage malgré la trêve. Des armes à sous-munitions sont utilisées dans ce conflit. Elles proviennent des États-Unis qui les fournissent aux pays engagés dans cette guerre. Washington va arrêter ses livraisons selon certaines informations.

SG :
Lufthansa ne volera plus jusqu'au Venezuela. La compagnie aérienne allemande ne veut plus desservir le pays à cause de son système économique. Ariane Gaffuri nous l'expliquera dans ce journal.

CZ :
Angela Merkel et François Hollande côte à côte pour commémorer l'une des plus sanglantes batailles de l'histoire : celle de Verdun.

SG :
Ne jamais oublier et tirer les leçons de l'Histoire. Le président français a voulu le rappeler à l'ossuaire de Douaumont où sont enterrés les soldats tombés pour la France il y a 100 ans, au cours de la première guerre mondiale. À l'époque, la France et l'Allemagne était ennemies. Les deux nations aujourd'hui amies, rendent hommage aux combattants sacrifiés. Le reportage Valérie Gas

C’est au son des tambours que des jeunes français et allemands ont déferlé entre les tombes de l’Ossuaire de Douaumont devant François Hollande et Angela Merkel. Des jeunes qui incarnaient tous ces combattants sacrifiés à Verdun en 1916 dont le chef de l’État a rappelé quelques noms. « Ils s’appelaient Gustave, Samuel, Heinrich, Mohammed, ils étaient des humains dans un monde qui ne l’était plus. » Cent ans après Angela Merkel était là avec une volonté elle aussi de tirer les enseignements du passé. « Nous devons mettre à l’épreuve chaque jours notre attachement aux valeurs fondamentale, la liberté et la démocratie. Pour préserver ces valeurs, la France et l’Allemagne ont une responsabilité toute particulière au sein de l’Europe. » Comme en écho, François Hollande a continué : « Nos deux pays ont vocation à porter un projet qui retienne l’espérance et donne un sens au progrès ». Un devoir sacré a dit le chef de l’État français : « Aimons notre patrie mais protégeons notre maison commune, l’Europe sans laquelle nous serions exposés aux tempêtes de l’histoire. » À Verdun, François Hollande et Angela Merkel ont essayé de redonner du sens à l’ambition européenne.

CZ :
Les iraniens ne pourront pas faire le pèlerinage à la Mecque cette année. La faute à l'Arabie saoudite dénoncent les autorités religieuses iraniennes.

SG :
Elles avaient posé des conditions pour autoriser la population à effectuer le pèlerinage : que la sécurité et le respect de ses concitoyens soient garantis. Une exigence après la mort de 2300 pèlerins dont 460 Iraniens, l'année dernière dans une grande bousculade.

CZ :
Les conditions exigées sont inacceptables fait savoir le chef de la diplomatie saoudienne.

SG :
« L'Iran a réclamé le droit d'organiser des manifestations, ainsi que des avantages qui créeront le chaos au hajj » a déclaré Adel Al-Jubeir.

SG :
L'Arabie saoudite qui soutient les forces pro-gouvernementales au Yémen. L'Iran soutient, on le sait, leurs adversaires : les insurgés houthis. Le conflit a éclaté il y a plus d'un an. La trêve en cours depuis le 21 avril dernier n'empêche pas les combats. Dans la province de Chabwa aujourd'hui, 48 personnes sont mortes dans les violences. Vingt-huit rebelles chiites. Vingt soldats. Ce bilan est dressé par l'armée yéménite. Le conflit a éclaté il y a plus d'un an.

CZ :
Dans ce conflit, au Yémen, des armes à sous-munitions sont utilisées. Elles sont livrées par les États-Unis.

SG :
Les Américains ont suspendu leurs livraisons aux pays qui s'en servent dans la guerre au Yémen. Ce n'est pas Washington qui le dit mais une revue spécialisée : le Foreign Policy Washington. Nicolas Falez.

On les appelle armes à dispersion ou bombes à sous-munitions des engins dont la détonation répand des projectiles qui explosent à leur tour ou parfois n'explosent pas tout de suite ce qui met alors les populations au danger sur le long terme. L'Arabie saoudite et les autres pays qui mènent des frappes au Yémen depuis mars 2015, n'ont jamais reconnu l'usage d'armes à sous-munitions dans ce conflit. Pourtant, des organisations de défense des Droits de l'Homme ont pu recueillir des preuves sur le terrain... Amnesty International recense 6 modèles de bombes à sous-munitions de fabrication américaine, britannique ou brésilienne dont des restes ont été retrouvés au Yémen... L'organisation a aussi recueilli des témoignages qui attestent que des civils et notamment des enfants ont été tués ou blessés par ces engins. Ces armes à sous-munitions sont interdites par une convention internationale qui date de 2008, dont les États-Unis ne sont pas signataires... Les Américains et des pays européens dont la France sont régulièrement critiqués pour leur soutien à la coalition arabe en guerre au Yémen... et pour les ventes d'armes aux belligérants. Interrogé par l'AFP un responsable américain n'a pas confirmé les informations de Foreign Policy annonçant la suspension des livraisons d'armes à sous-munitions à l'Arabie saoudite et à ses alliés mais il a reconnu que Washington prenait « très au sérieux » les informations concernant l'usage de ces bombes au Yémen. Le 24 mai, le gouvernement britannique a annoncé l'ouverture d'une enquête après la diffusion d'information portant sur l'utilisation au Yémen d'armes à dispersion fabriquées au Royaume-Uni, pays signataire du Traité d'interdiction de 2008. Amnesty International estime que des crimes de guerre sont perpétrés au Yémen et l'ONU met régulièrement en garde contre la « catastrophe humanitaire » dans ce pays pauvre de la Péninsule arabique où plus de 6400 personnes ont été tuées depuis mars 2015.

CZ :
En Irak, l'assaut des forces gouvernementales contre Falloudja aux mains de l'organisation état islamique est imminent.

SG :
Cela signifie que les soldats irakiens vont lancer leur offensive d'un instant à l'autre. L'information est donnée par les autorités irakiennes. Des combats sont aussi toujours en cours dans le centre de la Syrie contre le groupe terroriste. Cela se passe dans la province de Raqqa. Dans le nord du pays, le groupe armé poursuit son avancée. Plus de 6000 civils ont fui ces dernières 24h, les violences concentrées autour de Marea au nord d'Alep selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

CZ :
Un convoi de la Mission de l'ONU au Mali est tombé dans une embuscade près de Sévaré dans la région de Mopti.

SG :
Cinq casques bleus ont été tués. Quatre étaient de nationalité togolaise. Un soldat de la paix est grièvement blessé. Cette attaque est la première du genre dans cette zone où des casques bleus togolais ont été déployés dernièrement à la suite d'affrontements entre des agriculteurs et des éleveurs.

SG :
Après des compagnies aériennes américaines, italienne, canadienne, c'est l'allemande Lufthansa qui suspend ses vols vers le Venezuela. La compagnie ne desservira plus le pays d'Amérique latine à partir du 17 juin prochain. Elle met en cause son système économique. Les explications d'Ariane Gaffuri.

Mis en place sous Hugo Chavez, le système commercial très contrôlé au Venezuela s'attire les foudres des compagnies aériennes. Et pour cause. Les billets achetés dans le pays ne peuvent être payés qu'en monnaie locale, le bolivar, qui ne peut pas être changé à l'étranger. Les compagnies aériennes doivent donc échanger leurs bolivars contre des dollars auprès de l’État Vénézuélien, qui fixe, lui-même, le taux de change. Mais il y a trois ans, le Venezuela a commencé à suspendre les paiements en dollars et à restreindre le reversement des revenus des compagnies aériennes. Ce qui est une violation des traités internationaux.  En proie à une inflation galopante, le pays a également décidé de modifier le taux de change à la défaveur des compagnies aériennes internationales. Celles-ci se retrouvent donc avec, dans les mains, si on peut dire, des milliards de bolivars dévalués qui attendent d'être rapatriés. Les compagnies qui, à l'inverse de Lufthansa, n'ont pas suspendu leurs vols demandent désormais aux clients de payer leurs billets en dollars.

SZ :
À Sao Paulo au Brésil, il est 17h07 et on défile dans les rues, en fanfare, pour célébrer la journée de la « Fierté gay ».

SG :
20e édition de cette Gay Pride. L'une des plus grandes du monde. Dans le cortège, il y a des centaines de milliers de personnes. Les organisateurs en attendent 2 millions au cours de la journée.

SG :
L'expression de la semaine avec Yvan Amar qui se penche sur « Tirer des leçons ».

Angela Merkel et François Hollande se sont recueillis sur le champ de bataille de Verdun, cent ans après cette bataille monstrueuse qui a duré des mois : non pas vraiment une bataille mais un affrontement à côté de Verdun, dans les tranchées entre les lignes françaises surtout (mais les Anglais par exemple étaient bien sûr dans la guerre) et allemandes. Et les deux chefs d’état souhaitent qu’on tire des leçons de ce carnage. L’expression est simple : il s’agit d’en tirer les enseignements, se souvenir de ce qui s’est passé pour ne pas refaire la même chose, et surtout pas les mêmes erreurs : c’est là-dessus qu’on insiste. « Tirer les leçons de quelque chose » appartient à une langue surveillée, c’est-à-dire un très bon français, presque un peu officiel. Si on dit : « Il faut que cela te serve de leçon ! », le sens est voisin, mais on est dans un langage plus familier et plus enfantin. Cela signifie, en fait : « Ne recommence pas ! » « Tirer les leçons du passé » est une formule plus sérieuse : il s’agit d’une tentative de compréhension d’un événement négatif ou même tragique. Le sens de cette phrase n’est pas forcément moral : il ne s’agit pas de dire « c’était mal… La prochaine fois on fera quelque chose de bien, ou de mieux ! » Le sens est peut-être plus historique : comprenons ce qui s’est passé, pourquoi et comment. Et une autre fois, dans une situation un peu similaire, nous tâcherons de nous servir de cette expérience pour être moins naïf ou moins démuni. Et c’est peut-être à ça que sert l’étude de l’histoire : à tirer les leçons du passé !

SG :
Yvan Amar. Merci Catherine Zemmouri.

CZ :
Avec plaisir Sonia.

SG :
Plaisir partagé. Restez avec nous sur RFI, il est 22h10 à Paris.

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