#Français de l’actualité

Journal en français facile 25/06/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Jérôme Bastion : Bienvenue sur Radio France internationale, il est 22h à Paris, 20h en temps universel, et c’est l’heure de votre Journal en français facile ! Et à la Une de l’actualité de ce jeudi 25 juin :
- un sérieux contretemps dans la politique de déconfinement aux États-Unis : le Texas annonce une pause temporaire dans l’allègement des mesures de limitation du SARS-Cov2, alors que contaminations et hospitalisations remontent. Une situation qui handicape sérieusement la santé de Donald Trump dans les sondages.
- la France métropolitaine, elle constate la diminution progressive de ses cas de contamination et lance un vaste programme de dépistage pour éviter de nouveaux foyers, mais les territoires ultramarins de Guyane et de Mayotte ne sont pas à la même enseigne.
- dans ce journal, nous reviendrons également sur la décision surprise du Tribunal pénal international d’inculper l’actuel Président du Kosovo, ancien chef de la rébellion contre la Serbie et artisan du rapprochement avec l’Europe.

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JB : Les chiffres inquiétants du coronavirus aux États-Unis. Les infections sont en nette recrudescence dans 26 États américains. 45 000 nouveaux cas ont reporté au cours de la seule journée hier. La pandémie progresse surtout dans l’Ouest et le Sud. Ainsi l’État du Texas, qui avait été l’un des premiers à rouvrir les commerces, se voit obligé de mettre un terme à cette politique de réouverture. « La dernière chose que nous voulons est de retourner en arrière et de fermer les commerces », a déclaré jeudi le gouverneur Greg Abbott. Une décision inspirée par la sagesse, alors que le nombre des hospitalisations a plus que doublé en deux semaines.
Pourtant le Président Trump persiste à nier l’évidence de ce rebond dans les contaminations et attribue une nouvelle fois cette hausse des contaminations à l’augmentation des tests pratiqués dans le pays. Une stratégie qui a ses limites, puisque la cote de popularité de Donald Trump continue de baisser dans les sondages. Correspondance à Washington Anne Corpet.

Donald Trump annonce depuis des semaines une reprise spectaculaire de l’économie grâce à la réouverture du pays, se pose en défenseur de la loi et de l’ordre face aux manifestations, a repris ses voyages et moque le candidat démocrate qui reste terré chez lui, mais rien n’y fait : Joe Biden continue de grimper dans les sondages. Il mène de 14 points sur le plan national, et est désormais en tête dans six États clés qui ont permis la victoire du président en 2016. L’avance de Donald Trump au sein de l’électorat blanc s’est sérieusement érodée, notamment du fait de la désaffection massive des femmes et des diplômés. Autre socle électoral en péril pour le président, les personnes âgées de plus de 65 ans, particulièrement vulnérables au coronavirus : pour la première fois depuis dix ans, elles penchent majoritairement pour le candidat démocrate. Joe Biden se garde bien de pavoiser. « Les sondages ne veulent rien dire », répète-t-il sur son fil Twitter. Il n’envisage pas pour l’instant de reprendre le chemin de la campagne malgré les appels du président qui rêve d’en découdre avec lui. « Notre stratégie est la bonne », explique son équipe « Donald Trump se démolit tout seul. »

JB : Deux chiffres pour préciser les choses : 122 238 décès ont été officiellement comptabilisés aux États-Unis, et l’élection présidentielle se tiendra dans 131 jours.

Voilà pour les États-Unis, où on n’est plus très loin des niveaux record de contamination qui ont fait du pays le plus endeuillé du monde. Or en Europe également, la propagation du coronavirus est repartie à la hausse, d’où cette mise en garde de l’Organisation mondiale de la santé, qui comptabilise près de 20 000 nouveaux cas et plus de 700 décès quotidiennement, alors que presque partout le déconfinement se généralise, avec prudence. En France, par exemple, une vaste campagne de tests sera menée en Île-de-France, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran ce jeudi. 1,3 million de personnes seront testées. Objectif : identifier les foyers épidémiques dits « dormants ». Alexis Bédu.

« Le virus est encore là. Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est montré très clair dans une interview au journal Le Monde ce jeudi. Le pic de mars avril est derrière nous, mais nous n’en avons pas terminé avec le virus », a-t-il indiqué. C’est pourquoi cette campagne de grande ampleur est mise en place. 1 million 300 mille personnes résidant en région Île-de-France recevront prochainement des bons de l’assurance maladie leur proposant d’aller faire un test virologique dans n’importe quel laboratoire. Et ce même s’ils n’ont aucun symptôme. L’objectif est de localiser les foyers épidémiques qui n’ont pas encore été détectés. Ces « clusters dormants » comme les appelle le ministre qu’il faut à tout prix identifier et anéantir avant qu’ils ne prennent de l’importance. Ce fut notamment le cas dans des foyers de travailleurs de la région il y a un mois. Autre intérêt de ce dépistage massif ; détecter les asymptomatiques et tenter de comprendre cette circulation dormante du Covid-19 qui reste encore pleine de mystères.

JB : Territoire français sur le continent américain, la Guyane qui devrait atteindre son pic à la mi-juillet fait face à une épidémie galopante, et le branle-bas de combat sanitaire s’organise pour tenter d’éviter la saturation du système hospitalier. La ministre française des Outre-mer, Annick Girardin, a promis au terme d’un déplacement sur place des renforts en homme et en matériel, et le ministère des Armées a annoncé jeudi l’envoi vendredi d’un Airbus A400M pour permettre des évacuations de malades du coronavirus vers des hôpitaux de Guadeloupe et Martinique, dans les Antilles françaises. « Dans ce petit territoire de 300 000 habitants, on double le nombre de cas chaque semaine », a averti Annick Girardin, qui espère éviter un reconfinement.

Le gouvernement kosovar ne participera pas aux discussions de ce week-end avec la Serbie, elles devaient se tenir à la Maison Blanche, sous médiation américaine. Annonce de Pristina ce jeudi après l’inculpation hier par le tribunal spécial pour le Kosovo du président kosovar Hashim Thaci. L’ancien chef de la guérilla indépendantiste est accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’il aurait commis entre 1998 et 2000. Son portrait avec Christophe Paget.

« Le procureur spécial a émis cet acte d’accusation public parce qu’Hashim Thaci tente d’entraver et de saper notre travail », affirmait hier le tribunal spécial pour le Kosovo. Pas de réaction pour le moment du président du Kosovo, Hashim Thaci, 52 ans, grand, les cheveux argentés, qui joue depuis plus de 20 ans un rôle central dans l’histoire de l’ancienne province serbe. Au début des années 90, il participe d’abord à un mouvement de résistance passive face aux autorités serbes, il prend ensuite les armes et crée en 1997 l’UCK, la guérilla indépendantiste dont il devient un des chefs. 13 000 personnes meurent lors du conflit avec les forces serbes, qui cesse en 1999 avec l’intervention de l’OTAN. Hashim Thaci pose les armes, devient Premier ministre en 2008 et proclame l’indépendance du Kosovo, au grand dam de Belgrade. Mais Thaci négocie en 2013 un accord de normalisation des relations avec l’ancien ennemi. En 2016 il est élu président, un président aujourd’hui accusé de « meurtres, disparition forcée, persécutions et tortures ». Son image avait déjà été ternie en 2011 lorsqu’un rapport du Conseil de l’Europe l’avait relié au crime organisé et au trafic d’organe pendant et après la guerre - des accusations qu’il a toujours rejetées ; en 2018 il se disait prêt à se rendre devant le tribunal pour le Kosovo, affirmant qu’il n’avait rien à cacher.

JB : En Allemagne, Wirecard dépose le bilan. Annonce faite ce jeudi par la société spécialisée dans les paiements sur internet. Cette annonce survient alors que Wirecard, l’un des principaux groupes allemands, est au cœur d’un vaste scandale financier, après la révélation par un cabinet d’audit que le bilan de l’établissement était truqué, gonflé artificiellement de près de 2 milliards d’euros. Depuis cette découverte, la semaine dernière, le patron de l’établissement a été inculpé par la justice allemande et le titre de l’entreprise s’est effondré en bourse. C’est parce qu’un cabinet d’audit privé a refusé de certifier les comptes de Wirecard que le pot aux roses a été découvert. Avant cela, personne n’avait rien vu, et c’est peut-être ce qui embarrasse le plus à Berlin, où l’on souhaite préserver l’image d’un secteur financier stable et rigoureux. David Baché.

[Transcription manquante]

JB : Toujours en Allemagne, le sauvetage de la compagnie aérienne Lufthansa est acté : le soutien de l’État avec des crédits de neuf milliards d’Euros a été acquis après de laborieuses négociations.

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