#Français de l’actualité

Journal en français facile 22/08/2017 20h00 GMT

Image par défaut des émissions / éditions
RFI
Transcription

 

Nathanaël Vittrant : Il est 22h à Paris et Barcelone, 20h en temps universel. Soyez les bienvenus dans cette édition du Journal en français facile, à mes côtés pour le présenter Édouard du Penhoat, bonsoir Édouard.

Édouard du Penhoat : Bonsoir Nathanaël, bonsoir à tous.

NV : À la Une, deux des quatre suspects arrêtés après les attentats de Madrid ont été placés en détention. La garde à vue du troisième est prolongée et le dernier a lui été libéré. Premières auditions aujourd'hui à Madrid, et premières révélations sur l'ampleur de l'attaque initialement prévue, on y revient dès le début de ce journal. L'armée irakienne progresse à Tal Afar, l'un des derniers bastions du groupe État islamique en Irak. L'EI qui recule aussi à Raqa en Syrie, mais au prix de nombreuses vies civiles dont sont responsables les avions de la coalition internationale, c'est en tout cas l'accusation de plusieurs ONG vous l'entendrez. Enfin les dernières consultations sur la réforme du Code du travail ont commencé en France. Les représentants des chefs d'entreprise ont été reçus les premiers.

-----

NV : Les quatre hommes suspectés d'appartenir au groupe terroriste qui a frappé la Catalogne la semaine dernière, devant les juges à Madrid.

EDP : Deux d'entre eux ont été placés en détention, un autre reste en garde à vue, le quatrième a lui été remis en liberté, on l'a appris il y a quelques minutes. On sait aussi que l'un d'entre eux a commencé à parler. Mohamed Houli Chemial a confirmé aux juges que les djihadistes préparaient bien un attentat à la bombe de grande ampleur. C'est uniquement parce que la préparation des explosifs a échoué que les terroristes ont décidé des attaques de Barcelone et Cambrils. L'attaque à la voiture bélier a fait 15 morts je vous le rappelle. Les enquêteurs attendent encore d’autres déclarations, mais ce premier témoignage est déjà très important. À Madrid, François Musseau.

La cellule qui a ensanglanté Barcelone et Cambrils et provoqué le plus grand attentat en Espagne depuis la tuerie à Madrid en 2004, cette cellule avait bel et bien l'intention de provoquer des dommages bien plus considérables. Oui, a confirmé Mohamed Houli Chemial, il s'agissait de charger trois fourgonnettes de matériel explosif, notamment une centaine de bouteilles chargées de butane, et de les conduire dans des endroits de maximale affluence à Barcelone et à Cambrils. Houli Chemial sait de quoi il parle puisqu'il a été blessé à la suite de la destruction de la fabrique d'explosifs dans la localité d'Alcanar, et c'est à l'hôpital qu’il avait été interpellé par les policiers catalans. Il a aussi confirmé que l'imam Abdelbaki es Satty était bien le chef de la cellule, un chef qui lui avait péri dans l'explosion de la fabrique d'Alcanar et qui avait donc laissé la dizaine de jeunes djihadistes tout seuls. Finalement, ceux-ci avaient décidé ensuite de poursuivre en partie le plan initial en commettant deux attentats sur les Ramblas de Barcelone et dans la station balnéaire de Cambrils.

EDP : Les attentats de Barcelone et Cambrils revendiqués l'un et l'autre par le groupe État islamique. Le groupe djihadiste que combattent en ce moment les forces irakiennes au nord du pays.

NV : Plus précisément elles cherchent à reprendre la ville de Tal Afar, à 70 kilomètres à l'ouest de Mossoul, la deuxième ville d'Irak elle-même libérée début juillet. Avec le soutien des chasseurs de la coalition internationale et des milices chiites, l'armée irakienne est entrée dans la ville. Elle aurait repris 3 quartiers aux djihadistes, 48h après le début de l'assaut. Il resterait un millier de combattants de l'EI dans Tal Afar. Le secrétaire d'État américain à la Défense James Mattis était d'ailleurs en Irak aujourd'hui pour apporter son soutien aux autorités de Bagdad.

EDP : La coalition internationale aussi engagée contre l'EI en Syrie.

NV : Oui, cette fois aux côtés des combattants arabes et kurdes des Forces démocratiques syriennes. Ils cherchent à reprendre Raqa, la ville que le groupe État islamique appelait la «capitale» de son califat. Malheureusement les bombardements des chasseurs de la coalition font aussi de nombreuses victimes parmi la population. Des dizaines de civils ont été tués rien que ces derniers jours à Raqa. La coalition ne donne aucun chiffre même si elle reconnaît avoir mené de nombreux bombardements. Mais l'observatoire syrien des droits de l'homme parle de 170 civils tués en une semaine.

EDP : L'OSDH qui n'est pas la seule ONG à s'inquiéter de cette situation...

NV : Oui, je vous propose d'écouter Mohammad Khdehr, un Syrien installé en Allemagne. Il travaille pour l'ONG «Sound and Picture» qui collecte des informations via son réseau de correspondants en Syrie...

Rien que la semaine dernière, 125 civils ont été tués par des frappes aériennes de la coalition à Raqqa... c'est un chiffre énorme... Depuis le premier jour de l'opération à Raqqa, la coalition a montré qu'elle ne se souciait pas vraiment des civils... Tout ce qu'ils veulent c'est reprendre la ville... ils n'ont rien à faire des nombreux civils tués par les bombardements... Cela ne date pas de la semaine dernière : depuis le début de l'opération à Raqqa, beaucoup de civils ont été tués par la coalition... Dans son dernier rapport, celui du mois d'août... la coalition dit que 624 civils en tout ont été victimes de ses bombardements... ça n'est pas vrai... le chiffre est bien plus élevé que cela ! En fait, depuis le début de l'opération... la coalition et les Forces Démocratiques Syriennes ont fait plus de victimes civiles que le groupe État islamique...

NV : Il était interrogé par Nicolas Falez.

EDP : Nicolas Maduro demande l'arrestation de l'ex-procureure générale du Venezuela.

NV : Le président vénézuélien et Luisa Ortega sont d'anciens alliés, mais aujourd'hui ils s'accusent mutuellement de corruption. Jusqu'à début août, Luisa Ortega occupait les fonctions de procureure générale du pays, mais depuis plusieurs mois elle dénonçait le tournant dictatorial pris par le gouvernement chaviste dans son pays. Vendredi dernier elle a finalement pris la fuite, se rendant à Bogota. Le président colombien l'avait aussitôt placée sous sa protection. Mais on a appris aujourd’hui qu'elle avait finalement pris la direction du Brésil.

EDP : En Russie, un célèbre metteur en scène a été arrêté aujourd'hui.

NV : Il s'appelle Kirill Serebrennikov, il est l’un des plus célèbres metteurs en scène de théâtre du pays, il est accusé par la justice russe de détournement de fonds. Mais pour les acteurs du monde culturel à l'étranger, il est surtout poursuivi, car le pouvoir russe n'apprécie pas ses œuvres. À Moscou, Muriel Pomponne.

Le directeur artistique du Centre Gogol risque jusqu'à 10 ans de prison. Le comité d'enquête l'accuse d'avoir détourné 68 millions de roubles, soit environ un million d'euros, de fonds publics pour monter un spectacle qui n'aurait jamais vu le jour. Le centre Gogol et le domicile du metteur en scène avaient été perquisitionnés en mai dernier et trois membres de l'administration du théâtre avaient été arrêtés, dont la comptable. D'après les médias, c'est cette femme, qui aurait témoigné contre le metteur en scène. Depuis cette perquisition, Serebrenikov a reçu le soutien de nombreuses personnalités du monde du spectacle. En 2016, son film « Le disciple » avait été primé à Cannes. Sa mise en scène des « Âmes mortes » a été saluée à Avignon l'année dernière. Quant à l'œuvre qu'on lui reproche de ne pas avoir montée « Le songe d'une nuit d'été » de Shakespeare, elle a été vue par de nombreux spectateurs en Russie et à l'étranger. Les défenseurs du metteur en scène ont apporté au dossier les articles des médias. Mais Serebrenikov déplaît notamment à l'Église orthodoxe, en raison de ses mises en scène avant-gardistes. Et même un représentant du conseil présidentiel pour les Droits de l'homme, a jugé l'arrestation excessive, concernant l'un des « réalisateurs Russes les plus talentueux et connues dans le monde ».

EDP : François Hollande l'ancien président français demande à son successeur « d'éviter les sacrifices inutiles » sur le plan social.

NV : Une intervention remarquée alors que le gouvernement doit annoncer dans 10 jours les détails de la réforme du Code du travail. En attendant, les dernières consultations ont commencé avec les partenaires sociaux. La ministre du Travail doit présenter les premiers éléments aux représentants du patronat et des salariés au cours de la semaine. Premier reçu par Muriel Pénicaud : le Medef, la puissante organisation patronale. Altin Lazaj.

Fusion des instances représentatives du personnel, plafonnement des indemnités prud'homales, ou place accrue à l'accord d'entreprise: les grandes lignes de cette réforme sont connues depuis juin. Sur ces trois points, le Medef demande un maximum de latitude pour les entreprises, et en particulier pour les PME et TPE. L’organisation patronale espère surtout que les accords d’entreprises prendront le dessus sur les accords de branches. « Il faut donner aux entreprises la capacité de discuter sur le terrain directement avec les salariés », écrit Pierre Gattaz dans un tweet ce matin. Mais sous la pression du syndicat Force ouvrière, le gouvernement aurait accepté que les branches gardent la main sur 5 domaines, notamment sur la gestion des contrats d’embauche. Le MEDEF semble plutôt satisfait de voir les indemnités prudhommales plafonnées en cas de licenciement abusif, en revanche, le gouvernement envisage dans le même temps d'augmenter les indemnités légales des licenciements, et cela ne fait pas l'affaire des patrons. Quant à l’assouplissement du dialogue social au sein de l’entreprise, le MEDEF voit d'un bon œil la fusion des instances représentatives du personnel, sur ce point, les syndicats sont moins enthousiastes.

EDP : Un mot sur le feuilleton de l'été : l'arrivée de Neymar au PSG.

NV : Que les amateurs du club parisien se rassurent, il y est, il y reste. Mais du côté du Barça on digère toujours très mal ce départ. Le club espagnol annonce qu'il va engager contre lui une action en justice. Le FC Barcelone lui réclame 8 millions et demi d'euros de dommages et intérêts pour rupture de contrat.

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Journal en français facile 22/08/2017 20h00 GMT

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.