#Français de l’actualité

Journal en français facile 20/01/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Johanne Burgell : Vous écoutez RFI, il est 21 heures à Paris, 20 heures en temps universel. Bonsoir et bienvenue dans votre Journal en français facile, pour le présenter ce soir avec moi, Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Johanne, bonsoir à tous.

JB : La réforme du système politique s'accélère en Russie. Vladimir Poutine a publié ses propositions pour modifier la Constitution.

SB : Le directeur général de la BBC annonce sa démission alors que le géant public des médias britanniques est régulièrement critiqué par la classe politique.

JB : En France, le siège du syndicat CFDT victime d'une nouvelle intrusion. La deuxième en quatre jours, sur fond de conflit social autour de la réforme des retraites.

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SB : Vladimir Poutine a publié aujourd'hui ses propositions pour changer la Constitution.

JB : Le président russe a annoncé la semaine dernière une réforme surprise : la démission du Premier ministre Medvedev et la désignation un nouveau chef de gouvernement. Mikhail Michoustine a pris ses fonctions dans la foulée. Les changements proposés prévoient notamment le renforcement des pouvoirs du Parlement. Mais cette réforme nourrit aussi les spéculations et les rumeurs sur les intentions de Vladimir Poutine après la fin de son mandat en 2024. La correspondance de Daniel Vallot.

C’est réellement un rythme effréné que donne Vladimir Poutine à la vie politique russe depuis une semaine. Coup sur coup : la démission du gouvernement, la nomination d’un Premier ministre, l’annonce de cette réforme constitutionnelle et, moins d’une semaine plus tard, les voilà, ces amendements qui arrivent sur la table, alors que l’on imaginait que le processus allait prendre plusieurs semaines au moins. Ces amendements, ils ont été publiés ce lundi après-midi sur le site du Parlement russe, et ils confirment ce qu’avait annoncé Vladimir Poutine lors de son discours la semaine dernière : le Parlement aura davantage de poids quant à la désignation du Premier ministre, et le président ne pourra effectuer que deux mandats consécutifs sans aller au-delà. Un autre amendement très important concerne le Conseil d’État : l’institution est renforcée, mais rien dans le texte, proposé par Vladimir Poutine, ne précise qui doit le diriger. Cela devrait conforter tous ceux, en Russie, qui estiment que Vladimir Poutine pourrait prendre la tête de cette instance à la fin de son mandat afin de conserver son influence au sommet du pouvoir. Le calendrier s’accélère et l’on sait que la Douma commencera à examiner les amendements dès jeudi prochain. Quant aux électeurs russes, qui seront consultés sur la réforme de la Constitution, ils pourraient être amenés à voter dès le mois d’avril. Daniel Vallot, Moscou, RFI.

SB : La reprise de la contestation en Irak.

JB : Des manifestants se sont à nouveau mobilisés, ce matin, après une accalmie de plusieurs semaines. À Bagdad, trois manifestants ont été tués dans des affrontements. Deux par balles, le troisième par une grenade lacrymogène. Les opposants au pouvoir avaient donné aux autorités jusqu'à aujourd'hui pour apporter des réponses à leurs revendications. Ils veulent la nomination d'un Premier ministre indépendant et la fin du système politique de répartition des postes, qui se fait en fonction des ethnies et des confessions.

SB : C'est une tradition américaine, les journaux affichent ouvertement leur choix de tel ou tel candidat à l'approche d'une élection.

JB : En cette année électorale, le New York Times, journal de centre gauche, s'est lancé en premier. Il a créé la surprise en préférant ne pas vraiment choisir. Le journal ne soutient pas un, mais deux candidats. Deux candidates : Elisabeth Warren et Amy Klobuchar. Pourquoi ce double choix qui rompt avec la tradition ? L'éclairage d'Achim Lippold.

Pour expliquer sa décision, le journal résume d’abord les choix qui se présentent aux électeurs américains. Il y en a trois. D'abord, voter pour Donald Trump, c’est-à-dire pour un candidat qui défend une politique nationale-conservatrice à l’intérieur et une approche unilatéraliste à l’extérieur. Côté démocrate, le débat tourne autour de deux discours : l’un présente le président comme une aberration et estime qu’il faut le chasser du pouvoir afin de retourner à une Amérique d’avant Trump. Selon l’autre discours au sein du parti démocrate, le milliardaire à la Maison Blanche est justement le produit d’un « système » politique et économique tellement pourri qu’il faut non seulement changer le président, mais aussi le système. Le quotidien pense qu’Elisabeth Warren est plus apte à défendre l’approche radicale que Bernie Sanders, trop âgé et trop rigide, selon le New York Times. « Après trois ans de Donald Trump, nous voyons peu d’avantages à l’échanger avec un autre personnage qui promet trop et qui divise ». Quant à Amy Klobuchar, elle représente mieux le camp des démocrates modérés que Joe Biden, qui, à défaut d’avoir de nouvelles idées, propose seulement de revenir à l’époque d’avant Trump. Le New York Times conclue son éditorial avec le souhait que « que la meilleure gagne ».

JB : Achim Lippold.

SB : Un virus touche les plus grandes villes de Chine : l'Organisation mondiale de la santé annonce la tenue d'une réunion d'urgence mercredi.

JB : Un comité doit se réunir à Genève pour déterminer s'il faut déclarer une « urgence de santé publique de portée internationale ». Normalement, cette qualification n'est utilisée que pour les épidémies les plus graves. Ce virus de la famille du Sras, le Syndrome respiratoire aigu sévère, a déjà fait trois morts en Chine et plus de 200 personnes sont contaminées. Apparu il y a plus d'un mois sur un marché de Wuhan, dans le centre du pays, le virus touche désormais le Japon, la Corée du Sud et la Thaïlande.

SB : Au Royaume-Uni, le directeur général de la BBC, Tony Hall, se retire.

JB : Il a annoncé qu’il quitterait son poste cet été, après sept années passées à la tête du groupe médiatique public. Une décision prise alors que la corporation a des relations parfois compliquées avec le gouvernement de Boris Johnson et voit son financement futur remis en question. À Londres, Muriel Delcroix.

Tony Hall avait été appelé à la rescousse en 2013 à la suite du scandale Jimmy Savile, présentateur vedette de la BBC pendant 40 ans qui s’est avéré l’un des pires prédateurs sexuels de l’histoire du pays. La mission de Lord Hall était à la fois de réhabiliter la corporation, mais aussi d’assurer son financement futur, déjà menacé à l’époque face à l’émergence du numérique. La BBC est régie par une charte qui sécurise sa mission jusqu’en 2027, mais qui sera revue à mi-parcours au printemps 2022. Or, ces discussions s’annoncent difficiles à un moment où le groupe public se retrouve sous le feu des critiques de la classe politique, qui l’accuse d’avoir manqué d’impartialité durant la campagne des élections législatives de décembre dernier. Depuis, le Premier ministre Boris Johnson milite activement pour une baisse de la redevance et son gouvernement conservateur remet sans cesse en cause la légitimité d’une institution qui est certes chère au cœur des Britanniques, mais qui est de moins en moins regardée par les enfants et les jeunes adultes. Usé par ces attaques extérieures et des dissensions internes, Tony Hall préfère donc s’effacer et laisser le temps à son successeur de préparer la défense de la BBC d’ici 2022, qui sera d’ailleurs l’année du centenaire de celle appelée affectueusement « la Beeb ».

SB : Une nouvelle intrusion au siège de la CFDT à Paris.

JB : Plusieurs personnes portant des cagoules pour se cacher le visage sont entrées. La CFDT est favorable à la mise en place d'un régime de retraite universel par points, il appelle à arrêter la grève et à négocier avec le gouvernement. Cela provoque la colère de ceux qui demandent d'abord le retrait du projet de réforme actuel avant de négocier. Vendredi, une trentaine d'opposants s'étaient déjà introduits dans le siège de la CFDT. Cette fois, l'action a été revendiquée par des sous-branches de la CGT. Dans un communiqué, la CFDT parle d'une attaque inacceptable. David Baché.

Ils étaient une quinzaine, habillés de noirs et ils portaient des cagoules. De source policière et syndicale CFDT, les acteurs de cette action coup de poing ne sont restés que quelques minutes dans les locaux de la CFDT, juste le temps de couper l'électricité et de déposer des tracts contre la réforme des retraites. Une attaque de faible intensité, dirait-on dans le jargon militaire, même en comparaison de l'intrusion survenue il y a tout juste trois jours, au même endroit. Sauf que cette fois, elle porte une signature : celles de neuf unions départementales de la branche Énergie de la CGT, qui ont revendiqué l'action. La direction nationale de la CGT, elle, se désolidarise de cette action, qui ne vise « pas la bonne cible » et qui est jugée « contre-productive ». Mais, en dépit de cette prise de distance, cette action pourrait faire le jeu du gouvernement, qui présente tous ceux qui continuent de s'opposer à la réforme des retraites comme des « jusqu'au-boutistes ». La direction de la CFDT, qui juge évidemment « inacceptable » cette nouvelle agression, estime qu'avec cette coupure d'électricité intempestive, « c'est la collaboration de classe qui a été plongée dans l'obscurité ».

JB : David Baché.

 

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