#Français de l’actualité

Journal en français facile 18/10/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Merci d’écouter RFI, il est 22h00 à Paris, 16h00 à Washington.

Clémentine Pawlotsky : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile, présenté ce soir avec Zéphyrin Kouadio.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Clémentine, bonsoir à toutes et à tous.

CP : À la Une, les États-Unis et le décès de Colin Powell, premier secrétaire d'État afro-américain. Il a été emporté par le Covid-19. Les hommages se multiplient.

ZK : Journée d'hommage également au Royaume-Uni. Le Parlement a salué la mémoire de David Amess, ce député poignardé à mort vendredi, dans une église. Nous entendrons le Premier ministre britannique Boris Johnson.

CP : La Russie manque de travailleurs étrangers. Les secteurs de la logistique et des livraisons sont particulièrement touchés. Résultats, des pénuries, des manques, se font sentir dans les rayons de supermarchés.

ZK : Et puis, en Birmanie, la junte militaire au pouvoir annonce la libération de plus de 5 600 prisonniers, un geste hautement politique, nous dira Clea Broadhurst.

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ZK : La mort de Colin Powell. L’ancien général américain avait 84 ans et bien que pleinement vacciné, il est mort de complications liées au coronavirus.

CP : L’annonce de son décès a été fait par sa famille. Les hommages sont nombreux aux États-Unis, pour le soldat, mais aussi l’homme politique présenté comme un exemple. À Washington, Guillaume Naudin.

Colin Powell était un homme bien. C’est la conclusion du communiqué de la Maison Blanche ce lundi. C’était aussi un pionnier. Né en 1937 à Harlem et élevé dans le Bronx, deux quartiers noirs de New York, issu d’une famille d’immigrants jamaïcains, il a surmonté toutes les barrières raciales des États-Unis. Après avoir été un étudiant pas spécialement brillant selon ses propres dires, il s’engage dans l’armée, part pour le Vietnam où il est blessé deux fois. Il monte dans la hiérarchie militaire jusqu’à devenir le premier afro-américain et le plus jeune chef d’état-major interarmées. À ce titre, il conçoit et supervise l’opération Tempête du désert lors de la première guerre du Golfe en 1991. L’Irak marquera aussi sa carrière politique. Nommé secrétaire d’État, là encore premier afro-américain à ce poste, il présente devant les Nations unies un rapport affirmant que l’Irak possède des armes de destruction massive. Ce document, on le sait aujourd’hui, était truffé de fausses informations. Colin Powell disait lui-même que cela resterait une tache sur sa réputation. Bien qu’engagé auprès du parti républicain, il avait toujours gardé sa liberté de conscience et de parole. Soutien de Barack Obama en 2008 et 2012, il apporte en 2020 son soutien à Joe Biden face à Donald Trump. Pour lui rendre hommage, les drapeaux seront mis en berne jusqu’à vendredi. Guillaume Naudin, Washington, RFI.

ZK : Les États-Unis ne participeront pas aux pourparlers sur l’Afghanistan prévus demain à Moscou.

CP : Annonce faite ce lundi par le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. Il met en avant des problèmes logistiques. Le diplomate précise que les États-Unis seront heureux de participer à ce forum à l'avenir. La capitale russe accueille, à partir de demain, une délégation du nouveau régime taliban en Afghanistan. La Chine et le Pakistan participeront aussi aux discussions.

ZK : Et toujours aux États-Unis, Clémentine, l'administration Biden a formellement demandé à la Cour suprême de bloquer la loi sur l'avortement au Texas.

CP : Cette loi est au cœur d'une bataille judiciaire. Elle interdit d’avorter dès que les battements de cœur de l'embryon sont détectables, c’est-à-dire vers six semaines de grossesses. Cette loi ne prévoit pas d’exception pour les femmes victimes de viol ou d'inceste. La Cour suprême pourrait se prononcer dans les prochains jours ou prochaines semaines.

ZK : Au Royaume-Uni, le Parlement a rendu hommage à David Amess, le député tué.

CP : L'élu a été poignardé à mort, vendredi, alors qu'il s'entretenait avec ses administrés. Le meurtre s'est produit dans une église méthodiste de Leigh-on-Sea, à environ 60 kilomètres à l'est de Londres, la capitale. Le suspect est âgé de 25 ans. Il a été arrêté sur place et placé en détention, en vertu de la loi sur le terrorisme. Le Premier ministre Boris Johnson s’est associé aux hommages. Il a salué la mémoire du député qui aura consacré 40 ans de sa vie à son pays. On écoute le Premier ministre britannique :

« Les dernières 72 heures n’ont pas permis d’atténuer le choc et la tristesse que nous avons tous ressentis lorsque nous avons appris le décès tragique et incompréhensible de Sir David Amess. Cette Chambre a perdu l’un de ses plus fidèles serviteurs. Nous avons perdu un ami cher et un collègue. Rien que je puisse dire ou que qui que ce soit puisse dire n’atténuera la douleur, la peine et la colère que sa famille doit ressentir dans cette période si sombre. Nous sommes de tout cœur avec eux. Nous accompagnons leur deuil. La façon dont Sir Amess est mort ne doit pas faire oublier sa contribution en tant que politicien et homme. Car David était un patriote qui croyait passionnément en notre pays, son peuple et son avenir. C’était aussi l’une des meilleures personnes à s’être assis sur ces bancs. »

CP : Le Premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson, des propos recueillis par Romain Lemaresquier.

ZK : La Russie fait face à une pénurie de main-d’œuvre en plus du Covid-19.

CP : Le pays manque de travailleurs étrangers, en particulier dans le secteur de la logistique et des livraisons. Et cela se fait sentir jusque dans les rayons. À Moscou, Anissa El Jabri.

C’est un message qu’on voit s’afficher de plus en plus souvent sur les sites internet des détaillants : « En raison d’une pénurie de main-d’œuvre et de l’épidémie de Covid, nous ne pouvons pas assurer un service normal ». La quatrième vague meurtrière en Russie complique en effet le travail côte à côte en entrepôt. Autre motif : les travailleurs migrants essentiellement d’Asie centrale, très nombreux normalement dans ce secteur, sont très peu revenus après la réouverture des frontières. L’assouplissement de leurs conditions de séjours décidé par les autorités cet automne n’a pas suffi. Résultat en septembre, le nombre de postes vacants dans le secteur du transport routier a été multiplié par trois. Le prix des livraisons pour le consommateur a en moyenne doublé depuis le début de l’année et les salaires dans ce secteur explosent. Selon le quotidien Vedomosti, un coursier indépendant à pied peut désormais gagner jusqu’à 100 000 roubles par mois - c’est trois fois le salaire médian en Russie -, un coursier avec une voiture peut gagner plus du double, soit environ le salaire d’un médecin dans une clinique privée ou d’un directeur de magasin. Anissa El Jabri, Moscou, RFI.

ZK : La rupture diplomatique entre la Biélorussie et la France est consommée.

CP : La Biélorussie a rappelé aujourd’hui son ambassadeur à Paris, juste après avoir chassé l'ambassadeur français sur son territoire. Minsk reproche à l'ambassadeur de France, Nicolas de Bouillane de Lacoste, de ne pas avoir voulu remettre ses lettres de créance au chef de l'État, une cérémonie qui officialise sa prise de fonction, et ce depuis son arrivée en décembre 2020. L’ambassadeur français a donc fait ses adieux au pays. Dans une vidéo diffusée sur le site de l’ambassade, il rappelle que la France n’a pas reconnu le résultat de l’élection du 9 août 2020, à savoir la réélection d’Alexandre Loukachenko, à la tête du pays.

ZK : Le Premier ministre français a été reçu ce matin au Vatican par le pape.

CP : Cette visite de Jean Castex intervient alors que le scandale de la pédocriminalité éclabousse l'Église de France. Le Premier ministre et le souverain pontife ont d'ailleurs évoqué le sujet ensemble. Cette visite était prévue de longue date afin de célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Vatican.

ZK : La junte au pouvoir en Birmanie va gracier et libérer plus de 5 600 prisonniers.

CP : Des détenus emprisonnés depuis le coup d'État du 1er février dernier. Ils avaient été arrêtés pour avoir protesté contre l'armée. L'annonce de ces libérations intervient juste avant une fête bouddhiste qui débute demain. Il s’agit cependant d’un geste hautement politique. Explication de Clea Broadhurst.

L’annonce à la télévision publique de la libération massive de prisonniers pour des « raisons humanitaires » intervient seulement quelques jours après que le chef de l’armée, Min Aung Hlaing, a été exclu du prochain sommet de l’Asean qui se tient du 26 au 28 octobre. Les membres de l’organisation régionale ont justifié leur décision en mettant en cause « la gestion de la crise par le gouvernement militaire ». Ils souhaitent qu’un « représentant non politique » birman vienne à sa place. Les ministres des Affaires étrangères de l’Asean ont expliqué que la junte n’avait pas fait de « progrès suffisants » dans la mise en œuvre du plan en cinq points adopté en avril par le bloc. Il était notamment question de faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire et rétablir le dialogue en Birmanie. Sur ce dernier point, l’Asean avait demandé qu’un de ses envoyés puisse s’entretenir avec « toutes les parties prenantes », dont l'ex-dirigeante civile Aung San Suu Kyi - ce que l’armée birmane avait catégoriquement refusé. Cette dernière doit s’exprimer pour la première fois le 26 octobre lors d’une audience à huis-clos : si elle est reconnue coupable, elle encourt des dizaines d’années de prison.

CP : C’était Clea Broadhurst sur RFI.

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