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Journal en français facile 17/05/2022 20h00 GMT

Studio RFI
GUERRE EN UKRAINE : 265 soldats ukrainiens évacués des sous-sols de l'usine Azovstal ; et autres nouvelles.

Transcription

Anne Corpet : RFI, il est 22h à Paris, 16h à Port-au-Prince. Bienvenue dans le Journal en français facile présenté ce soir avec Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Anne, bonsoir à tous.

AC : Inquiétude autour du sort des 265 soldats ukrainiens évacués des sous-sols de l'usine Azovstal à Marioupol. Ils seront échangés contre des prisonniers russes affirme Kiev. Mais à Moscou, personne n'a évoqué cette possibilité. 

SB : Le Parlement finlandais a voté avec une écrasante majorité en faveur de l'entrée dans l'OTAN. La demande de la Finlande et de la Suède seront présentées ce mercredi devant l'Alliance Atlantique. 

AC : Aux États-Unis le président a rendu hommage ce mardi aux victimes de la tuerie de Buffalo. Joe Biden s'est rendu sur place. 10 personnes ont été abattues samedi dernier dans un supermarché. 

SB : Et en France, reprise ce mardi du procès des attentats du 13 novembre 2015. La cour a entendu le témoignage de rescapés, dont celui du chanteur qui se produisait sur la scène du Bataclan au moment de l'attaque terroriste. Et nous l'écouterons dans ce journal.

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SB :  En Ukraine, le sort des soldats évacués de l'usine Azovstal est toujours incertain. 

AC : Ils constituaient la plus importante poche de résistance aux forces russes à Marioupol. Selon Moscou, 265 de ces soldats se sont rendus, dont 51 sont gravement blessés. L'Ukraine dit qu'un échange de prisonniers doit être organisé. Mais en Russie de nombreuses voix appellent à juger, et pour certains même à exécuter ces hommes. Ils sont décrits comme des terroristes nazis. Explications avec Oriane Verdier.

Entre Kiev et Moscou, les négociations ont été longues et secrètes pour déboucher enfin sur des convois de bus afin d’évacuer un certain nombre de soldats de Marioupol, particulièrement les plus blessés vers une autre ville sous contrôle russe. Les autorités ukrainiennes ont rapidement affirmé que ces hommes seraient échangés contre des prisonniers russes. Mais ce mardi matin en annonçant la reddition de combattants du régiment Azov et d'autres unités militaires, le ministre de la Défense russe n'a pas fait mention d'un possible échange. Plusieurs députés russes ont ensuite appelé à juger ces hommes. Les membres du bataillons Azov sont particulièrement visés, accusés d'être des criminels de guerre néonazis. Le bureau du procureur général de Russie a demandé dans la journée à la Cour Suprême de déclarer ce bataillon comme organisation terroriste. Durant ces longues semaines de siège, les militaires ukrainiens retranchés dans l'usine Azovstal affirmaient n'avoir aucune confiance dans la parole russe et donc craindre, même si un accord était passé en amont, de finir torturer aux mains des Russes. Si leur nombre est inconnus, des soldats seraient eux toujours bloqués dans les sous-sols de l'usine Azovstal. Leur avenir est tout aussi incertain.

SB : Oriane Verdier. Les combats se poursuivent dans l'est de l'Ukraine.

AC : L'armée russe « ne cesse d'y mener des opérations offensives », a souligné le ministère ukrainien de la Défense. Elles se concentrent notamment sur Severodonetsk dans le Donbass. Mais les unités ukrainiennes résistent, et elles ont, selon Kiev, forcé les Russes à « se replier ». À Desna, un village situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Kiev, huit personnes sont mortes et 12 ont été blessées dans un bombardement russe. Le site abrite un grand camp d'entraînement militaire.

SB : L'Ukraine où la Cour Pénale Internationale a annoncé le déploiement d'une équipe de 42 enquêteurs et experts.

AC : C’est la plus importante mission jamais déployée sur le terrain en une seule fois, indique le procureur de la CPI. Cette équipe est chargée d'enquêter sur les accusations de crimes commis durant l'invasion russe.

SB : La Suède et la Finlande déposeront ensemble leur candidature à l'Alliance Atlantique.

AC : Elles seront remises ce mercredi matin au secrétaire général de l'Otan à Bruxelles par les ambassadeurs des deux pays. La Finlande et la Suède disent vouloir adhérer le plus vite possible à l'Alliance. C'est l'une des conséquences de la guerre en Ukraine. La ministre suédoise des Affaires étrangères a signé ce matin l'acte de candidature de son pays. En Finlande, le Parlement a adopté dans l'après-midi la résolution qui demande l’entrée dans l’Otan, et ce, à une écrasante majorité. Correspondance de Frédéric Faux.

188 voix pour, et seulement huit contre. Le Parlement finlandais a validé de façon massive l’entrée dans l’Otan. Même l’extrême gauche, qui est théoriquement contre, s’est divisée sur la question. Et signe qu’il s’agit d’un virage historique, les débats, qui ont commencé lundi, ont duré plus de 14 heures. L’agression de l’Ukraine a été évoquée, mais aussi la Guerre d’hiver, qui pendant la Seconde Guerre mondiale a opposé la Finlande et l’Union soviétique, et après laquelle le pays nordique a perdu 10% de son territoire. Cette presque unanimité reflète bien celle de l’opinion finlandaise, qui à 76% souhaite mettre fin au non-alignement. Elle est aussi à l’image de l’intense activité diplomatique du président Sauli Niinisto. Il est en ce moment et pour deux jours en Suède, le pays voisin avec lequel il compte rejoindre l’Alliance atlantique, le plus rapidement possible. Dès ce mercredi, avec la Première ministre suédoise Magdalena Andersson, il présentera sa demande d’adhésion à l’Otan. Et les deux dirigeants seront reçus jeudi par le président américain, Joe Biden. Frédéric Faux, Stockholm, RFI.

SB : Le président américain Joe Biden s'est rendu à Buffalo dans l'État de New York, où dix afro américains ont été tués samedi.

AC : L'attaque avait été menée dans un supermarché par un jeune homme adepte des thèses suprémacistes blanches. Des thèses racistes, qui supposent que les blancs sont supérieurs. Joe Biden a vivement dénoncé ces théories, et estimé qu'elles n'avaient aucune place aux États-Unis. Le président américain a aussi rencontré les familles des victimes. Correspondance de Guillaume Naudin.

Il a beau être président des États-Unis, Joe Biden n’a pas pu masquer son émotion. En faisant la liste des victimes, il a dû s’arrêter un instant lorsqu’il a parlé de ce père de famille assassiné alors qu’il était venu au supermarché acheter un gâteau d’anniversaire pour son fils de 3 ans. Le président est connu pour son empathie et il a dit aux familles qu’un jour, le souvenir de leurs proches amènerait un sourire sur leurs visages. De l’auteur de la tuerie en revanche, Joe Biden n’a pas prononcé le nom, parlant plutôt de terrorisme intérieur, du mal et de la haine qui selon lui ne gagneront pas. Une haine alimentée depuis des mois dans la tête du tueur de 18 ans par le suprémacisme blanc et la théorie du grand remplacement qui affirme faussement qu’il existe un plan pour remplacer la population américaine par une autre. Des théories fermement condamnées par Joe Biden qui les décrit comme un poison qui se diffuse dans la société américaine. Des théories qui bénéficient de trop d’oxygène et qui sont diffusées largement dans les médias, sociaux ou pas, dans le but d’en retirer un profit politique et financier. Enfin Joe Biden en appelle à ce qu’il appelle la vraie Amérique, une Amérique diverse, pour qu’elle s’unisse afin de mettre fin au suprémacisme blanc et ne le laisse pas détruire l’âme de la nation américaine. Guillaume Naudin, Washington, RFI.

SB : Les résultats définitifs des législatives de dimanche au Liban confirment le recul du Hezbollah.

AC : Le puissant mouvement armé pro-iranien et ses alliés ont perdu leur majorité au Parlement libanais. C'est une surprise. Les candidats indépendants, issus du mouvement de contestation populaire d'octobre 2019 ont réussi une percée. Ils ont obtenu au moins 13 sièges, dont deux dans le sud du pays, une région normalement contrôlée par le Hezbollah.

SB : En France le procès des attentats du 13 novembre 2015 a repris à Paris.

AC : Il avait été interrompu pendant une semaine à cause d'un cas de Covid. Une vingtaine de rescapés du Bataclan ont raconté leur expérience devant la cour. Le chanteur et ancien guitariste du groupe Eagle of death metal qui se produisait ce soir-là au Bataclan a témoigné. Il a dit avoir pardonné les auteurs de l'attaque. Écoutez Jesse Hugues, au micro de Marine de la Moissonière.

Je me sens mieux. J'ai été entouré par l'amour de mes amis français. La conséquence de ces attentats, c'est que j'ai une grande famille d'amis et c'est sans doute l'une des plus belles choses que je n’ai jamais vues. C'est l'amour qui gagne. C'est important de pardonner. Je suis chrétien. Tout le monde peut se perdre et chacun doit trouver sa voie, tout particulièrement ces hommes-là, dans le box. Donc je leur pardonne. J'espère qu'ils trouveront la paix divine. Je n'étais pas prêt à leur pardonner au début. Mais j'y suis arrivé.

SB : Du cinéma avec l'ouverture du festival de Cannes ce soir.

AC : Et un invité surprise. Le président ukrainien est apparu sur grand écran devant les stars du cinéma mondial, par vidéo interposée. Volodymyr Zelensky, qui était comédien avant d'entamer une carrière politique, a demandé au cinéma de ne pas rester muet face à la guerre qui se déroule dans son pays. La sélection officielle russe a été interdite cette année au festival de Cannes. Mais le film d'un opposant au régime de Vladimir Poutine sera projeté en ouverture de la compétition. 

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