#Français de l’actualité

Journal en français facile 15/10/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loïc Bussières : 22h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin. 

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir.

LB : À la une : l’offensive turque dans le nord de la Syrie. Elle se poursuivra « avec ou sans le soutien » du monde assure Ankara ce soir. Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit se réunir demain sur ce dossier. 

ZK : Au Texas, un policier blanc inculpé pour le meurtre d’une femme noire. Il est accusé de l’avoir abattue à son domicile lors d’une banale opération de contrôle. Les détails dans ce journal/

LB : Et puis nous reviendrons sur les conséquences du typhon Hagibis au Japon avec un bilan une nouvelle fois revu à la hausse. Il s’élève désormais à 70 morts.

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ZK : Le point sur la situation en Syrie, une semaine après le début de l’offensive turque dans le nord du pays. Une offensive qu’Ankara compte bien poursuivre « avec ou sans le soutien du monde ».

LB : C’est ce que souligne la présidence ce soir malgré les pressions internationales et les sanctions américaines. Les autorités turques qui annoncent ce mardi la mort de 2 soldats dans les combats tandis que le Nord syrien est en pleine recomposition, car les forces du régime de Damas progressent également dans la région. Nicolas Falez.

Les forces du régime syrien sont entrées lundi dans la ville de Manbij qu’elles contrôlent désormais entièrement ainsi que des localités avoisinantes et ce mardi la coalition internationale antijihadiste commandée par les États-Unis annonce qu’elle a quitté Minbej. C’est donc sans combattre que l’armée de Bachar El Assad reprend le contrôle de territoires qui lui échappaient depuis des années, car les Kurdes attaqués par la Turquie et privés du soutien américain n’ont eu d’autre choix que de se tourner vers Damas. Ce tournant dans le conflit en Syrie risque-t-il de dégénérer en affrontements entre forces turques et syriennes ? Non assure la Russie, alliée du régime de Bachar El Assad. Moscou « ne le permettra pas » selon un officiel russe. Les évènements en cours redessinent la carte du Nord syrien, la Turquie tente d’imposer sa fameuse « zone de sécurité » le long de sa frontière. Ces dernières heures, d’intenses combats ont été signalés dans la ville frontalière de Ras Al Aïn où les forces kurdes résistent pour l’instant à l’offensive turque.

LB : Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a affirmé que l’opération, qui vise une milice kurde considérée comme « terroriste », se poursuivrait jusqu’à ce que ses « objectifs soient atteints », en dépit d’appels de nombreux pays, États-Unis en tête, à y mettre fin.

ZK : Toujours, sur ce dossier de l’offensive turque en Syrie, le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait se réunir à huis clos demain mercredi à la demande de ses membres européens.

LB : Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian va de son côté se rendre en Irak pour discuter avec les autorités irakiennes et « les Kurdes » de la « sécurité » des camps où sont détenus les jihadistes étrangers. Tandis que le vice-président américain Mike Pence ainsi que le Chef de la diplomatie Mike Pompeo vont, eux, partir pour la Turquie demain, dans l’espoir de négocier un cessez-le-feu entre les forces turques et kurdes. Autre conséquence de l’offensive turque en Syrie, cette annonce, sur twitter de MSF, Médecins Sans Frontière qui suspend la plupart de ses activités dans le nord-est du pays en raison « de l’extrême volatilité de la situation dans la région ».

ZK : Dans l’actualité également, un policier inculpé pour meurtre, et incarcéré hier, au Texas.

LB : Pour mieux comprendre, il faut remonter à la nuit de vendredi à samedi. L’agent, un homme blanc avait abattu une jeune femme noire à son domicile de Fort Worth lors d’une banale opération de contrôle. Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur les violences policières envers les Afro-américains aux États-Unis. Stefanie Schüler.

Vendredi soir Atatiana Jefferson joue à des jeux vidéo avec son neveu de 8 ans. Pour rafraîchir la maison, la jeune femme de 28 ans diplômée en biologie ouvre la porte d’entrée. Cette porte ouverte pendant plusieurs heures finit par inquiéter son voisin qui alerte la police. Deux agents arrivent sur place. Atatiana entend alors des bruits dans son jardin et se dirige vers la fenêtre. Sa présence est remarquée par l’un des policiers qui crie à toute vitesse « Mains en l’air » avant de tirer quasi immédiatement. Atatiana Jefferson meurt sous les yeux de son neveu avant l’arrivée des secours. Le policier a été suspendu et a présenté sa démission. Il a été inculpé pour meurtre et incarcéré. Des centaines de personnes ont exprimé leur colère ce week-end lors d’une veillée en mémoire de la victime. La maire de Fort Worth a estimé que pour restaurer la confiance de la population envers la police, « de simples mots ne suffiront pas ». Le FBI a ouvert une enquête sur une possible dimension raciste de cet acte.

ZK : C’est un bilan qui ne cesse de s’alourdir 3 jours après le passage du typhon Hagibis. La télévision publique parle maintenant de près de 70 morts, une quinzaine de personnes sont toujours portées disparues.

LB : Sur place, les sauveteurs sont toujours à pied d’œuvre pour tenter de retrouver des survivants dans les zones inondées et touchées par des glissements de terrain. Caroline Haga, de la Croix rouge internationale, s’en rendue dans trois préfectures affectées par l’inondation. Elle explique pourquoi le bilan humain est si important dans un pays pourtant préparé aux catastrophes naturelles comme le Japon au micro de Christophe Paget.

C’est l’ouragan ou le typhon le plus violent à avoir frappé le Japon depuis 60 ans, et sur une zone très étendue : il a affecté toute l’île de Honshu, qui est la plus peuplée. Et personne ne s’attendait à des pluies torrentielles. En 48 heures, dans certaines zones, il est tombé l’équivalent de 40 % des pluies annuelles. On estime qu’à Nagano, l’eau est montée jusqu’à quatre mètres… C’est la préfecture qui a été la plus touchée, l’eau est en train de se retirer, mais cela prend plus de temps que dans d’autres zones. Fukushima aussi a été très affectée, et c’est un des endroits où la Croix Rouge japonaise va concentrer ses efforts. Ce genre de typhon, on peut s’y préparer autant que possible, mais la situation est telle qu’on ne peut jamais complètement prévoir ce que le typhon va faire exactement, et le type de destructions auxquelles on va faire face. C’est pour cela que par rapport à la grande magnitude de la tempête la préparation était très bonne, même si des vies ont été perdues, des gens blessés et qu’énormément d’infrastructures ont été endommagées. Mais c’est malheureusement toujours le cas avec les catastrophes naturelles.

ZK : En bref, à deux semaines de la date fatidique du 31 octobre, un accord reste « possible » entre Londres et l’Union européenne.

LB : C’est la position de Bruxelles et son négociateur Michel Barnier 48h avant le prochain sommet européen. Un accord pourrait intervenir cette semaine, affirme le Français, à condition, précise-t-il, qu’un texte juridique soit finalisé demain matin au plus tard.

ZK : Nouvelle mobilisation des indépendantistes en Catalogne contre la condamnation de leurs dirigeants à de lourdes peines de prison.

LB : Peines allant jusqu’à 12 ans de prison prononcées par a Cour suprême espagnole contre 9 séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sédition de la région il y a deux ans. Des heurts ont éclaté ce soir entre manifestants et forces de l’ordre dans le centre de Barcelone pour la deuxième soirée consécutive.

ZK : En France, les députés ont adopté ce soir en première lecture le projet de loi sur la bioéthique.

LB : Il prévoit notamment d’ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes lesbiennes et célibataires. Le texte a été voté par 359 voix contre 114, et 72 abstentions. Le texte doit être maintenant examiné au Sénat, à une date qui n’a pas encore et fixée.

ZK : une affiche inédite ce mardi, l’Arabie saoudite a affronté la sélection palestinienne de football.

LB : En Cisjordanie occupée dans la cadre des qualifications au Mondial-2022, une première alors que Riyad refusait jusque-là la tenue d’une telle rencontre qui nécessite une autorisation israélienne. Les deux équipes se sont quittées sur un nul 0-0.

ZK : Et puis cet autre match de qualification pour le mondial au Qatar, match surréaliste qui vient de se terminer à Pyongyang.

LB : La capitale nord-coréenne avec la aussi un score nul et vierge 0-0 entre les équipes masculines des deux Corées au terme d’une rencontre jouée dans un stade complètement vide et non diffusée en direct. Les conditions d’organisation de la rencontre font polémiques en Corée du Sud et elles rappellent à quel point les relations entre les deux pays voisins se sont dégradées depuis l’année dernière. Correspondance à Séoul de Frédéric Ojardias.

C’est dans un stade Kim Il-sung absolument désert que s’est déroulé le face à face si attendu entre les deux Corées. Seuls dans les tribunes : des responsables sportifs nord-coréens et Gianni Infantino, président de la FIFA venu à Pyongyang en jet privé. Les Nord-Coréens sont pourtant passionnés de foot et les raisons pour lesquels ils n’ont pas été autorisés à voir ce derby intercoréen ne sont pas claires. Le régime a imposé d’autres conditions tout aussi draconiennes : pas de retransmission en direct, pas de journalistes sud-coréens, aucun fan venu de Corée du Sud. L’équipe sudiste pourra tout de même repartir avec un DVD de la rencontre, ont promis les autorités du Nord. (Les joueurs sudistes n’ont pas non plus été autorisés à venir directement depuis le Sud, que ce soit en bus ou en avion. Ils ont dû passer par Pékin. Ils ont aussi dû obtenir des exemptions de l’ONU pour amener leurs équipements à Pyongyang sans violer les sanctions internationales.) En Corée du Sud, beaucoup se demandent comment la FIFA a pu accepter de telles conditions. Alors que Pyongyang snobe Séoul depuis des mois, ce match nul vient rappeler à quel point le projet sud-coréen d’organiser avec le Nord les Jeux olympiques de 2032 semble aujourd’hui utopique et fantaisiste.

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