#Français de l’actualité

Journal en français facile 10/12 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Florent Guignard :
Radio France Internationale, il est 20 heures en temps universel, 21 heures à Paris.
Bonsoir à tous, et bonsoir Zéphyrin Kouadio.

Zéphyrin Kouadio :
Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG :
Nous vous présentons le journal en français facile. Au sommaire :

ZK :
La Turquie à l'heure d'une réforme constitutionnelle controversée : le président Erdogan veut renforcer ses pouvoirs.

FG :
Le Canada à l'heure de la lutte contre le changement climatique. Une taxe carbone va être créée.

ZK :
La Gambie à l'heure de la crise politique. Le Conseil de sécurité des Nations-Unies demande à Yayah Jammeh de respecter le résultat de la présidentielle gambienne ; hier, à la surprise générale, le président sortant a rejeté sa défaite, qu'il avait pourtant reconnue il y a une semaine.

FG :
Volte-face, ce sera d'ailleurs le mot de la semaine, chois par Ivan Amar. Nous le retrouvons à la fin de ce journal.

--------------.

FG :
Des patrouilles de la police et de l'armée dans les rues de Banjul. Le calme règne dans la capitale de la Gambie, 24 heures après la volte-face de Yayah Jammeh. Le président sortant, et battu, refuse finalement de reconnaitre sa défaite..

ZK :
La semaine dernière, il avait pourtant reconnu qu'il avait perdu. Il a changé d'avis, et le conseil de Sécurité des Nations-Unies lui demande désormais, à l'unanimité, de céder le pouvoir à Adam Barrow.

FG :
Le nouveau président élu, qui n'est pas encore en fonction, a téléphoné à Yayah Jameh, pour qu'il revienne à la raison. Pour Adama Barraow, les choses sont très claires : il n'y aura pas de nouvelle élection..

« Hier, le président sortant a fait une déclaration sur les médias nationaux pour rejeter les résultats de l'élection. Je souhaite vous informer que le président sortant n'a pas l'autorité constitutionnelle pour invalider le résultat de l'élection, ni pour convoquer un nouveau scrutin. La Commission électorale est la seule autorité compétente pour annoncer le résultat des élections et pour en déclarer le vainqueur. Et je suis maintenant le président élu. J'appelle tous les Gambiens à vaquer à leurs occupations. Nous avons impressionné le monde en réalisant des élections libres, justes et crédibles. Je conseille aux militants de la coalition de célébrer la victoire avec discipline et maturité, et de se préparer pour l'investiture en janvier après la fin du mandat du président sortant. Qu'il sache que les leaders vont et viennent. Un jour ou l'autre, ce sera à mon tour de partir. Nous devons tous accepter d'agir, à tout moment, dans l'intérêt supérieur des Gambiens. Je l'exhorte à changer sa position actuelle et à accepter le verdict du peuple de bonne foi, dans l'intérêt de la Gambie, notre mère patrie, dont le peuple mérite paix, liberté et prospérité. ».

FG :
Adama Barrow, le président élu de la Gambie, au micro de Guillaume Thibault.

ZK :
Et puis Florent, la Syrie, toujours au centre de l'actualité.

FG :
Avec des fortunes diverses pour l'armée syrienne. Elle poursuit encore sa progression dans les quartiers rebelles d'Alep, mais elle recule à Palmyre. Les djihadistes de l'organisation État islamique ont pénétré dans la ville ; ils en avaient été chassés il y a 9 mois.

ZK :
Mais l'État islamique subit aussi des revers, et perd du terrain dans la province d'Alep : l'armée turque, qui mène depuis le mois d'août des opérations militaires dans le nord de la Syrie, près de sa frontière, est entrée dans al-Bab, un fief, une localité importante aux mains de l'État islamique. Les combats se poursuivaient dans la soirée.

FG :
La Turquie encore, avec la volonté du président Erdogan de renforcer ses pouvoirs.

ZK :
Il faut pour cela modifier la constitution. Le texte a été transmis aujourd'hui au parlement. Il y aura aussi un référendum dans quelques mois.

FG :
Les détails de cette réforme constitutionnelle avec notre correspondante à Istanbul d'Anne Andlauer.

Si la réforme est adoptée en l'état, Recep Tayyip Erdogan obtiendra ce qu'il réclame depuis plus de deux ans, depuis qu'il est devenu le premier chef de l'État turc élu au suffrage universel. À savoir : un président fort, à la tête d'un exécutif sans premier ministre, maintenant ses liens avec son parti, nommant lui-même les ministres, émettant des décrets. Autre nouveauté : la responsabilité pénale du président pourra être engagée à l'issue de plusieurs étapes dont la dernière - l'envoi devant la Haute cour - requerra l'aval des deux-tiers des députés, dont le nombre passerait de 550 à 600. Ces mesures, et quelques autres, sont le résultat de deux mois de tractations entre le parti au pouvoir, l'AKP, et les nationalistes du MHP- soutien indispensable pour adopter le texte. Celui-ci va maintenant suivre la procédure parlementaire, mais ne sera pas discuté tout de suite, les élus étant accaparés par les débats sur le budget. L'AKP table sur une adoption en séance début 2017, pour un vote populaire organisé avant l'été. Si le « oui » l'emporte, les changements n'interviendront pas avant novembre 2019, date de la prochaine élection présidentielle. Anne Andlauer, Istanbul, RFI.

ZK :
En France, il y avait un conseil des ministres aujourd'hui, le deuxième cette semaine pour le nouveau premier ministre Bernard Cazeneuve.

FG :
Avec un programme exceptionnel, la prolongation de l'état d'urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015. L'état d'urgence, qui donne notamment des moyens supplémentaires à la police, sera prolongé jusqu'au 15 juillet 2017, si le parlement en est d'accord. Et cela pour permettre le bon déroulement de l’élection présidentielle, au mois d’avril et au mois de mai prochain.

ZK :
Le conseil des ministres a aussi adopté plusieurs mesures contre la pollution de l'air. La France a été touchée cette semaine par des niveaux de pollution jamais vus, jamais sentis, depuis 10 ans.

FG :
Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau a dévoilé lui son plan de lutte contre le changement climatique. Il prévoit, notamment, la création d'une taxe carbone. C’est le fameux principe pollueur-payeur. Fanny Léonor Crouzet :

Le Canada veut respirer un air plus pur. Une taxe carbone progressive devrait donc être mise en place à partir de 201. Le montant sera de 7 euros la tonne dès l'année prochaine, pour passer progressivement à 36 euros en 2022. Le texte a été finalisé entre le gouvernement fédéral et les dix provinces du pays. Mais deux d’entre elles, le Saskatchewan et le Manitoba, ont pour l'instant refusé de signer. Elles réclament un montant moins élevé et plus d’équité. Pas de quoi démonter le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui reste inflexible. « Le Canada ne peut se permettre de vaciller », a-t-il martelé au cours d'une réunion vouée à bâtir une nouvelle stratégie nationale en termes de climat. Il a également souligné qu'une taxe carbone n'était pas une mesure suffisante pour atteindre les cibles de l'accord de Paris. Fermeture des centrales à charbon et adoption de meilleures normes énergétiques pour l’habitat et les transports sont également au programme. La route vers la propreté est longue. Le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici 2030.

ZK :
Et puis comme promis, Florent, et comme chaque samedi, nous retrouvons Yvan Amar pour le mot de la semaine.

FG :
Et ce qui a inspiré Yvan Amar, cette semaine, c'est l'élection présidentielle en Gambie.

Volte-face, revirement. Deux mots appliqués à Yayah Jammeh qui reviennent régulièrement dans la presse d’aujourd’hui. En effet, l’ancien président gambien, qui se taisait depuis sa défaite, semble maintenant la contester. Et sur RFI, on a pu entendre les deux mots : volte-face et revirement, qui ne sont pas exactement synonymes mais leur sens est proche, et l’image qu’ils portent est proche également. Il s’agit de se retourner brusquement. Volte-face, au sens propre, c’est un terme qu’on emploie souvent dans une situation de combat : d’un saut, hop !, on se retourne complètement on fait un demi-tour sur soi, on tourne le dos à ce qu’on regardait, on regarde ce qui était derrière soi. Cela fait penser à un mouvement très rapide, presque acrobatique : et en effet, le mot volte-face évoque la voltige, qui est de la même famille que volte. Et ce terme, on le trouve d’abord pour parler d’une figure d’équitation, c’est-à-dire un tour qu’on effectue sur soi. Au départ c’est un tour complet ; maintenant dans le cas de la volte-face bien sûr c’est un demi-tour. Et au figuré, cela indique qu’on change brusquement d’opinion, pour adopter une opinion inverse. Le revirement se sert de la même comparaison, mais le mot vient du vocabulaire de la marine. Et si le sens est presque le même, l’impression est moins vive. On vire de bord, on change d’idée, vite, mais peut-être moins que quand on fait volte-face. Ce qui est normal, parce que le bateau prend plus de temps à changer de cap, il amorce son virage, son sillage s’incurve, devient courbe et majestueusement on voit le navire, le bateau, qui continue sa course en sens inverse.

FG :
Merci Yvan Amar, on se retrouve demain pour l'expression de la semaine. À demain aussi Zéphyrin pour un nouveau journal en français facile.

ZK :
Avec plaisir.

FG :
Avec plaisir... vous pouvez d’ailleurs retrouver ce journal sur le site internet rfi savoirs. L’adresse : savoirs au pluriel, point rfi point fr. Très bonne soirée à tous. L’information continue sur RFI.

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