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Journal en français facile 09/03/2021 20h00 GMT

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RFI
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Vous écoutez RFI il est 21h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile.

À la une ce soir : vers une levée de l'immunité de Carles Puigdemont. C'est ce qui ressort d'un vote du parlement européen concernant l'ancien Président de catalogne et deux autres eurodéputés catalans. L'Espagne souhaite les juger pour leur rôle dans la tenue du référendum sur l'indépendance de la Catalogne en 2017.

Au Brésil, Lula sera-t-il candidat à l'élection présidentielle de 2022 ? La question se pose après la décision d'un juge de la Cour suprême qui annule toutes les condamnations pour corruption de l'ancien Président.

Dans ce Journal en français facile également la Russie qui a très vivement réagi aux critiques d'un responsable de l'Agence européenne des médicaments concernant le Spoutnik V, vaccin contre le Covid-19.

Et la réconciliation des mémoires entre la France et l'Algérie. Emmanuel Macron décide la déclassification de documents classés secrets-défense sur la guerre d'Algérie, cela veut dire qu'ils pourront être consultés.

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RA : Le gouvernement espagnol fait part de sa satisfaction : le Parlement européen a voté ce mardi en faveur d'une levée de l'immunité parlementaire de Carles Puigdemont, ancien président de Catalogne, ainsi que de deux autres députés européens catalans. Cela veut dire que le Parlement européen souhaite que les trois hommes puissent être poursuivis. Ils sont visés par des mandats d'arrêt européens émis par l'Espagne qui souhaite obtenir leur extradition. Tous trois vivent en Belgique et Madrid souhaite qu'ils soient jugés en Espagne pour leur rôle dans la tenue du référendum sur l'indépendance de la Catalogne en 2017 qui avait été déclaré illégal par la justice espagnole. La décision du parlement européen les rapproche de cette extradition, mais le chemin judiciaire risque d'être encore long. À Madrid pour RFI François Musseau.

Pour la justice espagnole, et tout particulièrement le juge Pablo Llarena qui instruit l’affaire du référendum illégal d’octobre 2017, un pas important a été franchi. Carles Puigdemont, qui dirigeait la catalogne et a tenté de forcer son divorce avec l’Espagne sans l’accord du pouvoir central à Madrid, ne bénéficie donc plus de son immunité. Ce qui implique que le juge espagnol peut désormais réactiver le mandat d’arrêt contre le leader sécessionniste catalan. L’étape suivante ne lui appartient pas, mais appartient aux tribunaux belges qui décideront si, oui ou non, Carles Puigdemont peut être extradé en Espagne pour être jugé pour sédition, charge qui l’expose à une peine pouvant aller jusqu’à 13 ans de prison. Mais d’ores et déjà, l’affaire Puigemont cause une grande division au sein du gouvernement de coalition. Les socialistes souhaitent ardemment son extradition, tout comme la droite. Mais le parti de gauche radicale Podemos, lui, a voté contre la levée de son immunité parlementaire et estime, à la différence des autres partis, que le leader indépendantiste est un exilé d’une démocratie imparfaite, l’Espagne. François Musseau Madrid RFI.

RA : Et Carles Puigdemont qui a réagi au vote du parlement européen en faveur d'une levée de son immunité. Depuis Bruxelles où il a tenu une conférence de presse il dénonce une « persécution politique ».

Une autre décision qui devrait avoir des conséquence politiques importantes : au Brésil la décision d'un juge de la Cour suprême concernant Lula. L'ancien Président a vu toutes ses condamnations pour corruption être annulées et il est rétabli dans ses droits politiques. Cela veut dire qu'il pourrait être candidat à la Présidentielle de 2022 où il pourrait affronter l'actuel Président d'extrême droite Jair Bolsonaro. L'annonce d'un possible retour de Lula a été diversement apprécié au Brésil, c'est-à-dire que les réactions sont très différentes comme vous allez l'entendre dans ce reportage signé Sarah Cozzolino.

Une lumière au bout du tunnel. Pour André, vendeur ambulant dont l’activité a été fortement touchée par la pandémie, la décision rétablit un peu de justice dans son pays. « Je trouve ça fantastique, les choses vont changer. Parce qu’actuellement on est paralysés, bloqués dans un Gouvernement qui ressemble à une mauvaise blague. » À quelques pas, son collègue João, porte aujourd’hui un maillot de foot du Brésil pour exprimer son soutien à Jair Bolsonaro. « C’est une honte, c’est démoralisant. Absoudre une personne qui devrait être en prison jusqu’à aujourd’hui.C’est quelqu’un de corrompu, chef d’une organisation criminelle. Et s’il gagne l’élection ? » Voir son candidat Lula à la prochaine présidentielle, c’est justement ce qu’espère Sandra. Comme lui, elle vient du Nordeste et se rappelle qu’il a beaucoup fait pour les plus pauvres au Brésil. « Je pense qu’il fera son retour, encore plus fort, et je crois qu’il sera élu à nouveau. Parce que le peuple brésilien souffre énormément. Et je pense que l’âge ne compte pas : ce qui compte c’est sa tête, et il sait bien comme gérer un pays. » Selon un sondage publié ce lundi avant la décision, Lula serait le favori à la présidentielle de 2022, avec 50% des intentions de vote contre 38% pour Jair Bolsonaro. Sarah Cozzolino Rio de Janeiro RFI.

RA : En Côte d'Ivoire la victoire du parti du Président Alassane Ouattara aux élections législatives de samedi dernier. La Commission électorale indépendante a publié aujourd'hui les résultats. Le RHDP remporte 54% des sièges et conserve sa majorité absolue à l'assemblée nationale. Mais 54% des sièges c'est moins qu'il y a 5 ans. L'opposition remporte 36% des sièges, en tête de l'opposition l'alliance EDS et PDCI des deux familles politiques pro-Bédié et pro-Gbagbo. 10% des sièges enfin reviennent aux indépendants.

La pandémie de coronavirus à présent et la polémique qui enfle en Europe à propos du vaccin russe le Spoutnik V. Il est en cours d'examen par l'Agence européenne des médicaments. Aujourd'hui une responsable de cette agence a déconseillé aux pays membres de l'Union européenne d'autoriser en urgence ce vaccin. Cela n'a pas plus du tout à la Russie. Anastasia Becchio.

« C'est un peu comparable à la roulette russe » : voilà comment Christa Wirthumer-Hoche qualifiait une éventuelle autorisation en urgence du vaccin russe sur la chaîne de télévision autrichienne ORF, dimanche soir. « Nous avons besoin de documents que nous pouvons passer en revue. Pour le moment, nous n'avons pas de données sur les effets secondaires concernant les personnes vaccinées. Nous sommes dans l'inconnu ». Ces déclarations de la présidente du conseil de direction de l’Agence européenne du médicament ont été très mal accueillies à Moscou. Les créateurs du vaccin, (le centre de recherches d'État Gamaleïa et le Fonds souverain russe, RDIF) demandent des excuses et soutiennent que les documents requis ont été envoyés à l’AEM. Condamnation également du côté du Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. « Nous estimons que ces propos navrants sont au minimum erronés. Les campagnes de vaccination dans de nombreux pays du monde prouvent la pertinence et la popularité de ce vaccin ». Dmitri Peskov qui dénonce par ailleurs comme « absurdes » des déclarations de Washington accusant la Russie de mener une campagne de « désinformation » contre des vaccins américains.

RA : Également concernant le vaccin russe, à noter qu'il sera produit en Italie à partir du mois de juillet, c'est ce qu'indique Rome et c'est une première dans l'Union européenne.

En France, le nouveau geste d'Emmanuel Macron pour réconcilier les mémoires entre Français et Algériens, autrement dit apaiser les blessures de la guerre. Le chef de l'État a décidé de faciliter l'accès aux archives classées secret-défense et datant de plus de 50 ans. C'est la Présidence français qui l'annonce aujourd’hui dans un communiqué. Cela intervient quelques jours après que la France a reconnu que le dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été torturé et assassiné. Emmanuel Macron veut ainsi montrer qu'il continue à progresser sur le dossier sensible des relations franco-algériennes. Valérie Gas.

C'est une autre avancée concrète que réalise Emmanuel Macron dans sa démarche de réconciliation des mémoires. Dans un communiqué, le président de la République annonce qu'il a pris « la décision de permettre aux services d'archives de procéder dès demain aux déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale ». Désormais, les archivistes ne seront plus obligés de valider feuille à feuille chaque document déclassifié mais pourront le faire carton par carton. Une simplification mise en œuvre pour la période 1954-1970, celle qui couvre la Guerre d'Algérie. Il sera donc possible aux historiens d'accéder à tous les documents que l'État a pu produire et conserver. Tous ? Pas tout à fait quand même puisqu'on précise à l »Élysée, qu'un certain nombre d'entre eux qui resteraient ultra-sensibles pour la sécurité nationale feront toujours l'objet d'une protection sans que les critères de sélection ne soient précisés. Sauf pour les archives sur les essais nucléaires dans le Sahara qui sont « incommunicables ». Un conseiller du président rappelle la volonté d'Emmanuel Macron « de regarder en face les sujets historiques sensibles » quand un autre veut croire que cette décision apporte « la preuve qu'on peut progresser à petit pas tout en allant très vite ».

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