#Français de l’actualité

Journal en français facile 06/05/2021 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Vous écoutez RFI, il est 22h, ici, à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Zéphyrin Kouadio, bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Romain, bonsoir à toutes et à tous.

RA : À la Une ce soir : Covid-19 et l'inquiétude toujours plus grande en Inde. Près de 4 000 morts en 24 heures. Les pays voisins ferment leurs frontières, à l'image du Sri Lanka.

ZK : Neuvième jour de manifestations en Colombie. Dans un contexte de crise inédite. Et la répression qui inquiète. Au moins 24 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement. Témoignage dans cette édition.

RA : Et puis, l'Europe sociale au menu d'un sommet à partir de demain à Porto. Objectif : afficher le social comme priorité face à la pandémie de coronavirus.

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ZK : Le fléau du Covid-19 en Inde : un nouveau record a été enregistré ce jeudi.

RA : La barre des 4 000 décès en 24 heures se rapproche, avec 3 980 décès recensés ce jeudi. 412 000 nouvelles contaminations en 24 heures, les chiffres sont toujours plus inquiétants et le pic de la pandémie n'est pas prévu avant plusieurs semaines. Inquiétude également des voisins de l'Inde qui craignent la contagion sur leur territoire, à l'image du Sri Lanka situé au sud de l'Inde, et qui vient de fermer ses frontières avec le géant asiatique. D'autres décisions de ce type avaient été prises précédemment par les autres pays voisins, Christophe Paget.

Le Sri Lanka interdit l'entrée sur son territoire aux vols en provenance d'Inde. Et sa marine a intensifié les patrouilles pour empêcher les chalutiers indiens d'approcher. Ce jeudi, elle a indiqué avoir arrêté onze navires qui avaient traversé le détroit entre les deux pays. Le Bangladesh, lui, avait déjà fermé le 26 avril sa frontière avec l'Inde. Et si le gouvernement de Dacca a reçu 10 millions de doses de vaccin de son voisin, il négocie à présent pour obtenir des vaccins chinois, car New Delhi a arrêté ces exportations pour faire face à la pandémie sur son propre sol. Le Népal, de son côté, a interrompu les vols internationaux il y a une semaine, seuls deux vols hebdomadaires sont autorisés vers l’Inde pour rapatrier les citoyens indiens qui s’étaient retrouvés bloqués ; au sol, seuls quelques postes-frontières avec l’Inde restent ouvert pour permettre cette fois aux citoyens népalais de rentrer chez eux. Autre voisin, le Pakistan avait lui fermé ses frontières avec l'Inde avant le début de l'épidémie pour cause de tensions politiques, ce qui ne l’empêche pas de faire face, comme le Népal ou le Bangladesh, à des taux record de décès dus à la pandémie. Enfin les Maldives, sans fermer leur territoire aux Indiens, qui constituent leur premier marché touristique, ont renforcé leurs restrictions et ne les laissent entrer qu’en cas de tests négatifs.

RA : Christophe Paget.

ZK : Également concernant la pandémie de coronavirus, le débat sur une levée des brevets sur les vaccins est très vif.

RA : Les brevets sont détenus par les laboratoires et lever ces brevets permettrait un meilleur accès. Le débat a été lancé par les États-Unis qui, hier, se sont dit pour, une levée de ces brevets. Ce jeudi, de nombreuses voix ont rejoint cette positon : la Russie, la France par exemple, l'Organisation mondiale du Commerce également. La prudence reste de mise cependant, par exemple l'Allemagne rappelle que « la protection de la propriété intellectuelle est la source de l'innovation et doit continuer à l'avenir à le rester ».

ZK : Parallèlement à ces questions, les campagnes de vaccination continuent à s'accélérer.

RA : Citons, ce jeudi, la France qui avance de cinq jours l'accès à la vaccination pour toutes les personnes de 50 ans et plus, ce sera possible dès ce lundi. Le président Emmanuel Macron a fait cette annonce lors de l'inauguration du premier grand vaccinodrome parisien - un vaccinodrome, c'est un centre de vaccination géant. Autre annonce, à partir de mercredi prochain, les injections ouvertes aux plus de 18 ans dès lors qu'un créneau est disponible la veille pour le lendemain.

ZK : Le mouvement de contestation continue en Colombie.

RA : Il dure depuis neuf jours et a déjà fait au moins 24 morts. Rappelons le contexte, un projet de réforme fiscale qui a provoqué les premières manifestations. Les Colombiens estimant que la classe moyenne était mise en danger avec ce texte, alors que le pays traverse la pire crise depuis 50 ans. En fin de semaine dernière, le président Ivan Duque a retiré le texte. Mais les manifestations ont continué. Et face à cela, les contestataires s'alarment de la répression menée par les autorités. Écoutez le témoignage de Leidy Alejandra Martinez, elle habite à Cali où ont lieu les violences les plus importantes dans le pays, elle vit précisément dans le bidonville de Siloé.

« La vérité, c'est que Siloé et la Colombie ont peur. Ils veulent nous faire passer pour des vandales pour justifier les assassinats. C'est la jeunesse qu'ils sont en train de tuer. Ils arrivent et ils tirent directement, sans faire attention à la présence d'enfants, de femmes, de personnes âgées. Ils tirent des gaz lacrymogènes dans les maisons, ils tirent sur les maisons, ils tirent à l'aveugle. Je les vois de mes fenêtres car j'ai trop peur de sortir dans la rue, même pour acheter à manger, j'ai peur. Donc, de mes fenêtres, je vois ce qu'ils font. Ils tirent sur les jeunes comme ça, sans rien demander. C'est ce qu'ils font et après ils disent que ce sont des vandales. Mais ces jeunes doivent se défendre ! Les policiers et les soldats, eux, ils sont entraînés ! En face ce sont des gamins, des jeunes qui n'ont pas plus de 22 ans. Ils ne se défendent qu'avec des pierres et des bâtons. »

RA : Témoignage recueillis par Melissa Barra de la rédaction espagnole de RFI.

ZK : On s'intéresse à présent à ce qui se passe à Sheikh Jarrah, un quartier menacé de Jérusalem-Est.

RA : Menacé car des colons israéliens réclament les terres sur lesquels vivent des réfugiés palestiniens dans le cadre d'un accord entre la Jordanie et l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens. Les colons israéliens ont porté l'affaire devant les tribunaux. Face à cette pression, des Palestiniens se réunissent chaque soir en soutien avec les familles concernées. Et cela peut conduire à des heurts. Hier soir ainsi, 22 Palestiniens ont été blessés, et trois arrêtés. Reportage sur place signé Alice Froussard.

Dans cette rue de Sheikh Jarrah, il y a ces panneaux de soutien aux familles, cette odeur fétide, celle de l’eau usée avec laquelle les forces israéliennes aspergent les manifestants palestiniens tous les soirs. Il y surtout les habitants : Abu Elias, la jambe cassée par l’armée israélienne qui est entrée chez lui par effraction deux jours plus tôt ; Nabil al Kurd, menacé à nouveau, alors qu’une de ses maisons a déjà été confisquée par le passé ; et Sami Jaounni, qui, craint que la Cour suprême leur demande tous de partir : « J’ai plein de souvenirs dans le quartier. Mon père est né dans cette maison. On a tous les papiers, tous ceux qui prouvent que l’UNRWA et les Jordaniens nous ont donné cette maison. Pourtant, on se bat au tribunal depuis 1972 contre les Israéliens, depuis presque 60 ans. Et honnêtement, leurs lois sont prêtes à tout pour donner toutes ses maisons aux colons. Ça devient très sérieux là, j’espère vraiment qu’ils ne nous expulseront pas. » Tous les soirs, des militants viennent protéger les familles. Un mouvement des Palestiniens, pour les Palestiniens. Car l’espoir d’un verdict favorable est mince, explique Fairouz Sharqawi, directrice de l’organisation Grassroots al Quds : « Le nettoyage ethnique des Palestiniens de Jérusalem fait partie de la politique israélienne, donc ce serait naïf de croire qu’un juge israélien qui fait appliquer la loi israélienne protégera ces familles et empêchera l’expulsion de leurs propres maisons. » Les familles de Sheikh Jarrah le précisent : cette décision est politique. Et si les colons s’emparent de leurs maisons, ces évictions continueront, dans tout le quartier. Alice Froussard, Jérusalem, RFI.

ZK : Et puis, un sommet social européen à partir de demain à Porto au Portugal.

RA : Il s'agit d'afficher le social comme une priorité face à la crise du Covid-19. Et ainsi confirmer le virage pris en 2017 lors d'un sommet de ce type en Suède visant à réconcilier les citoyens avec le projet européen. Présentation de ce sommet avec Agnieszka Kumor.

Déjà en 2017 à Göteborg en Suède, lors du sommet précédent, un socle européen des droits sociaux a été adopté. Une sorte de boussole destinée à orienter l'Europe. Ses vingt principes comme l'accès au marché du travail, la protection et l'inclusion sociale, l'égalité des chances fixent un cadre en matière sociale. Ajouté à cela, un plan d'action présenté par la Commission début mars, que les participants au sommet doivent adopter. « J'attends un message politique fort sur le social », a répété Nicolas Schmit, commissaire à l'emploi et aux droits sociaux. Trois objectifs ont été fixés à l'horizon 2030 : augmenter à 78% le taux d'emploi, assurer une formation professionnelle chaque année à au moins 60% des adultes et réduire de 15 millions le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale. Mettre en pratique ce plan, c'est le meilleur vaccin contre les inégalités, la peur et le populisme, selon Antonio Costa, le chef du gouvernement portugais.

RA : Agnieszka Kumor. Le sommet social européen de Porto doit durer deux jours.

ZK : Enfin en football, les demi-finales de la Ligue Europa actuellement.

RA : Avec deux rencontres opposant des clubs anglais à des clubs espagnols. Manchester United se déplace sur la pelouse de l'AS Roma, 1-0 pour Manchester United, c'est le début de la seconde période. Arsenal face à Villareal, 0-0. La Ligue Europa surnommée la petite Coupe d'Europe par rapport à sa grande sœur la Ligue des Champions.

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