#Français de l’actualité

Journal en français facile 05/05/2021 20h00 GMT

Image par défaut des émissions / éditions
RFI
Transcription

Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel.

Romain Auzouy : Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile.

À la Une ce soir : Un journaliste français enlevé par un groupe lié à Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique. Olivier Dubois s'exprime dans une courte vidéo, il demande aux autorités françaises de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour obtenir sa libération.

Demain des élections locales en Écosse. Le Parlement sera renouvelé. Les partisans de l'indépendance espèrent remporter le scrutin pour faire avancer un peu plus leur cause.

Dans cette édition également, le compte Facebook de Donald Trump, l’ex-président américain, qui va continuer à être banni, ainsi en a décidé le Conseil de supervision du géant des réseaux sociaux.

Et puis en France, des commémorations polémiques à l'occasion des 200 ans de la mort de Napoléon.

-----

RA : Depuis la fin de l'année dernière, il n'y avait plus de Français otage dans le monde, depuis la libération de Sophie Pétronin. Mais on a appris aujourd'hui l'enlèvement dans le nord du Mali du journaliste Olivier Dubois. On le voit dans une vidéo en boubou, sous une tente. Il explique lui-même avoir été enlevé par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, un groupe jihadiste dirigé par Iyad Ag Ghaly et lié à Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique. Les précisions de David Baché.

Dans cette vidéo de 21 secondes qui circule depuis la nuit dernière sur les réseaux sociaux, Olivier Dubois précise lui-même avoir été enlevé par le Jnim le 8 avril dernier, il y a près d’un mois. Il demande à sa famille, à ses amis et aux autorités françaises de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour le faire libérer. Olivier Dubois, journaliste indépendant qui travaille notamment pour le journal français Libération et pour le magazine Le Point était parti début avril à Gao, dans le nord du Mali, pour interviewer un cadre jihadiste du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Olivier Dubois est installé au Mali depuis 2015, cela fait six années, mais il travaillait sur le pays avant même d’y vivre, avec sa famille. C’est un journaliste expérimenté qui connaît très bien les réalités du terrain et qui avait organisé son reportage méticuleusement, avec des intermédiaires locaux. Sa disparition était connue depuis le 8 avril, mais ses proches, qui étaient au courant de son projet ainsi que les autorités françaises, très vite informées elles aussi, se demandaient toujours s’il avait été kidnappé ou si cette absence de nouvelles relevait de mesures de précaution prises par les jihadistes qu’il devait rencontrer. Depuis plusieurs semaines, ses proches, ses confrères, tentaient de glaner des informations, dans une angoisse évidemment croissante. La diffusion de cette vidéo, par ses ravisseurs, vient mettre un terme à leurs espoirs.

RA : La France a ouvert ce soir une enquête préliminaire pour « enlèvement en bande organisée » et « en relation avec une entreprise terroriste », c'est une procédure classique lorsqu'un Français est enlevé à l'étranger.

Une nouvelle journée de mobilisations en Colombie. La colère gronde dans le pays depuis plusieurs jours, plus de 30 personnes ont été tuées selon les ONG locales. La communauté internationale dénonce la répression. L'origine c'est un projet de réforme fiscale accusé d'appauvrir la classe moyenne. Projet qui a été retiré en fin de semaine dernière, mais la mobilisation continue. Plusieurs secteurs sont mobilisés. La Colombie durement touchée par la pandémie de Covid-19 et qui affronte la pire crise économique depuis 50 ans.

On vote en Écosse demain jeudi, il s'agira de renouveler le Parlement local. La Première ministre Nicola Sturgeon espère que son parti l'emportera, dans un but précis : faire pression sur Londres afin d'obtenir un nouveau référendum d'indépendance. En 2014, une consultation s'était soldée par une courte majorité d'Écossais opposés à l'indépendance, 55%. Depuis il y a eu le Brexit, en quoi cet évènement influence en vue d'une éventuelle Écosse indépendante ? Muriel Delcroix a posé la question à des pêcheurs dans le petit port de North Berwick à 40 kilomètres au nord-est d’Edimbourg. Reportage.

Entourée de grands bacs d’eau de mer, Jane McMinn brandit fièrement un homard dont les œufs sont prêts à éclore : cette navigatrice a fondé avec deux autres pêcheurs, il y a plus de 10 ans, un élevage de homards au moment où les pêcheurs de North Berwick se sont mis à vendre leurs prises principalement localement. Ce pari leur a permis pour l’instant d’amortir le choc du Brexit. Mais tous les pêcheurs n’ont pas cette chance, alors qu’environ 90% des coquillages écossais sont exportés en Europe : « Le Brexit rend les choses impossibles pour la pêche. Vous devez avoir tous vos papiers en ordre, blablabla… Et le temps que vous fassiez tout ça, tous vos poissons sont morts. Ça s’arrangera, mais les conditions sont devenues très hostiles. » Les pêcheurs qui avaient voté pour le Brexit se sentent trahis et les indépendantistes écossais misaient sur leur ressentiment pour faire avancer leur cause en faveur d’un second référendum. Mais à entendre la réaction épidermique du pêcheur Jack Dale, c’était un mauvais calcul : « Ça serait un désastre complet, l’indépendance ! Surtout maintenant qu’on ne fait plus partie de l’Union européenne. Ce serait un suicide. Il y a suffisamment d’incertitude comme ça avec le Brexit, la pandémie, la pollution… Tout joue contre cette idée. » Une hostilité qui explique en partie pourquoi Nicola Sturgeon a bien pris soin de souligner que même reconduit au Parlement écossais, son parti ne prévoyait pas de référendum avant deux ou trois ans. Murielle Delcroix, North Berwick, RFI.

RA : En Israël, le chef de l'opposition Yaïr Lapid appelé à former le prochain gouvernement un mois et demi après les élections législatives. Décision du président Reuven Rivlin. Décision en raison de l'échec de Benjamin Netanyahu à former une nouvelle équipe. Le Premier ministre sortant avait jusqu'à minuit hier soir pour y parvenir, mais il n'a pas réussi à obtenir une majorité de 61 députés sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien.

La colère de Donald Trump. « Ce que Facebook, Twitter et Google ont fait est une honte absolue », écrit aujourd'hui l'ancien président américain dans un communiqué. Il réagissait à la décision de Facebook de maintenir l'interdiction du compte de Donald Trump. Son compte est suspendu depuis l’attaque du capitole, le 6 janvier dernier. Explications avec Eric de Salves à San Francisco.

Selon le Conseil de supervision de Facebook, « l’ancien président a créé un climat qui favorise un risque sérieux de nouvelles violences ». Dans son communiqué ce panel, composé d’experts, d’avocats et même de journalistes, cite en exemple la vidéo postée par Donald Trump le 6 janvier en pleine émeute meurtrière à Washington alors que ses partisans sont en train d’envahir le Capitole. « Nous vous aimons, vous êtes très spéciaux », leur lance le président. Un message perçu comme un encouragement à poursuivre les violences. Pour autant, cette décision de maintenir sa suspension est une surprise dans la Silicon Valley. Beaucoup d’experts s’attendaient à ce que l’ancien président soit autorisé à faire son grand retour sur Facebook. Car, aux États-Unis, son exclusion suscite un vrai débat autour de la sacrosainte liberté d’expression. Les républicains dénoncent en cœur une censure des Gafa contraire à la constitution. Mais, et c’est un gros mais, cette décision n’est pas définitive : le conseil d’experts donne environ deux mois à Facebook pour clarifier sa position et se prononcer à nouveau sur cette suspension, décidément très embarrassante pour tous les réseaux sociaux. Eric de Salves, San Francisco, RFI.

Et puis les commémorations de la mort de Napoléon. L'empereur français, décédé il y a 200 ans jour pour jour. Le président Emmanuel Macron a déposé une gerbe de fleurs au pied de son tombeau, sous la coupole des Invalides. Quelques minutes plus tôt, le chef de l'État prononçait un discours à l'Institut de France : « Napoléon est une part de nous », a -t-il déclaré en réponse aux critiques sur les commémorations de ce personnage incontournable de l'Histoire de France, incontournable mais controversé. Pourquoi est-il aussi célébré que détesté ? Les réponses de Raphaël Thomas.

Napoléon à ses fans et ses détracteurs. D’abord, il y a ceux qui sont fascinés par le parcours de ce « petit caporal » ambitieux devenu empereur conquérant. À son apogée, l’empire napoléonien compte 130 départements acquis à coup d’annexions. Ensuite, il a laissé derrière lui un héritage politique et juridique toujours bien présent. Il est l'architecte de l’État moderne, fort et centralisé, et en 1804 du Code civil qui continue de régir nos vies. D'autres le voient comme un fossoyeur de la République, lui reproche son autoritarisme et parfois même sa misogynie. Le Code civil napoléonien est fondé sur l’autorité du père de famille, et on y trouve par exemple un article qui tend à excuser le meurtre d’une femme par son mari en cas d’adultère. Dernier point de tension : Napoléon est celui qui a rétabli l’esclavage en 1802. Critiqué ou adoré, 200 ans après sa mort, il reste le personnage historique français le plus connu dans le monde, objet d'une production littéraire toujours aussi foisonnante.

RA : Enfin en football, la seconde demi-finale retour de Ligue des Champions actuellement. Les Anglais de Chelsea accueillent le Real Madrid après le score de 1 but partout lors du match aller. Le vainqueur affrontera en finale Manchester City tombeur du Paris Saint-Germain hier soir.

C’est la fin du Journal en français facile.

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias