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Journal en français facile 02/05/2017 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Florent Guignard :
Radio France Internationale, il est 20 heures en temps universel, 22 heures à Paris
Bonsoir, bienvenue, c'est le journal en français facile, que je vous présente avec Zéphyrin Kouadio. Bonsoir Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio :
Bonsoir Florent, bonsoir à tous.

FG :
Au sommaire de ce journal, Zéphyrin.

ZK :
La rencontre Merkel/Poutine en Russie : la chancelière allemande et le président russe confirment leurs désaccords sur les dossiers internationaux.

FG :
Les nouvelles menaces du président turc face à l'Europe.

ZK :
Et puis la colère de Donald Trump après l'entente entre républicains et démocrates sur le budget.

FG :
Enfin le ni-ni des électeurs de Jean-Luc Mélenchon : à une large majorité ils refusent de choisir dimanche prochain entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

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ZK :
Et on commence ce journal avec la visite d'Angela Merkel en Russie.

FG :
Une courte visite, dans la station balnéaire de Sotchi, au bord de la mer Noire, pour y rencontrer Vladimir Poutine. Avec François Hollande, la chancelière allemande a consacré du temps pour convaincre le président de ne pas déstabiliser l'Ukraine. Et c'est la première fois depuis l'annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, qu'Angela Merkel se rend seule en Russie. Mais comme elle l'a dit : « Quand on se parle, on se comprend mieux. » À en croire les deux dirigeants, cette rencontre a permis quelques progrès sur les dossiers bilatéraux, entre l'Allemagne et la Russie. En revanche, sur les grands dossiers internationaux, comme la Syrie ou l'Ukraine, les divergences persistent. À Moscou, la correspondance de Muriel Pomponne.

Angela Merkel s'est félicitée de l'attitude constructive de la Russie concernant le G20, qui aura lieu début juillet à Hambourg. Les deux dirigeants ont insisté sur la vitalité des échanges bilatéraux, en dépit des tensions politiques entre les deux pays. À ce propos, à une question sur l'éventuelle ingérence des Russes dans la campagne électorale en Allemagne, la chancelière a répondu que la « guerre hybride tenait apparemment une place importante dans la doctrine militaire russe » ; ce à quoi Vladimir Poutine a répondu en accusant les ONG étrangères de s'ingérer dans le processus politique en Russie. Angela Merkel a signalé qu'elle avait parlé au président Poutine de la situation des homosexuels en Tchétchénie et lui a demandé d'user de son influence pour protéger les minorités. Mais le principal point de discussion entre les deux dirigeants reste la situation en Ukraine. Vladimir Poutine accuse Kiev d'être responsable de la séparation de fait des régions indépendantistes de l'Ukraine, alors que Angela Merkel souhaite inverser cette tendance. Enfin, Vladimir Poutine a lancé un appel à Washington à propos de la Syrie, estimant que « sans la participation d'un pays comme les États-Unis, il est impossible de résoudre ces problèmes de façon efficace. » Muriel Pomponne, Moscou, RFI.

ZK :
Après cette rencontre directe avec Angela Merkel, Vladimir Poutine a eu une conversation, une discussion au téléphone avec Donald Trump.

FG :
Les deux présidents ont parlé notamment de la Syrie, et de la mise en place de zones humanitaires pour les civils. Mais aucune décision n'a été prise.

ZK :
En Syrie, justement, de violents affrontements entre le groupe État islamique et les Forces démocratiques syriennes.

FG :
Cinq kamikazes ont lancé un assaut dans un camp situé pas loin de la frontière avec l'Irak, un camp qui accueille des familles de déplacés syriens et de réfugiés irakiens. Ensuite des combats ont opposé les djihadistes aux Forces démocratiques syriennes, l'une des composantes de la rébellion activement engagée contre l'État islamique. Bilan total : au moins 38 personnes tuées, et des dizaines de blessés.

ZK :
En Turquie, le président Erdogan menace de dire « au revoir » à l'Union européenne.

FG :
Recep Tayyip Erdogan demande à Bruxelles d'ouvrir les discussions d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Ça fait plus de 20 ans que les discussions ont démarré, mais le processus en soi n'a pas commencé. Et ce n'est pas la première fois que Recep Tayyip Erdogan menace ainsi l'Europe, alors que les relations entre Bruxelles et Ankara se sont tendues depuis le durcissement du régime turc. À Istanbul, la correspondance d'Alexandre Billette.

Pour le président Erdogan, l'affaire est entendue : soit l'Europe accepte d'ouvrir tous les chapitres restants pour l'intégration de la Turquie – il y en a une vingtaine ; soit la Turquie dira « au revoir à l'Europe », c'est l'expression du président turc ; « nous ne sommes pas aux ordres de Bruxelles », a encore dit Recep Tayyip Erdogan. Depuis la campagne référendaire turque et les interdictions de meeting en Europe, les relations entre Ankara et Bruxelles sont plus mauvaises que jamais. Et le président turc semble bien décidé à vouloir rompre avec le projet de rapprochement européen. Notamment en évoquant un autre référendum sur l'intégration européenne, ou en menaçant de réintroduire la peine de mort. Jusqu'à maintenant cependant, malgré les menaces, Recep Tayyip Erdogan n'a jamais vraiment fermé la porte. Peut-être en raison des 3 milliards d'euros que reçoit Ankara grâce à l'accord avec l'UE sur les réfugiés... Peut-être aussi parce que l'Europe est le premier partenaire commercial de la Turquie, et achète près de la moitié de ses exportations. Alexandre Billette, Istanbul, RFI.

ZK :
Direction les Amériques, à présent, et d'abord les États-Unis, et la colère de Donald Trump après le compromis trouvé entre les Républicains et les Démocrates au parlement sur le budget.

FG :
Au Sénat, les Républicains doivent composer, doivent s'entendre avec les Démocrates parce qu'ils n'ont pas assez de sièges de sénateurs pour faire adopter les textes. Résultat, le projet qui doit être voté cette semaine, le projet de budget ne donne pas un dollar pour le mur que Donald Trump veut construire entre le Mexique et les États-Unis. Ils ne mentionnent pas non plus les coupes que Donald Trump réclame dans le budget des affaires étrangères. Alors sur Twitter, le président des États-Unis a manifesté son agacement, il veut changer les règles du congrès, et il va même jusqu'à souhaiter la fermeture de certaines administrations. RFI Washington, Anne-Marie Capomaccio :

La constitution américaine est basée sur le compromis, et cela n'est pas dans la philosophie Trump. Le budget ne peut être voté que si 60 des 100 sénateurs l'approuvent. Les républicains qui n'ont qu'une courte majorité au Sénat sont donc obligés de transiger, et les démocrates en ont profité pour faire retirer de la loi de finances tous les paragraphes disputés : le financement du mur, et les coupes claires dans les budgets du département d'État et de l'agence pour l'environnement. Le président de la chambre, Paul Ryan, tentait ce matin de montrer que ce texte de compromis présentait néanmoins de profonds changements. « Sous le président Obama, les démocrates insistaient pour que toute augmentation du budget militaire soit compensée par une dépense civile. C'était la règle Obama que nous avons dû subir pendant 8 ans ! Nous sommes arrivés au point où nos pilotes de l'armée de l'air étaient obligés d'aller chercher des pièces de rechange dans les musées pendant ces 8 années ! ».
L'exagération ne fait pas peur à Paul Ryan. Il faut dire que la fureur de Donald Trump est dans tous les esprits. Le président affirme dans un tweet matinal qu'il faut changer la règle. Comprendre « vider le marigot » pour en finir avec les compromis washingtoniens qui le freinent dans la réalisation de ses promesses de campagne. « Il vaudrait mieux fermer les administrations plutôt que de voter ce texte », écrit encore Donald Trump. Mais un « shut down » est trop risqué électoralement, et les républicains ne veulent pas en être responsables. Il ne reste que deux jours pour voter ce budget. Anne-Marie Capomaccio, Washington, RFI.

ZK :
Et maintenant, Florent, un mot de la crise au Venezuela.

FG :
Le président du Venezuela, hier, a annoncé la convocation d'une assemblée constituante, pour écrire une nouvelle constitution. Eh bien, le Brésil dénonce à l’instant « un coup d'État ».

ZK :
En France, la campagne présidentielle à la veille du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

FG :
Ce débat télévisé, vous pourrez le suivre aussi en intégralité sur RFI, à partir de 19 heures temps universel. Aujourd'hui, « la France insoumise », le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, a révélé les résultats de la consultation lancée auprès des partisans de Jean-Luc Mélenchon : que faire au second tour ? Dans leur immense majorité, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon disent qu'ils voteront blanc ou n'iront pas du tout voter. Seulement un tiers répond qu'il ira voter pour Emmanuel Macron. L’occasion pour nous de faire un point sur le programme d’Emmanuel Macron en matière de travail. Myriam Berber.

Le cœur du projet du candidat d’En Marche, c'est la décentralisation des négociations. Pour lui, la loi fixe des règles de base, comme la durée légale du temps de travail et le salaire minimum. Tout le reste, comme notamment les salaires, les heures supplémentaires ou le contrat de travail, devra être négocié dans les branches, voire les entreprises. C’est le principe de la loi du travail de Myriam El Khomri. Emmanuel Macron veut, également, reprendre la main sur l'assurance-chômage. Un système déficitaire géré conjointement par les syndicats et le patronat qui ne fonctionne pas et qui est déficitaire. Le candidat d’En Marche veut nationaliser le système. Emmanuel Macron préconise la même chose avec la gestion de la formation professionnelle. Il veut changer la gouvernance du système actuel, entre les mains des partenaires sociaux. Une grande révision de la formation professionnelle, pour la recentrer sur ceux qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire les moins qualifiés et les chômeurs.

FG :
22 h 10 à Paris, c’est la fin de ce journal en français facile. Très bonne soirée à tous.

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