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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« La campagne fera-t-elle le job ? »
Voilà un titre relevé hier dans Libération, titre jeu de mot pour présenter une enquête sur le travail des Français, le temps qu’il prend, la place qu’il pourra avoir dans la prochaine campagne présidentielle. Même si le calembour n’est pas très explicite, il a le mérite de nous présenter ce mot « job », très utilisé dans un français courant, familier.
Courant en France, mais bien plus encore dans d’autres zones francophones, le Québec par exemple où il est totalement banalisé, mais d’un emploi différent : au Québec, on ne dit pas « le job », on dit « la job » ! C’est au féminin.
Le mot vient de l’anglais d’Amérique où il est très fréquent, familier aussi. Et cette origine anglo-américaine s’entend encore dans la façon dont on prononce le « j » qui est à l’initiale, au début du mot. On ne dit pas « le job », on dit le « djob ».
Le mot en français est plus ancien qu’on ne saurait le croire : on le rencontre déjà vers le début du XIXe siècle. Et il s’est beaucoup répandu depuis les années 70.
Avec en France un sens d’abord assez précis : un job c’est un travail rémunéré. Alors il peut être intéressant ou pas, peu importe : on le fait uniquement pour gagner de l’argent. Un peu d’argent… Et ce mot s’est donc spécialisé pour désigner des emplois temporaires, en général dans lesquels on ne fait pas carrière : un job n’est pas un métier. Et c’est souvent comme ça qu’on parle des emplois des étudiants, qui financent leurs études, ou même qui travaillent uniquement pour payer leur vacances.

Alors, est-ce qu’on parle d’un petit job ? Pas vraiment : ce n’est pas la peine. Un job est nécessairement petit, donc inutile de le dire. En revanche on parle d’un petit boulot. Le sens est proche, mais l’expression s’applique moins aux emplois d’étudiants. Un petit boulot, c’est un emploi précaire, qui aide à survivre, qui n’est pas destiné à évoluer durablement, où l’on ne s’investit pas beaucoup. Et plus qu’avec le job, on y sent une certaine difficulté de la vie : on a pris ça faute de mieux, parce qu’il faut bien subvenir à ses besoins, gagner un petit peu d’argent. Mais le petit boulot ne correspond pas à un bonheur au travail. Untel voulait devenir écrivain, mais c’est bien difficile de vivre de sa plume. Alors il a enchainé les petits boulots : pompiste, docker, livreur de pizzas, toiletteur de chiens, gardien de nuit. Non que toiletteur de chiens soit un sot métier. Mais dans cet exemple, notre toiletteur a d’autres ambitions.
Et le petit boulot de désigne rien d’autre. Alors que le job, devant son succès, a des significations qui se multiplient : de plus en plus on parle de job comme synonyme de profession, d’activité : il a été nommé directeur des ventes : c’est un bon job !
On peut l’entendre, mais ça, on ne l’entendait pas il y a une trentaine d’années.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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