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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un coup de pouce pour les instituteurs.
On l’a appris, la ministre de l’Education l’a déclaré : la prime annuelle des instituteurs sera sensiblement augmentée. C’est bien ce qu’on appelle un coup de pouce : une augmentation, pas énorme peut-être, mais sensible.
Et ça concerne les instituteurs, et les institutrices. J’insiste là-dessus parce que le féminin existe – le mot est souvent féminisé et la fonction est quand même assez féminine. Il y a en France plus d’institutrices que d’instituteurs.

Et on sait bien qui ça concerne : il s’agit des enseignants qui travaillent à l’école primaire, et à l’école maternelle. Et on voit bien que le mot instituteur appartient au langage courant. Souvent d’ailleurs, il est abrégé. On dit instit’ : « Oh j’ai une bonne instit’ cette année ! », « l’instit’ de ton fils, de ta fille ». Ou même chez les gens qui font ce métier, très souvent on dit « Moi je suis instit’ ».
Ça peut se comprendre d’ailleurs : instituteur, ça fait quatre syllabes, pour le vocabulaire français c’est relativement long. Et instituteur, malgré tout, fait bien officiel, alors que le mot ne l’est plus. Car à l’école primaire comme à l’école maternelle, les enseignants ont maintenant le titre officiel de « professeurs des écoles ».  Parce que le titre d’instituteur était considéré comme minorant. Leur statut n’a pas radicalement changé, mais on leur donne maintenant le titre de professeur, même s’il s’agit de professeur des écoles. Ce qui les met un peu sur le même plan que leurs collègues du secondaire, qui enseignent dans les collèges et les lycées. Ou même que les enseignants du supérieur qui sont aussi des professeurs.
Leur image a donc été revalorisée d’un point de vue symbolique, même si bien sûr ce titre de professeurs des écoles est peu utilisé parce qu’il fait officiel. Cette appellation n’est pas si fréquente, ni comprise du grand public.

Alors, ce qui vient de se passer pour les professeurs des écoles – l’appellation qui remplace instituteurs – redouble un peu une situation du passé. Car pendant longtemps, ces enseignants, les instituteurs, on les a appelés comme ça pour ne plus les appeler « maitres d’école », ou « maitresses d’école ». Le terme d’instituteur leur donnait déjà beaucoup de sérieux. Ce qui n’a pas empêché l’appellation « maîtres d’école » de vivre longtemps après que la dénomination ne correspondait plus à une position officielle. Et d’ailleurs on s’en sert encore : « Tu as un maître ou  une maitresse cette année ? » On demande ça aux enfants.
Le mot sert souvent d’appellatif : les enfants très souvent quand ils vont à l’école appellent le professeur « maitre » ou « maitresse ».

Quant à cette expression « maitresse d’école », elle a parois un usage figuré, légèrement péjoratif. Pour parler de quelqu’un d’autoritaire, ou quelqu’un qui prétend tout savoir : « Qu’est-ce que c’est que ce ton de maitresse d’école ? »
Et le fait qu’au figuré l’expression soit utilisée au féminin est encore probablement un signe du bon vieux machisme de la langue.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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