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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

C’est est fini des TGV ? Vont-ils changer d’aspect, d’image après avoir changé de nom ? En tout cas ce changement de nom s’est fait remarquer, d’abord parce qu’il ne s’est pas déroulé comme il était prévu ; ensuite parce que le sigle TGV était si bien entré dans les habitudes françaises qu’on se demande si un nom tout nouveau pourra le remplacer avantageusement. Il est vrai que ce nom désigne les services proposés par la SNCF et non le matériel lui-même ; Les TGV existent encore !  Il est vrai qu’il se décline sur toute une gamme, et qu’on a déjà entendu parler de oui.sncf, de oui-go pour les voyages à prix peu élevés avant d’arriver à cet inoui pour les prestations plus luxueuses. Alors que penser de ce nouveau nom ? Il utilise le « oui » dont on sait qu’il est souvent vendeur et convaincant, notamment sous l’influence du fameux « yes » américain. In est un préfixe qui tire son origine d’une préposition anglaise plutôt positive également. Et l’astuce est que justement, inouï est un mot français, pas si courant que ça, mais au sens lui aussi plutôt positif. Et quasiment toujours figuré.

Alors voyons son sens littéral : inouï est formé sur le participe passé du verbe ouïr. Donc ce qui est inouï est ce qu’on n’ jamais entendu. Un sens absolument sorti d’usage aujourd’hui, au profit du sens figuré : ce qui est inouï c’est ce qui est extraordinaire. C’est le type même du mot intensif, qui peut d’ailleurs avoir un sens positif ou négatif. Négatif car il exprime souvent un sentiment d’indignation. Nous faire poireauter ainsi sous la pluie pendant une heure ! Et sans explication ! C’est inouï ! C’est-à-dire « on n’a jamais vu ça ! C’est du jamais vu ! » Et souvent on prononce le mot avec un ton scandalisé : On se moque ne nous ! Mais on peut aussi bien parler d’une beauté inouïe, d’une originalité inouïe. Et comme le mot n’est pas d’un emploi si fréquent, il a gardé une certaine force. Enfin, pour d’autres emplois, il souligne simplement le sens général de ce qu’il qualifie : il a été jeté par terre avec une violence inouïe. C’est plus qu’une grande violence : on n’est pas loin de l’idée que c’est inimaginable.

Quant à la construction du mot, on la comprend facilement : il s’agit du contraire de ouï. Mais ce mot ouï existe-t-il ? Plus guère. Il appartient à la conjugaison du verbe ouïr qui lui aussi ne fait plus partie de la langue courante d’aujourd’hui. Mais en ancien français, il évoquait le fait de percevoir des sons. C’est-à-dire qu’il tenait la place occupée de nos jours par le verbe entendre. Entendre n’existait donc pas ? Si mais avec un sens particulier, celui de comprendre, d’appréhender intellectuellement !

Mais si ouïr est sorti d’usage, il a laissé une expression toute faite encore vivante : ouï-dire. C’est donc un genre de mot composé, qui évoque une rumeur, une information qui circule, mais qu’on n’a pas vérifiée. Ce ne sont que des ouï-dire, c’est-à-dire des bruits qui courent. Et parfois, mais de manière un peu ironique, et un peu précieuse, on peut décomposer l’expression et l’employer en la conjuguant : j’ai ouï-dire qu’il allait se marier !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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