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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Polémique et indignation résonnent en France depuis qu’on a appris le refus d’inhumer le corps d’un bébé dans la commune où habitent ses parents, dans la région parisienne.

Donc, on entend beaucoup ce mot inhumer – le verbe inhumer, le nom inhumation – tout cela exprimant une action bien funèbre.

Qu’est-ce que ça veut dire inhumer ? On entend encore la racine du mot : ça évoque ce qu’on place dans l’humus. Et l’humus, un mot latin, mais également un mot français, passé sans modification dans notre langue, signifie la terre, la terre meuble – qui n’est pas trop dur – qu’on trouve à fleur de sol. Ce verbe inhumer ne s’emploie que pour évoquer cette pratique funéraire.

Et il est d’ailleurs un peu technique et en même temps administratif : on parle d’un refus d’inhumer, aussi parfois d’un permis d’inhumer, délivré par un médecin, et qui indique qu’une mort n’est pas suspecte, qu’on peut disposer du corps. Alors que si on refuse un permis d’inhumer ou tout au moins qu’on en retarde la délivrance, c’est qu’on pense qu’il faut peut-être examiner le corps de plus près, éventuellement ordonner une autopsie pour s’assurer des causes de sa mort.

Mais inhumer et inhumation correspondent à deux mots plus courants, plus ordinaires et qui eux n’ont rien d’administratif : enterrer et enterrement. Et on sent bien que l’image est exactement la même : on met quelqu’un en terre, on l’enterre ; ou, comme on le dit de façon plus solennelle, on le porte en terre – une formule moins fréquente qui porte le signe du rituel, de la cérémonie. L’important n’est pas seulement dans la pratique, mais dans les gestes symboliques qui marquent le passage de la vie à la mort, qui permettent que s’exprime le chagrin, que se mette en place le souvenir.

On utilise parfois le verbe ensevelir. Lui non plus n’est pas réservé à un sens mortuaire. Et comme enterrer, il indique bien cette idée d’une certaine profondeur, au sens le plus concret : les derniers devoirs qu’on rend à un mort consiste bien souvent à soustraire le corps aux regards des vivants, à le retrancher du monde des vivants. Ensevelir c’est mettre dans un creux de la terre, et recouvrir ensuite – comme enterrer. Et on parle de sépulture de façon assez vague : il s’agit de l’endroit où le corps du défunt a été déposé, pourvu que le geste ait été accompli avec cette intention de remplir les devoirs dus aux morts.

La tombe et même le tombeau ne sont pas nécessaires pour qu’on parle de sépulture, mais l’endroit où repose le corps est considéré comme consacré. Et les morts sans sépulture sont ceux dont les corps n’ont pas été retrouvés, devant lesquels un geste ou une parole cérémoniale n’ont pu être prononcés. C’est ainsi qu’on peut dire, à la limite, que la mer est la sépulture, comme on dit la dernière demeure, de ceux qu’on y jette lorsqu’ils sont morts. Et la pratique en était très courante, sur les bateaux, du temps où les traversées étaient si longues, qu’on ne pouvait, en cas de décès, garder le corps sur le bateau jusqu’à ce qu’on aborde à terre.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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Coproduction du réseau CANOPÉ.
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