#Français de l’actualité

Hameçonnage

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Attention au filoutage ! Attention à l’hameçonnage ! Deux mises en garde qui utilisent deux mots différents, aux sens d’ailleurs différents. Pourtant, le mot filoutage avait été choisi et proposé par le site de néologie France Terme qui préconise de remplacer des mots anglais par leurs équivalents français. On nous conseillait donc d’éviter le mot phishing. Mais le filoutage, c’est un peu vague : il s’agit de se faire filouter, c’est-à-dire escroquer. Et les escroqueries, hélas sont nombreuses et diverses.

Le mot hameçonnage, lui, a été inventé au Québec, dans le même souci, et un peu auparavant. Et le hameçonnage est plus précis, et désigne une ruse informatique. Il s’agit d’inciter quelqu’un à se connecter à un site internet frauduleux, qui se fait passer pour un autre. On fait croire, par exemple, à la victime que son compte a été déconnecté, ou désactivé, ou qu’il faut le redynamiser. La malheureuse proie est ainsi amenée à prendre contact avec un site qui est la copie conforme de celui auquel elle a ordinairement affaire. Elle on lui fait alors partager des informations confidentielles qui serviront aux escrocs pour utiliser son compte. 

Le terme d’hameçonnage est astucieusement trouvé : en effet on attire le naïf pour qu’il se découvre petit à petit, on le met en confiance, on le ferre. Les mots sont empruntés au vocabulaire et aux finesses de la pêche. Et on sait bien ce qu’est un hameçon : un crochet fixé au bout d’une ligne, et au bout duquel on fera pendre un appât. On tente donc le poisson, avec une apparente douceur, sans hâte pour mieux le berner et l’attraper.  

Le hameçon est depuis longtemps lié à ces techniques de séduction perverse. On dit de quelqu’un qu’il mord à l’hameçon lorsqu’il se laisse prendre au piège qu’on lui tend, que l’appât du gain l’emporte sur la prudence. 

Et ces deux mots appât et hameçon sont à l’origine d’images assez semblables. Ils sont en effet, au départ, associés à la même pratique, alors qu’ils désignent deux objets différents : le crochet et le vermisseau. 

L’appât est en effet ce qui fait envie. Et le verbe appâter, plus fréquent qu’hameçonner, représente cette idée qu’on tente quelqu’un. Souvent avec de mauvaises intentions, mais pas toujours : j’aimerais bien qu’il vienne en vacances avec nous, et je l’ai appâté en lui parlant de la piscine. 

Mais ce mot d’appât est étonnant en français. Au pluriel, il prend un « s », mais perd le « t » final et l’accent circonflexe. Et son sens change aussi : il renvoie essentiellement aux séductions féminines qui attisent le désir, et notamment à un décolleté qui trouble.  

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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