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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Cheikh Oumar Cissoko, ancien ministre de la Culture, dit ne plus reconnaitre l’autorité du Premier ministre malien et demande sa démission.

Une déclaration assez retentissante, qui montre bien que tout le monde n’est pas toujours d’accord au sein de l’autorité de transition du Mali. Un coup de gueule, dit RFI. Et il s’agit bien de ça : une manifestation de désaccord, et souvent de mauvaise humeur, faite avec force pour provoquer un choc et peut-être faire bouger les choses. Une gueulante : les deux formules sont assez proches et faciles à comprendre.

On voit aussi que pour montrer la force et l’impact de ces propos, RFI n’hésite pas à recourir à un langage familier. C’est bien lui qui fera comprendre ce style de coup de poing sur la table.

Coup de gueule et gueulante sont en effet des expressions familières. Comme à peu près toutes les locutions formées autour de ce mot.

La grande gueule représente souvent celui qui est coutumier des coups de gueule : une personne qui ne craint pas de dire ce qu’elle pense, et vertement, même si cela déplait à l’autorité ou simplement à l’interlocuteur.

La sale gueule, c’est le visage antipathique. Et on sait combien cette opinion qui consiste à trouver quelqu’un antipathique – est subjective : on peut avoir une sale gueule pour quelqu’un et une gueule d’amour pour un autre… Mais c’est bien là qu’il faut chercher l’origine du célèbre délit de sale gueule : une manière imagée de pointer du doigt des contrôles policiers qui ciblent plus ceux ou celles qui appartiennent à des minorités. Comme s’ils étaient plus suspects au départ que les autres.

Casser la gueule à quelqu’un, on sait ce que c’est : le frapper violemment. Et le sens est bien différent quand on met le verbe à la forme pronominale : se casser la gueule, c’est tomber, en général en se faisant mal. Et dans ces deux cas, si l’on remplace gueule par figure, la familiarité, sans disparaitre totalement, s’amenuise.

Enfin l’interjection « Ta gueule ! » pour dire « Tais-toi ! » est franchement insultante en même temps qu’elle est impérieuse.

Bizarre tous ces exemples qui donnent à ce mot un sens péjoratif ! Il n’a pourtant rien de vulgaire a priori : la gueule, c’est la partie qui correspond au visage chez certains animaux. Notamment le chien et le loup. Et on utilise tout spécialement le mot lorsqu’il s’agit d’une partie allongée, et avec des dents qui parfois font peur : gueule du tigre, gueule du crocodile… La plus connue, la plus courante, est bien sûr celle du chien. Mais le chien est un animal domestique, qui en général ne fait pas peur : il protège plutôt qu’il ne menace. Il n’en va pas de même du loup qui justement concentre des peurs nombreuses. C’est bien ce qui explique une expression comme se jeter dans la gueule du loup, qui signifie se placer, sans l’avoir voulu, mais comme par un fait exprès, dans la situation la plus périlleuse, et presque s’offrir aux coups de l’adversaire.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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