#Français de l’actualité

Grand oral

mots-actu_g.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La période du bac en France est ouverte depuis hier ! Un baccalauréat, pour lui donner son nom complet qui aborde sa énième réforme ! Cet examen mythique, ce pivot symbolique des études, et ce marqueur social, cette étiquette si importante qui s’accole aux personnalités, tout au moins en France, est encore transformé. Les épreuves elles-mêmes ont donc moins d’importance puisque les notes de l’année, ce qu’on appelle le contrôle continu, pèsent pour beaucoup. Mais il y a encore des sessions à passer : écrites, et surtout orales. Et c’est l’une des particularités de ce que sur RFI, hier encore, on appelait le bac Blanquer, du nom de l’actuel ministre qui a mis cette réforme en place. En effet, l’importance relative des éléments écrits et oraux change et peut-être même s’inverse. On l’apprenait ainsi sur RFI, « l'épreuve reine de ce baccalauréat est désormais le Grand oral où l’élève devra démontrer sa capacité à prendre la parole en public ».

L’idée n’est donc pas uniquement de tester les connaissances du candidat, mais aussi, et peut-être surtout, d’évaluer ses capacités à s’exprimer clairement, à capter l’attention de ses interlocuteurs, à être convaincant. Cette étape a donc pris du galon, de l’importance, ce qui explique d’ailleurs cette dénomination « Grand oral », appellation prestigieuse qui accentue son côté décisif.

L’origine de lexpression est à rechercher dans le jargon des concours, notamment celui dentrée à lENA, lEcole nationale dadministration qui vient de disparaitre, remplacée par une autre structure, mais dont le souvenir et l’auréole restent encore présents dans la culture française. Un concours difficile permettait d’y entrer. Et au-delà de l’écrit, qui servait d’écrémage, il ne restait que les concurrents les plus compétitifs, et on savait quil ny aurait pas de place pour tout le monde. Après les épreuves les plus techniques, on arrivait à cet oral, où nimporte quel membre du jury pouvait poser nimporte quelle question, souvent dailleurs pour déstabiliser, pour juger de l’aplomb, de l’à propos, de la répartie, et de la culture générale. En fait, il s’agissait bien de jauger le candidat, voir comment ils se comporte. Et cest souvent à lissue de cette épreuve que se décidait qui entrerait à lÉcole, entre deux candidats qui se tenaient.

Cette expression, Grand oral a pu avoir un aspect non seulement prestigieux, mais un peu prétentieux : elle montrait bien en quelle estime l’ENA se tenait elle-même. Mais la formule a eu du succès, et on a pu l’appliquer à d’autres circonstances. Et maintenant, elle revalorise ces nouvelles épreuves du bac.

Lorsqu’on parle d’un oral, on sait que souvent on fait référence à une épreuve d’examen ou de concours. Mais c’est une manière d’abréger l’expression épreuve orale ! Cette opposition oral/écrit vient essentiellement du milieu scolaire. Dans la vie courante, pour qualifier la parole, on utilise plus couramment le mot « verbal » : promesse verbale, agression verbale.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias