#Français de l’actualité

Génocide

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Au cœur de notre actualité, il y a évidemment pour commencer la semaine, ce mot terrible de génocide. En effet, l’administration américaine, par la voix du président Biden vient de reconnaître le génocide arménien de 1915 et évidemment, le pourvoir turc, comme l’Azerbaïdjan, ne sont pas contents. Et ce génocide est le troisième dont la noirceur assombrit le XXe siècle, même s’il en est d’autres que peut-être on connait moins. Le génocide arménien donc, ce qu’on appelle la Shoah, génocide des Juifs par les nazis, auquel il faut ajouter celui des Tziganes, et le génocide des Tutsis en 1994. Et s’il est important de réfléchir à ce mot, c’est que précisément, la polémique tient autour de son choix. Le pouvoir turc reconnait des massacres qu’il faudrait relativiser : tueries de part et d’autre, dans le cadre d’une guerre civile qui se serait déroulée en Anatolie ! Les torts seraient donc partagés !

Alors que bien entendu, lorsqu’on parle de génocide, il s’agit de l’élimination unilatérale d’un peuple, d’un groupe humain par un autre. Élimination programmée, et mise en place par un pouvoir, de manière organisée et systématique, en faisant intervenir une armée, mais aussi des populations civiles qu’on pousse à seconder ce processus par des meurtres légaux. Meurtre ? Oui hélas, c’est bien de cela qu’il s’agit, et on peut même dire assassinat : il s’agit bien de tuer délibérément, de tuer en voulant tuer, pour supprimer toute une population.

Le mot a un dérivé, génocidaire, qu’utilise aussi bien comme substantif que comme adjectif, et il apparait, en anglais d’abord, en 1944, à la fin de la deuxième Guerre Mondiale. Forgé de façon mixte : à l’aide d’un premier élément, génos, qu’on emprunte au grec, et qui signifie peuple. Et d’un deuxième, -cide, qui lui est emprunté au latin, et qu’on trouve par exemple dans le verbe occidere, tuer. Jusque dans sa formation, le mot est monstrueux. Mais bien d’autres lui font écho et expliquent sa formation. Homicide d’abord : meurtre d’un être humain (et non pas d’un homme bien sûr, si l’on insuffle une notion de genre à ce mot !). Et au-delà, on a toute une série de termes qui évoquent des meurtres d’autant plus inexcusables semble-t-il, qu’ils se font dans le cadre de la famille : parricide d’abord, déformation probable d’une patricide - mais ce mot n’existe pas sous cette forme. Et de plus, le parricide, dans sa prononciation, peut évoquer le meurtre d’un parent, même si ce dernier terme n’appartient pas à la même famille. Puis infanticide, qui s’emploie surtout, mais pas uniquement, dans le cas d’un nouveau-né tué parce qu’on n’en veut pas.

Enfin, la formation étant active, on a entendu parler depuis les années 70, et grâce à l’ethnologue Robert Jaulin, d’ethnocide : la suppression d’un peuple et de la culture qui le portait.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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