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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La Croix-Rouge américaine est sur la sellette. C'est-à-dire qu’elle est mise en cause parce que cette organisation est contestée à propos de la manière qu’elle a eue d’organiser les secours en Haïti depuis le tremblement de terre.

Et en particulier, on l’accuse d’avoir gaspillé des sommes très importantes qu’elle avait reçues pour venir en aide aux victimes du séisme.

L’accusation de gaspillage, c’est grave. Mais attention, ce n’est pas non plus une accusation de détournement de fonds, de prévarication. L’accusation ne porte pas sur l’honnêteté de l’organisme, mais plutôt sur son intelligence, en tout cas sur son efficacité.

Si l’on gaspille, c’est que l’on n’a pas bien dépensé l’argent dont on avait l’usage. Et en particulier qu’on l’a dépensé sans avoir le retour escompté : on a trop payé pour ce qu’on a acheté, trop payé pour telle chose qui valait beaucoup moins, ou encore on a acheté ce dont on n’avait pas besoin. La gestion est mauvaise.

Et le gaspillage est souvent une notion qui correspond au gâchis : la relative ressemblance entre les deux mots permet d’ailleurs qu’on comprenne l’un par rapport à l’autre. On gaspille, on gâche. Comme si gaspiller était une modalité de gâcher, ou même de gâter. Un exemple : si pour nourrir la population d’un village de cent personnes, on amène de la nourriture pour cinq cents personnes, on sera obligé d’en jeter les quatre cinquième : c’est bien là qu’il est le gaspillage. Si on invite cinq personnes à dîner et qu’on fait du riz pour dix, on va jeter ce qu’on n’aura pas mangé. C’est du gaspillage.

Alors quand on gaspille, ce n’est pas qu’on est trop généreux, ce n’est même pas qu’on est trop dépensier ; c’est qu’on paye pour rien. Si on s’achète une voiture luxueuse, même si on n’en a pas vraiment les moyens, est-ce du gaspillage ? Si on profite de la voiture, si on est très content, ce n’est pas du gaspillage. C’est le fait de vivre au dessus de ses moyens, ça d’accord, mais on ne gaspille pas. En revanche, si on paye des sommes folles en contraventions, parce qu’on n’a pas la patience de chercher une place permise et qu’on se gare n’importe où, c’est un peu du gaspillage. On n’achète rien, on paye pour rien sans rien avoir en retour ; on paye des amendes.

Le gaspillage est une notion qui a été en particulier mise très à la mode au moment des premières crises de l’énergie, au milieu des années 70. On faisait la chasse au gaspi. Ça a été un slogan publicitaire qui a eu pas mal de succès. Le gaspi – diminutif – un mot familier inventé à l’époque. La pensée écologique commençait juste à avoir droit de cité ; on commençait à réfléchir sur les attaques infligées par l’homme à la planète. La pensée de la mesure faisait son chemin ! Et le gaspi avait l’air d’être un petit animal malin peut-être mais pas très sympathique : nuisible, dont il fallait se débarrasser.

Cela dit, le gaspillage est une notion qu’on utilise aussi beaucoup au sens figuré : on peut gaspiller son temps : ça arrive tous les jours. Gaspiller son énergie, c'est-à-dire se donner beaucoup de mal inutilement. Ou même gaspiller ses idées, c'est-à-dire les donner à ceux qui devraient les utiliser, mais n’en feront rien. Là encore, on gâche, on perd, on galvaude.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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Gaspillage

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