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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Juste après la démission de Bruno Le Roux de son poste de ministre de l’Intérieur, c’est Matthias Fekl qui est nommé à cette fonction. Le premier flic de France a changé ! Et c’est cette expression que j’ai entendue sur RFI. En effet, l’une des missions du ministre de l’Intérieur est de diriger la police, donc les policiers, donc les flics ! Flic : un mot très courant, et bien sûr un peu familier : certainement pas un mot officiel. Et qui est parfois péjoratif, mais pas toujours. La preuve ! Quand on parle du premier flic de France, ça a un côté presque majestueux. Et souvent on a entendu dire, à propos et tel ou tel commissaire, « C’est un grand flic ! ». Pris au sens propre, le terme n’est pas péjoratif, pas insultant : tout dépend qui l’utilise, dans quelles circonstances et sur quel ton. Mais il s’est beaucoup banalisé : on dit couramment « j’appelle les flics » pour dire « j’appelle la police » : J’ai assisté à une bagarre dans la rue… j’ai appelé les flics. On m’a forcé ma porte… j’ai été chez les flics pour porter plainte !

En tout cas, flic a des dérivés dont la tonalité n’est pas la même : la flicaille par exemple : singulier collectif et vaguement méprisant est bien plus négatif. Il faut dire que cette terminaison –aille est souvent en français liée à une idée de pluriel anonyme. Elle renvoie l’idée d’une foule qu’on regarde de haut, d’un œil souvent méprisant : la valetaille, pour les domestiques, quand on dit ça, on se range dans le camp des maitres ou tout au moins de ceux qui ne sont pas aux ordres… La piétaille, qui désigne au départ l’infanterie, les soldats qui vont à pied, et dont le sens a glissé pour évoquer les subalternes, les sans-grades. Ou la marmaille, la masse des marmots criards.

Mais revenons à notre flic ! Ce mot qu’on entend tout le temps, on ne sait pas exactement d’où il vient. D’une langue germanique, c’est sûr, allemand probablement, néerlandais peut-être. En argot allemand d’il y a plus de quatre siècles, un flicke, c’est un garçon. La filiation est possible. Mais fliege veut dire mouche, ou mouchard, et ce mot qui désigne un indicateur a peut-être glissé pour désigner celui qui utilise l’indicateur.

En tout cas, l’idée de surveillance est restée associée, peut-être pas au nom flic, mais certainement au verbe qui en dérive : fliquer : un mot très courant lui aussi et tout à fait familier. Fliquer signifie simplement espionner. Mais pas quand on est espion professionnel ; pas non plus quand on est dans la police ! Le terme se rencontre dans un contexte privé ou professionnel : un mari jaloux flique sa femme, il ouvre son courrier, explore son téléphone, pose des questions insidieuses ; un patron soupçonneux flique ses employés, les soupçonnant de le voler, doutant de leur loyauté, surveillant les heures d’entrée et de sortie !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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