#Français de l’actualité

Fenêtre

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les policiers français défilaient hier sous les fenêtres de la garde des Sceaux à Paris.

C’est ce qu’on a lu et entendu dans toute la presse française. Une manifestation policière donc qui s’en prend à l’administration de la justice, et à celle qui la représente, et qui la dirige en ce moment, la Garde des Sceaux Christiane Taubira.

Est-ce que les policiers – des policiers – ont réellement, littéralement défilé sous les fenêtres de la Ministre, je n’en sais rien. Mais l’expression est attestée, et assez traditionnelle : on se place sous les fenêtres de quelqu’un quand on veut l’interpeller, aller le chercher là où il est, en soupçonnant que peut-être il fait l’absent.

Donc, quand on parle des fenêtres de Madame Taubira, on ne parle pas de son bureau. On imagine qu’il s’agit de son appartement privé, un lieu de repli possible, un lieu de l’intime où on veut aller la chercher. Alors, c’est assez violent, parce que c’est une façon de court-circuiter les hiérarchies, et les rapports officiels que de manifester sous les fenêtres de quelqu’un.

On manifeste, c'est-à-dire qu’on fait du bruit ! On peut crier, scander… On peut aussi taper sur des casseroles, faire du tapage, du tohu-bohu, comme un bruit de base, qui n’a pas de sens précis, sinon qu’il veut se faire entendre et déranger.

Alors bien sûr la fenêtre, c’est le mot qui exprime ce symbole de la transparence et de la jonction entre le dedans et le dehors : on se met à sa fenêtre pour voir ce qui se passe dans le monde, tout en restant chez soi : on se fait voir, on donne de ses nouvelles, mais sans trop s’impliquer : on met le nez à sa fenêtre ! Expression qui existe même si elle est un tout petit peu vieillie.

Et puis bien sûr le mot peut apparaître dans des expressions très figurées, comme « jeter l’argent par les fenêtres », qui n’a pas de rapport avec les précédentes. Ça signifie tout simplement dilapider, dépenser l’argent à tort et à travers, sans nécessité, avec excès.

On est au-delà de la générosité, de la largesse. Avec une image de dépense un peu ostentatoire – on se fait voir, on fait des folies alors que ce n’est pas vraiment nécessaire. Car lorsqu’on emploie cette expression, c’est toujours pour montrer du doigt ce comportement, le relever pour le critiquer.

Enfin une fenêtre ce peut être juste un moment, en général assez court, propice pour faire quelque chose. Comment un instant qu’on peut ouvrir dans un calendrier très chargé, qui interdit toute fantaisie le reste du temps.

Et on parle même de fenêtre de tir, en astronautique, pour définir le meilleur moment pour envoyer une fusée dans l’espace.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

 

 

 

 

Coproduction du réseau CANOPÉ.
http://www.reseau-canope.fr/

 

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