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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Journée particulière aujourd’hui : 8 mars journée de la femme ou journée des femmes ?
Journée DES femmes bien entendu ! Même si les distraits, les étourdis ou peut-être les malveillants emploient, en général sans penser à mal, l’expression au singulier alors que chacun devrait savoir qu’on parle des femmes.

Alors il est vrai que l’ONU francophone pendant longtemps a parlé de la journée internationale de la femme alors que le gouvernement français, en général, envisage la journée des femmes et même des droits des femmes, et que les militants et militantes parlent de journée de lutte pour les droits des femmes.

Y a-t-il une différence très sensible entre l’une et l’autre formulation ? Eh bien oui, c’est bien pour cela que la bataille a pu faire rage entre les deux appellations et les camps qui soutenaient l’une ou l’autre.

 « La » femme est un symbole. En tout cas cette appellation renvoie à ce genre de sens. Et on n’est pas si loin de « L’Eternel féminin ». Et il y de fortes chances que cet « éternel féminin » ait été inventé par un homme. C’est donc une certaine idée de la femme, idéalisée probablement mais en même temps figée, corsetée dans un moule qu’on n’a pas le droit de briser, de changer. Alors on peut déjà s’apercevoir que cette idée unique de la femme la fait échapper à l’histoire : la preuve, on lui colle ce mot d’éternel. Donc ce qui est éternel n’est pas historique.
On l’appelle « éternel » comme s’il y avait une permanence d’une femme quelle que soit la société, l’époque, l’endroit dans lequel elle vit. Le singulier parfois est tenté de ne reconnaître aux femmes qu’un seul rôle, duquel elles ne doivent pas s’écarter : la femme au foyer, la femme, douce, séduisante, modeste, etc.
Alors que si l’on parle des femmes, on a plus de chance de reconnaître la multiplicité de leur condition, de leur situation. Les organisations féministes d’ailleurs ne s’y sont pas trompées. On parle du mouvement des femmes, des éditions des femmes, et en anglais on a parlé et on parle encore du women’s lib au pluriel : le mouvement pour la libération des femmes.

On avait d’ailleurs eu la même ambiguïté à propos du mot homme. Parler de l’Homme, au singulier, et avec une majuscule, c’est peut-être le mettre au centre de la création, reconnaitre qu’il est mortel, qu’il est né pour souffrir. Mais ça cache aussi le fait que certains souffrent plus que d’autres, et que certains souffrent parce qu’ils sont opprimés par d’autres.  Et le problème se retrouve exactement au niveau des femmes.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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