#Français de l’actualité

Embarcation

mots-actu_e.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Une semaine tragique qui a très mal commencé, avec des morts très nombreux parmi les candidats à l’immigration qui tentent de traverser la Méditerranée pour quitter l’Afrique et atteindre l’Europe.
Il s’agit donc bien sûr de ceux qui s’embarquent tant bien que mal pour essayer ensuite de débarquer de l’autre côté. On voit le mouvement : ils embarquent et ils débarquent.

Et dans ces deux verbes embarquer et débarquer, bien sûr, on entend qu’il s’agit de barque. Parce qu’ils prennent place à bord d’un bateau : une pirogue, un cargo. Qu’importe le type du navire pourvu qu’il flotte et qu’il traverse. Mais justement, s’ils embarquent, c’est qu’ils prennent place à bord d’une embarcation. Et c’est ce mot-là qu’on emploie le plus – par exemple dans les informations.

Pourquoi ? D’abord probablement parce qu’il est vague et qu’il peut s’appliquer à des bateaux très différents. Est-ce que pour autant il convient pour tous ? Non pas vraiment. Si l’on parle du paquebot France – qui n’existe plus aujourd’hui -, ou du Queen Elizabeth, ou même du Titanic, on ne parlera pas spontanément d’embarcation. Les paquebots, les transatlantiques sont trop gros, trop officiels peut-être pour être désignés par ce mot. En fait on parle d’embarcation quand on veut rester imprécis. Le mot n’est pas au départ péjoratif, et pourtant il s’emploi souvent pour désigner un bateau de fortune.

Alors y a-t-il d’autres mots pour nommer justement ces navires et en particulier s’ils ne sont pas parfaitement neufs ou parfaitement sûrs.

Le premier qui vient à l’esprit, c’est rafiot ! Le mot évoque un vieux bateau – c’est du vocabulaire familier – abimé par le temps et l’usage, et donc un peu suspect quant à la sécurité qu’il offre. Rafiot est un mot ancien, et au départ, il était bien plus technique et moins négatif : un petit bateau équipé d’une seule voile et de rames, qu’on ne trouvait qu’en Méditerranée. Et avec la disparition de ce modèle, le terme est resté dans la langue, avec un effet familier, et reste attaché à une embarcation peu engageante.

Et puis, de façon plus familière encore, on parle de coquille de noix. L’image est claire : une coquille de noix, ça flotte, c’est sûr, c’est insubmersible pratiquement. Mais c’est très léger et peu stable. Ca se retourne facilement, et c’est balloté au gré de n’importe quelle vague !

Alors on a aussi d’autres mots familiers, un peu anciens, et parfois oubliés : le barlu, la baille, le patouillard ; plus personne n’en parle. Pourquoi un patouillard ? Parce qu’il patouillait bien sûr, c'est-à-dire qu’il pataugeait. Pourquoi la baille ? Parce que c’est un nom argotique qui aujourd’hui désigne la mer mais qui au départ désignait simplement un bateau. Et pourquoi un barlu ? Le barlu, c’est tellement vieux que plus personne ne prononce ce mot et qu’on ne sait plus pourquoi un vieux bateau s’appelle un barlu.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Canopé

Coproduction du réseau CANOPÉ.
http://www.reseau-canope.fr/

 

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Embarcation

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.