#Français de l’actualité

Effondrement

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La participation aux élections municipales s’est-elle effondrée ? Il est peut-être excessif de le dire. Et d’ailleurs, techniquement, ce n’est que le taux de participation qui a baissé. Et l’expression se comprend si l’on se souvient que cette participation peut être figurée, représentée par un diagramme, un petit schéma, avec une courbe, ou parfois un segment de droite qui indique le pourcentage de votants en 2014 et le taux d’aujourd’hui. Alors forcément, le trait descend. Plus il descend fort, plus il indique une différence entre le nombre de votants il y a six ans et ce nombre aujourd’hui. S’il descend très fort, on dira que le taux s’effondre. Pourquoi s’effondrer ? Parce que le mot correspond à l’idée d’une chute ! Et s’effondrer, c’est bien tomber ! Mais tomber fort, tomber brusquement. Il y a quelques jours on évoquait le krach de la bourse. Ce mot ne s’applique pas à autre chose qu’à la vie économique. En revanche, beaucoup de choses peuvent s’effondrer. Au sens propre, au sens littéral d’abord : une maison, une construction qui ne tient plus sur ces bases. Et parfois on parle également d’effondrement de terrain, dans un sens géologique, ce qui est proche d’un glissement de terrain. À part ça, tout ce qui peut se représenter graphiquement est susceptible de s’effondrer. Mais le mot s’emploie aussi assez souvent avec un sens psychologique. C’est compréhensible : on s’effondre si on ne tient plus le coup comme on le dit familièrement. Comme si on tentait de se durcir, de se solidifier face à une contrariété ou un malheur. Et que soudain, on n’y arrivait plus : il a bien résisté après son divorce, mais quand ses parents sont morts, ça a été trop pour lui : il s’est effondré. C’est-à-dire se laisser terrasser, envahir par la tristesse ou la dépression. L’adjectif est d’ailleurs assez utilisé pour renvoyer à un état d’abattement profond, et là encore plutôt soudain. À l’annonce de la défaite, il était effondré. Comme terrassé ! Et de manière plus corporelle encore, on peut dire de quelqu’un qu’il s’effondre en larmes ou en pleurs. Comme si tout son chagrin, subitement, se transformait, se liquéfiait et ruisselait depuis ses yeux. Encore une image de ce qui se précipite de haut en bas.

 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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