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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le conflit s’embrase en Israël, à tel point qu’on craint maintenant une guerre à grande échelle. C’est bien l’expression qu’on pouvait entendre sur RFI, et lire dans un certain nombre de journaux. À grande échelle, c’est-à-dire qui dépasse largement l’actuel théâtre de ces violences : cela pourrait concerner l’État d’Israël, mais aussi ses voisins et s’étendre au Moyen-Orient. On changerait d’échelle, c’est-à-dire qu’on changerait de dimension. Les lieux des affrontements ne seraient pas seulement étendus, mais multipliés. On passerait à la vitesse supérieure.

Et tout cela s’exprime souvent avec cette étonnante image d’une échelle. Elle représente l’ordre de grandeur, et permet de changer d’unité de mesure. On trouve cette image dans des situations de toute sorte, souvent bien plus pacifiques que l’exemple inquiétant qu’on vient de citer : on expérimente une nouvelle pratique dans une petite ville. Si ça marche, on l’étendra à une plus grande échelle, à l’échelle du pays !

Cette image dérive de la cartographie, des techniques de représentation d’un territoire sur une carte. L’échelle représente le rapport entre une grandeur réelle et sa représentation sur un plan ou une carte. Faire le plan d’une maison à l’échelle d’un centième signifie par exemple qu’un centimètre sur le plan représente cent fois plus en grandeur réelle. Et l’échelle ira facilement jusqu’au millionième ou au dix millionième lorsqu’on a affaire à des cartes géographiques. C’est donc une façon de figurer l’idée d’un espace, en le diminuant ou en l’agrandissant.

Comment expliquer cette étonnante extension de sens, à partir d’un objet qu’on connait tous : fabriqué à partir de deux montants parallèles, reliés par des barreaux, qui sont en général espacés régulièrement. Une échelle sert donc d’abord, et concrètement, à s’élever : on monte au sommet d’un arbre ou on repeint le plafond.

Mais l’échelle est un mot dont les sens abstraits sont nombreux et plus importants encore. L’image est parlante : une échelle, donc une suite, une série, mais sous la forme d’une succession progressive : toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort ! On imagine un ensemble de possibilités, qui vont du plus petit au plus grand : l’échelle des salaires par exemple. Et à partir de là on a utilisé le mot pour désigner une espèce d’amplitude de thermomètre, notamment pour mesurer des phénomènes naturels. Et ces différentes échelles sont nommées d’après ceux qui les ont mises au point : on a la célèbre échelle de Richter, qui mesure la gravité des tremblements de terre ; et les différents degrés font référence à la « grandeur » du séisme, à sa magnitude pour employer le terme précis. On perle d’un séisme de magnitude 5 sur l’échelle de Richter… Mais on a également l’échelle de Beaufort pour mesurer la force des vents, notamment sur la mer : ce sont souvent des indications qui servent aux marins. Et aussi l’échelle de Fujita qui mesure l’intensité des tornades.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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