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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

En Ukraine, un « drôle  » de cessez-le-feu ! (Lire l'article)

Voilà un titre de RFI, qui attire l’oreille quand on l’entend, et l’œil quand on le lit, parce que l’adjectif drôle  est mis entre guillemets. Et en effet, ce cessez-le-feu n’a rien de particulièrement drôle . Il est ainsi qualifié parce qu’en fait ce n’est pas un vrai cessez-le-feu. Les  armes lourdes ont semble-t-il été retirées de la ligne de front par les rebelles pro-russes ; des échanges de prisonniers ont eu lieu, mais en même temps des combats continuent, et des mouvements de troupe font craindre une attaque sur le port de Marioupol.

Mais si on utilise cette expression, cette drôle  d’expression, un « drôle  » de cessez-le-feu, c’est en référence à un fait historique et une formule historique : on évoque la drôle  de guerre.

C’est ainsi qu’on a appelé la toute première phase de la guerre de 40 entre l’Allemagne d’un côté, la France et l’Angleterre de l’autre. Ça dure du début du mois de septembre 39 jusqu’au mois de mai 1940. Parce que pendant ces huit mois, rien ne se passe, en tout cas sur le front de l’ouest. Et les armées allemande d’un côté, française et britannique de l’autre, ne sont pas en contact. Des forces sont massées derrière la ligne Maginot ou derrière la ligne Siegfried mais elles ne bougent pas et Hitler a tout le temps de s’occuper de la Pologne.

Ensuite, début mai, c’est l’offensive lancée par l’Allemagne qui traverse les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, les Ardennes. Ils prennent Sedan et ils prennent à revers les troupes qui bordent la ligne Maginot.

Mais auparavant, pendant plusieurs mois, les Français se sont extrêmement mal préparés à la guerre et n’ont rien fait justement. On a parlé de « drôle  de guerre ». Il semble que ce soit l’écrivain Roland Dorgelès qui a le premier popularisé cette expression, très reprise par la presse et notamment Le Figaro.  Mais on peut penser aussi a une erreur de traduction d’une expression anglaise : on parlait de « phoney war », c'est-à-dire littéralement de fausse guerre, de guerre bidon. Phoney, ça veut dire falsifié, pas pour de vrai. En entendant la formule anglaise, les Français ont compris non pas « phoney war » mais « funny war ». Et funny, ça veut dire drôle .

Donc on a traduit « drôle  de guerre », même si de manière tragi-comique, avec une certaine inconscience – cette guerre n’avait rien de drôle .

Mais attention, l’adjectif drôle  en français n’évoque pas seulement le comique. Qu’est-ce qui est drôle  ? C’est tout ce qui est étrange, bizarre, inhabituel. En gros ce qui suscite l’étonnement autant que ce qui fait rire. On peut dire « C’est drôle  : je ne vois personne ! » et l’expression drôle  de s’est spécialisée dans ce sens. On dit un drôle  de paroissien, un drôle  de pistolet, une drôle  d’idée, une drôle  d’odeur.
Bien souvent, c’est inquiétant !

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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