#Français de l’actualité

Diabolisation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Diabolisation ! C’est bien le mot qui ressort des commentaires officiels chinois après la visite de la diplomate américaine Wendy Sherman. En effet, l’émissaire américaine semble avoir été très ferme dans ses propos, qui reprochent à la Chine de vouloir accroître son influence un peu partout dans le monde. Et son homologue chinois demande aux Américains, en réponse, d’arrêter de « diaboliser » la Chine.

Diaboliser la Chine, étymologiquement, c’est en faire un représentant du diable. Et on sait que le diable, pour les Chrétiens, mais dans beaucoup de religion, symbolise le mal absolu : un principe vivant dont le but est exclusivement de nuire.

Diaboliser, c’est donc prêter à quelqu’un les intentions du diable, alors même qu’elles ne sont pas aussi noires que ça ! C’est transformer quelqu’un en diable, mais à tort. C’est lui construire une image bien pire que celle qu’il mérite. Et depuis quelque temps, on entend couramment le verbe inverse ; dédiaboliser, c’est atténuer ou effacer cette image. Un mot qui a tout particulièrement été utilisé à propos d’un mouvement français d’extrême droite, qui depuis plusieurs années tâche de gommer certains traits de sa réputation : nous ne sommes pas fascistes, nous ne sommes pas antisémites et c’est à tort, pour nous noircir, qu’on a pu nous dépeindre comme tels !

Construit de façon assez semblable, on a l’adjectif diabolique, qui renvoie à ce qui fait penser au diable : un projet diabolique, des manœuvres diaboliques. C’est-à-dire à la fois nuisibles, perverses, et très intelligemment conçues, donc presque impossibles à déjouer. Le mot est même devenu un nom commun, le titre d’une série de nouvelles de Barbey d’Aurevilly puis d’un film : il raconte le projet de deux amants qui ont décidé de tuer le mari qui est en trop.

Voilà donc quelques mots tout à fait négatifs qui dérivent du diable.

Et pourtant il en est d’autres, bien moins inquiétants. L’adverbe diablement n’est qu’un innocent intensif : c’est diablement intéressant. Et l’adjectif endiablé évoque une énergie qui le plus souvent n’a rien de suspect : une danse, une soirée, une poursuite endiablée.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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