#Français de l’actualité

Coqueluche

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Roselyne Bachelot, coqueluche des médias ! C’est ainsi que la nouvelle ministre de la culture est présentée sur RFI et il est vrai qu’on l’a souvent vue à la télévision (elle a même parfois animé ses propres émissions !) souvent entendue à la radio, et que les journaux ont parlé d’elle abondamment. Alors… la coqueluche ? L’expression est familière, légèrement ironique, mais pas forcément très péjorative. On sait que la coqueluche est une maladie pulmonaire qui peut être assez grave. On sait aussi que l’origine de ce mot nous est inconnue, mais le plus étonnant est son sens figuré. Ce n’est pas la seule maladie à avoir un sens figuré. Mais un sens figuré qui peut être positif, pour une maladie, c’est rare. Mais c’est plutôt le cas pour coqueluche. Etre la coqueluche des médias, ou du village ou de l’entreprise, c’est un peu être le chouchou. Ca se dit à propos d’une personne que tout le monde veut avoir ou inviter: on se l’arrache ! Il y a dans cette expression quelque chose d’un peu excessif, mais elle est plutôt souriante et indulgente !

Les autres maladies le sont bien moins : le mot peste par exemple a souvent été employé dans des circonstances très diverses, mais pas très positives. Comme une exclamation, de colère, ou parfois simplement d’étonnement : Peste ! On trouve ça dans la comédie classique par exemple, chez Molière… mais cela ne s’emploie plus dans ce sens. De même on disait « la peste soit du fâcheux ! » « La peste soit de l’avarice et des avaricieux ! » Comme on pouvait dire le diable l’emporte : une manière d’exprimer son exaspération. De même on disait la peste l’étouffe. Mais tout ça sent bon son 17e siècle : on n’emploie plus ces formules !

En revanche on dit facilement de quelqu’un : c’est une peste ! Quelle peste ! Parfois pour parler d’un jeune enfant turbulent, et là, on y voit une façon d’être affectueux. Mais plus souvent, et de plus en plus car le mot est plutôt à la mode, pour parler d’un adulte dont il faut se méfier. Et le terme s’utilise très majoritairement à propos d’une femme : le genre du mot – on dit la peste – y est probablement pour quelque chose. La peste, c’est bien souvent celle qui dit du mal des gens, ou vous fait un mauvais coup par derrière.

Enfin on a le mot pestiféré qu’on utilise encore. Le pestiféré, c’est d’abord le malade atteint de la peste. Et cela devient celui qui est contagieux, et au figuré, celui que l’on évite comme si justement il pouvait vous transmettre une sale maladie : il me fuit comme un pestiféré.

La plaie, c’est différent : il faut dire que ce n’est pas vraiment une maladie mais une attaque subie par l’extérieure du corps : la peau est abimée ou arrachée. Et une plaie est un mal récurrent, dont on n’arrive pas à se défaire.

Quant au cancer, un peu comme la gangrène c’est ce qui vous ronge, empêche un développement harmonieux. La corruption ou la drogue par exemple dans certaines sociétés.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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