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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On célèbre en ce moment les 150 ans de la Commune de Paris. Comment comprendre cette expression ? Bien sûr Paris est une commune comme il y en a à peu près 35 000 en France ? Une commune c’est-à-dire une agglomération administrée par un maire et un Conseil municipal. Ce qu’on appelle aussi une municipalité. Mais lorsque l’on parle de la Commune de Paris, qu’on écrit le mot avec une majuscule, et qu’on fait allusion à cette période historique du printemps 1871, le mot prend un tout autre sens.

On a appelé Commune de Paris le gouvernement qui a administré la ville pendant 72 jours, entre le 18 mars et la fin du mois de mai. Juste après la défaite cuisante de la France devant la Prusse, un gouvernement populaire s’installe à Paris : une insurrection refuse de reconnaitre l’Assemblée Nationale, à tendance monarchiste. Ce gouvernement, qui veut faire l’essai d’une démocratie directe, prend donc le pouvoir dans la capitale et pendant un peu plus de deux mois. Les réunions populaires se multiplient, la presse fleurit : Soixante-dix nouveaux journaux voient le jour, bien que certains, assez vite, soient censurés par le gouvernement s’ils sont trop favorables au parti de Thiers qui souhaite écraser cette Commune.

Ce gouvernement à tendance ouvrière prend toute une série de mesures pour aider les plus défavorisés : les loyers impayés sont effacés, les logements libres sont attribués aux sans-logis, des pensions sont versées aux blessée de la guerre, et aux veuves. Les ateliers sont gérés par les travailleurs, et on envisage d’élargir le droit de vote aux femmes.

Toutes ces réformes vont donc servir de modèle pour les mouvements de gauche qui suivront, notamment la révolution russe. Elles ont souvent d’ailleurs idéalisées et les partisans de la Commune passent souvent sous silence les épisodes sanglants qui ont opposé les Communards et les Versaillais. Communards ? Le mot est d’abord péjoratif, inventé par les adversaires du mouvement. Mais avec le temps, son aspect négatif s’est gommé : les Communards sont ceux qui ont fait la Commune. Quant aux Versaillais, qu’on vient d’évoquer, ce sont les troupes et les partisans de Thiers, réfugiés à Versailles pendant cette période. Ils reviendront à Paris en mai, et massacreront l’insurrection communarde c’est ce qu’on appelle la Semaine Sanglante, du 21 au 28 mai.

On voit que ce mot de Commune est bien souvent associé à cet épisode historique. Et pourtant, le mot, bien avant cela, était associé à l’idée d’une organisation pour gérer une ville : au moyen-âge une commune est une association d’habitants, le plus souvent des bourgeois. Et pendant la Révolution, il a désigné la municipalité organisée par le peuple de Paris.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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