mots-actu_c.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Douze grosses entreprises de chocolat vont parait-il s’unir pour tenter de lutter contre la déforestation, contre la dégradation des grandes forêts tropicales. La production du cacao, et donc du chocolat va donc essayer de protéger, de sauvegarder sa source !

Mais puisqu’on parle de chocolat, on peut se demander ce que c’est, non pas que cet aliment délicieux, mais que ce mot étonnant

C’est un mot si fréquent qu’on ne se pose guère de questions sur son origine : il sonne français depuis longtemps. Il vous vient pourtant de loin : du nahuatl, langue qui était parlée assez largement lorsque les Européens ont découvert le continent américain. (Elle l’est encore d’ailleurs, mais c’est un groupe de langues fort ancien.)  Le français a d’ailleurs peu emprunté au nahuatl, mais en plus du chocolat, il nous a livré la tomate

C’est donc le « chocolatl » qu’on a connu au départ, dans une langue où « atl » signifie eau. Le chocolat est bien considéré au départ comme une boisson.

Le mot est passé par l’Espagne, arrivé en France vers le 17e siècle, et a ondulé autour de Louis Quatorze : sa mère, Anne d’Autriche, avait du goût pour ce breuvage, et sa première femme, née Infante d’Espagne, avait amené avec elle ses habitudes…

Cela nous amène donc à plusieurs manières de dénombrer le chocolat : si on dit « je vais prendre un chocolat », c’est qu’on va en boire une tasse. Comme si on disait « je vais boire un café ». On peut aussi manger un chocolat : on utilise l’article pour préciser qu’on mange une friandise, une sorte de bonbon chocolaté. En revanche, si on a une tablette et qu’on casse un carré ou deux, on dira qu’on mange du chocolat : on est dans le partitif. Du chocolat, comme du sucre, comme du pain. C’est-à-dire qu’on en mange une certaine quantité, et non pas une unité. On est dans le « un peu de… » ou le « beaucoup de… »

Chocolat, c’est aussi une couleur – celle du produit, marron foncé…

Mais on a aussi une expression ancienne et amusante : « nous sommes chocolat ! »  C’est à dire nous avons été trompés dans notre attente, nous ne sommes pas arrivés au résultat escompté ! C’est un peu le même sens que la formule « nous avons fait chou blanc ». Mais pourquoi chocolat à ce moment-là ? Peut-être à cause d’un duo célèbre, il y a plus d’un siècle déjà, de clowns qu’on appelait Footit et Chocolat. On disait alors faire le chocolat pour faire le naïf et l’expression pourrait venir de là !

Revenons à notre candidat ukrainien : roi du chocolat ou du roi du cacao ? Du chocolat bien sûr ! Ce dernier mot est bien plus technique et moins utilisé ! Il désigne la fève à partir de laquelle le chocolat peut être fabriqué… Le mot lui aussi dérive du nahuatl. Le mot cacao est utilisé en français dans quelques usages différents de ceux du chocolat ; il renvoie à la fève – un sens plutôt technique donc. Mais aussi, lorsqu’on achète de la poudre qui sert à faire du chocolat liquide, avec du lait et parfois de l’eau, on l’appelle parfois cacao aujourd’hui, on achètera du cacao en poudre, alors que le mot chocolat est réservé à la dénomination du produit élaboré.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo CANOPE

Coproduction du réseau CANOPÉ.
www.reseau-canope.fr

 

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Chocolat

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.