#Français de l’actualité

Cendres

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Nous sommes aujourd’hui mercredi des Cendres. C’est le nom que ce jour prend dans la liturgie catholique, où il succède au mardi gras. Et ce mercredi des Cendres est le premier jour de cette période qu’on appelle le Carême – toujours chez les Catholiques. Carême est un mot sur lequel on aura l’occasion de revenir plus tard.  

Mais le Carême est une période de pénitence, et le premier jour de cette période symbolise bien cette pénitence. Et cette appellation, mercredi des Cendres, rappelle un rituel particulier : le prêtre dessine sur le front des fidèles une croix avec des cendres, qui proviennent des rameaux de l’année précédente, qu’on a brûlés et dont on a conservé les restes.
Pourquoi ce geste symbolique ? Pour rappeler la nature mortelle de l’être humain, pour que le fidèle soit conscient de sa mortalité, du fait que sa vie est assez minuscule. La cendre en effet évoque bien sûr la postérité du corps mort, ce qui lui arrive au corps après la mort. Ce corps qu’on incinère, ou qu’on enterre. Les cendres sont l’image même de ce qui n’est plus, des restes. Mais des restes si fragiles, si instables, si proches du néant qu’un souffle peut les éparpiller, les transformer eux-mêmes en air, ou même en rien. Se couvrir la tête de cendres est donc à la fois un geste et une expression qui évoquent une mortification : pratiques très anciennes, dont on a des traces dans l’Antiquité, dans l’Ancien Testament avant donc tout rituel chrétien. Et aujourd’hui on dit encore « se couvrir la tête de cendres » pour dire se faire d’amers reproches, s’en vouloir de ce qu’on a fait et exprimer publiquement sa culpabilité. Mais l’expression est le plus souvent utilisée à la négative, justement pour montrer qu’une telle attitude est excessive : « J’ai eu tort, peut-être, mais je ne vais pas me couvrir de cendres toute ma vie. Ça va, chaque chose a un temps. »

On voit donc que les cendres sont bien proches de la poussière, qui elle aussi est présente dans des expressions religieuses chrétiennes : « Poussière, tu retourneras poussière ». L’évocation du néant du corps, qui précède et suit l’existence, est claire.

Cela nous ramène à ce que l’on appelle la vanité. Au sens propre, le vide, et donc l’absence. Et on se rappelle cette formule de la Bible : « Vanité des vanités. Tout est vanité ». C'est-à-dire rien ne dure, rien n’est éternel dans la vie humaine ordinaire. Et notamment tout ce à quoi s’attachent les désirs humains. C’est donc l’une des fonctions du prêtre de rappeler au fidèle l’inconsistance de sa vie et de ses humeurs. Et pour cela, il peut être aidé par des représentations diverses. La vanité est ainsi le nom qu’on donne à un tableau d’inspiration religieuse plus ou moins directe. Souvent une nature morte d’ailleurs qui montre, entre autres choses un crâne, et parfois des ossements. Et cela fonctionne comme une façon de rappeler à celui qui le voit qu’un jour il ne sera pas grand-chose d’autre que ce crâne et ces ossements qui sont représentés sous ses yeux.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Canopé

Coproduction du réseau CANOPÉ.
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