mots-actu_c.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’état de calamité publique a été déclaré en Colombie après la terrible coulée de boue qui a ravagé la ville de Mocoa. Calamité publique ! Voilà une expression qui frappe les esprits. Alors bien sûr elle n’a pas été dite en français, mais en espagnol. Pourtant les deux langues sont assez proches pour qu’on traduise par son calque, le mot calamidad. Le mot a un effet très fort en français parce qu’il est inhabituel dans cet emploi. On parlerait plutôt de catastrophe naturelle. Le mot catastrophe est fort également, mais on est habitué à l’entendre dans ce genre de contexte ; une inondation, un tremblement de terre, un glissement de terrain, une coulée de boue sont qualifiés de catastrophes naturelles. Et d’ailleurs en français, le mot calamité n’est pas très fréquent. Il vient du latin, où il désigne déjà une catastrophe naturelle, en général liée à l’agriculture : des orages de grêle qui détruisent les cultures, un nuage de sauterelles qui s’abat sur les récoltes, une maladie qui s’attaque aux céréales, notamment au blé… voilà ce qu’étaient les calamités pour les Romains. Et en français, le mot a pu s’appliquer à des malheurs différents : les épidémies, les guerres sont des calamités. Alors on voit bien qu’il s’agit toujours d’événements collectifs, qui touchent toute une population, même si ces causes peuvent être humaines : les guerres ne sont pas des catastrophes naturelles. Et on pourra dire aujourd’hui que, par exemple, la corruption est une calamité dans certains pays. Et le mot insiste à la fois sur la gravité de ce mal et la difficulté à s’en défaire. Il est tellement ancré que c’est presque comme si c’était une catastrophe naturelle, bien que ce n’en soit pas une, bien qu’il ne soit pas absolument inévitable.

Alors ce mot de calamité il a des synonymes : catastrophes, on l’a déjà dit, mais aussi cataclysme, désastre. Et enfin un mot qui n’est plus tellement employé aujourd’hui et qui était très courant en français ancien, fléau. Mais le premier sens de fléau est bien différent : un fléau est d’abord un instrument agricole : un grand battoir pour battre les graines des céréales. Assez naturellement, le mot a ensuite désigné une arme avec laquelle on frappait l’adversaire : une sorte de massue à laquelle on attachait une boule hérissée de clous. Mais le fléau a surtout un sens figuré : comme une massue divine qui s’abat sur les humains pêcheurs. C’est donc l’instrument de la colère divine qui vient punir les humains de leur mauvaise vie. Et c’est avec cette idée qu’on a souvent appelé fléau des calamités naturelles, en pensant que c’étaient plutôt des calamités surnaturelles.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo CANOPE

Coproduction du réseau CANOPÉ.
www.reseau-canope.fr

Radio France International France 24 Monte Carlo Doualiya France Médias Monde

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJD OJD Dénombrement des médias

Logo RFI

Calamité

Cette page n'est pas disponible sur ce type de terminal.

Consultez les quiz disponibles sur ce type de terminal ici.