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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’Afrique est-elle le cadet des soucis de Donald Trump ? C’est en tout cas comme ça que le continent est présenté. Et il est vrai que, malgré ses déclarations nombreuses et tumultueuses, le nouveau président américain s’est fort peu exprimé sur l’Afrique. Comme si elle n’existait pas, tout au moins dans sa tête.

Le cadet de ses soucis ? Voilà une expression courante qui signifie à peu près le moindre de ses soucis, le plus petit de ses soucis, et mot à mot le dernier de ses soucis, celui qui vient après tous les autres.

L’expression française est assez ancienne : on la trouve, à l’écrit, dès le 18e siècle, et même si elle parait avoir une vigueur assez familière, elle est présente dans le dictionnaire de l’Académie de l’époque, ce qui montre qu’elle est passée dans un langage courant et accepté.

Elle se comprend par rapport à une image générale : les soucis considérés comme une famille, ou en tout cas comme les rejetons de celui qui les élève et les nourrit.

Mais alors pourquoi le cadet ? Apparente contradiction : Généralement, le mot cadet désigne le puiné. Un mot rare et ancien pour renvoyer au deuxième enfant. L’origine du mot s’entend lorsqu’on le prononce : puis né, c’est-à-dire né ensuite, né après. Il ne s’agit donc pas du premier-né.

Et ce mot a longtemps été le seul pour désigner celui ou celle qui n’est pas l’ainé, et en général qui suit l’ainé, notamment pendant toute une époque, longue, où le droit d’ainesse confère des avantages immenses en matière de succession : pour ne pas diviser les fortunes, elles vont, intégralement ou presque, au plus âgé des enfants, les autres se partageront les rogatons, ou peut-être même rien du tout. Et puis ce mot est tombé en désuétude à l’arrivée du cadet qui l’évince.

Étrange destin que celui du cadet, un mot d’origine romane, mais qui arrive au français par l’intermédiaire du gascon. De la langue gasconne, mais aussi des traditions nobiliaires de cette région du sud-ouest de la France... Les ainés héritaient donc les terres et la fortune familiales. Et ceux d’après devaient faire leur vie, comme ils le pouvaient, et souvent à la pointe de leur épée : en effet, il arrivait souvent qu’ils s’engagent dans les armées royales. Comme simple soldat ? N’exagérons pas ! C’étaient quand même des nobles, et ils faisaient bien souvent des officiers passables. Et parfois même, ils s’élevaient jusqu’au commandement des troupes qu’ils avaient intégrées. « Cadet » est donc une déformation de « capdet », un mot qui dérive de cap, le chef, d’abord la tête, et bien vite, celui qui commande. Ce cadet étrange, c’est donc tout à la fois celui qui vient après, le deuxième choix, et le chef. Et les cadets de Gascogne, grâce notamment aux Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, puis au Cyrano d’Edmond Rostand, sont devenus des personnages familiers.

Mais le cadet est resté le deuxième fils, et la cadette la deuxième fille. Même si le mot a pris plus tard la place du benjamin : le dernier né, le petit dernier, dont on retrouve la trace dans ce fameux cadet de mes soucis.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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