#Français de l’actualité

Ça sent la finale

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Ça sent la finale. Un titre assez récent de RFI dont le sens ne nous échappe pas : Les Égyptiens d’Al Ahly ont pris une très sérieuse option pour la finale de la Ligue des champions africaine en s’imposant samedi dernier, lors de leur dernier match. Rien n’est sûr donc, mais la possibilité, et même la probabilité d’une finale dans la ligue des champions africaine où cette équipe aurait sa place se rapproche. Comme si l’odeur en parvenait déjà à nos narines. Une comparaison presque animale donc, où l’on retrouve un odorat, un sens olfactif particulièrement développé, - alors même que les humains ont une olfaction bien inférieure à beaucoup de mammifères. Ce genre de formule nous imagine un flair que nous avons perdu. Un flair, c’est-à-dire une possibilité de renifler et d’identifier quelque chose. Il ne s’agit pas uniquement de sentir, mais aussi de reconnaitre. De reconnaitre à distance, si on se place dans une logique de l’espace, et à l’avance, si on voit ça par rapport au temps : on flaire, c’est-à-dire qu’on devine. Ça tient à la fois de l’intuition du bon sens, de l’astuce : on comprend avant les autres ce qui peut nous être profitable – on flaire la bonne affaire, ou au contraire ce dont il faut se méfier, s’écarter en temps utile : on flaire l’embrouille, le mauvais coup, et donc on prend ses précautions, on ne s’engage pas. Et le verbe sentir s’utilise souvent dans des circonstances semblables : j’ai senti les ennuis qui arrivaient. Fréquemment d’ailleurs, peut-être pour évoquer un instinct difficile à expliquer, on exprime ça à l’indéfini : non pas « je sens les ennuis », mais « ça sent les ennuis ». Ce qui donne en même temps l’impression que cette impression inquiétante imprègne toute l’atmosphère ambiante : ça sent mauvais.

Ce type de formule rejoint d’ailleurs une expérience tout à fait concrète : lorsqu’il y a le feu quelque part, l’odeur s’en rapproche facilement. Ça sent le brûlé. Mais si on dit « ça sent le roussi », le sens figuré l’emporte sur le sens propre : le danger n’est pas loin. La phrase est familière, presque argotique : on est dans le langage des bandits, et on craint la police. Car le roussi, c’est aussi l’odeur de la rousse ! Et là, il s’agit presque d’un flair à l’envers : non pas celui des limiers, des chiens policiers, des forces de l’ordre qui traquent les gangsters, mais celui des hors-la-loi, toujours à l’affût, en alerte, et qui veulent éviter d’être repérés.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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