#Français de l’actualité

Bras de fer

mots-actu_b.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

RFI revient sur les nombreux bras de fer qui ont opposé la rue (c’est-à-dire la colère populaire, qui s’exprime quand les manifestants descendent dans la rue) et le pouvoir.

Un bras de fer ! En voilà une expression imagée, qui exprime bien l’idée d’un affrontement vif entre deux camps ou parfois deux personnes. Vif et qui dure, car chacun campe sur sa position, aucun des deux ne veut céder. Pas de dialogue, pas de discussion, pas de négociation. On cède ou on ne cède pas. On est donc dans une logique du tout ou rien. : on l’emporte ou l’on plie. Et c’est bien l’image : il y a celui qui fait plier et celui qui plie.

C’est bien de cela qu’il s’agit dans le jeu,  qui est à l’origine de l’expression.  On l’a tous fait, on a tous lancé ou relevé ce défi un peu bête : les adversaires s’assoient face à face, posent leur coude sur la table, avant-bras contre avant-bras, main contre main. Et on pousse, jusqu’à ce que l’un des adversaires fasse pencher l’autre, amène son avant-bras contre la table.

Pourquoi bras de fer ? L’image est fréquente pour évoquer la force, la solidité : le fer, c’est solide.  Et l’image du bras évoque souvent la force. Le bras, c’est d’abord le membre qui tient l’épée, et qui la manie. Ce qui permet de comprendre l’image fréquente du bras armé : un état, une organisation clandestine, un parti politique même peuvent avoir leur bras armé : c'est-à-dire . Ce peut être une police, une phalange, une milice. Ou parfois, de façon plus imagée, on appelle bras armé ce qui permet de ferrailler avec l’adversaire : un journal peut être le bras armé d’une organisation politique.

D’autres expressions où les bras évoquent la force ? Il n’y en a pas tant que ça. Les gros bras peut-être, qui désigne en général les membres d’un service d’ordre, ou même parfois ceux qu’on appelle les gorilles : des costauds qui impressionnent, font peur, calment les excités.

Mais étonnamment, les bras servent souvent à indiquer qu’on ne s’en sert pas… Être les bras ballants, c’est ne rien faire, ne pas savoir quoi faire. Et se croiser les bras, c’est ne rien faire et parfois même décider de ne rien faire : on ne fait rien avec une certaine morgue, une certaine détermination en tout cas.. Et baisser les bras, c’est abandonner, jeter l’éponge : on a cette idée de résignation quand on baisse les bras. Quant à lever les bras, l’expression est étrange, car selon le contexte elle peut avoir plusieurs échos. C’est d’abord, non pas se rendre, mais se déclarer vaincu : c’est ce qu’on fait quand on vous dit « haut les mains ! ». Mais on a aussi l’expression « lever les bras au ciel », assez différente, qui évoque à la fois l’impuissance et la désolation. Mon Dieu mon Dieu ! Comme si on était dépassé par les événements et pas le destin qui vous joue de si sales tours. Et à l’inverse, les bras m’en tombent, indiquent le dernier degré de stupéfaction. Comme si on était au-delà de l’indignation, de la colère, ou de la surprise.

Les bras donc expriment beaucoup par le mouvement qu’on leur fait faire. Et quand on les tend ou qu’on les ouvre, c’est signe de bienvenue, ou d’affection.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo CANOPE

Coproduction du réseau CANOPÉ.
www.reseau-canope.fr

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias