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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le Boléro de Maurice Ravel vient de tomber dans le domaine public. (Lire l'article sur rfi.fr)
L’une des œuvres les plus jouées au monde, et qui donc générait le plus de droits d’auteur, a cessé d’être la poule aux œufs d’or qu’elle a été pendant des décennies pour les ayants droits de Maurice Ravel. Et la pièce est tellement connue qu’on a fait plus d’un calembour à son sujet : le Boléro de Ravel, le beau vélo de Ravel, etc. Il y en a trois ou quatre autres comme ça !
Elle a été composée en 1928, moins de dix ans avant la mort du compositeur. Et on entend bien qu’elle est d’inspiration espagnole : son titre Boléro est parlant.  Il faut dire que ce qu’on appelle la musique française impressionniste – c’est-à-dire Ravel et Debussy essentiellement – s’est largement inspirée de l’Espagne : les rythmes et les harmonies plaisaient.
Ravel avait déjà composé l’heure espagnole et la rhapsodie espagnole, il se décide pour cette musique de danse. Car le boléro, c’est une danse, d’origine espagnole, mais voyageuse, qu’on a retrouvé en Amérique latine, à Cuba, dans les musiques influencées par les traditions noires et les traditions antillaises.

On sait que le vocabulaire musical a beaucoup emprunté à l’italien. Mais en ce qui concerne le nom des musiques de danse, elles nous arrivent d’un peu partout ! Il en est beaucoup qui nous arrivent d’Espagne, ou en tout cas par le biais de la langue espagnole.
Le fandango par exemple arrive en droite ligne de cette langue-là, qui l’a lui-même emprunté au portugais : on entend dans ce nom de fandango, la trace du fado. Et le nom fado est portugais et nous fait d’ailleurs remonter au latin fatum : le destin.  La destinée qui nous accable, on n’y peut rien, mais on chante quand même ; peut-être pour oublier ses malheurs, et en tout cas pour les mettre à distance, ou les incarner.
De nombreuses autres danses d’Amérique latine ont nourri notre culture. C’est là qu’on voit clairement le croisement, les croisements. Le mambo nous vient sûrement d’un mot d’origine africaine, d’une langue bantoue, d’Afrique centrale. Mais il a été acclimaté à l’accent espagnol, et c’est avec cette allure qu’il nous parvient en français.

Les différentes formes de rumba sont probablement nées à Cuba au début du XIXe siècle, vrais produits de l’esclavage et de la colonisation, parmi les populations noires qui avaient été déportées d’Afrique et qui inventent ces musiques. Mais le nom de rumba vient vraisemblablement d’une racine espagnole qui évoque le bruit, le tapage.
Quant au zouk, célèbre aux Antilles depuis quelques dizaines d’années, c’est la déformation du mot mazurka, une danse qui venait de Pologne, avait été très à la mode en France au XIXe siècle, et avait ensuite traversé l’Atlantique. 
Quant au cha-cha-cha, on l’entend bien c’est une onomatopée – c’est-à-dire un bruit, un mot bruit – qui imite le frottement sur le sol des pas des danseurs.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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