#Français de l’actualité

Bitcoin

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le bitcoin s’envole. Il semble que la valeur de cette monnaie virtuelle se soit considérablement accrue depuis quelques mois et son introduction sur le marché boursier de Chicago le consacre comme une valeur vedette : il vaudrait quinze fois plus qu’au début de l’année. Conçu par un Japonais discret, Satoshi Nakamoto, il a été imaginé à partir de la B money, qui innovait déjà en matière de moyen de paiement immatériel et qui n’a pas de représentation concrète. On peut parler de monnaie, mais il n’y a aucun billet de banque, aucune pièce de monnaie qui l’incarne. Et pourtant ces idées de monnaie, et même de pièces, sont bien présentes, ne serait-ce que dans son nom : bitcoin.

Un nom anglais trouvé par ce Japonais. Et qui se décompose : bit coin. Bit, car il s’agit de souligner le rapport ce cette unité de paiement aux logiques de l’informatique. Et le bit – encore un mot anglais – est l’unité minimum d’information, celle qui apparaît dans les binômes 1-0 : le b-a ba du monde informatique, qui détermine les constellations les plus compliquées, en partant des codages les plus simples. Et bit est un mot-valise… oh ! une toute petite valise, avec un mot formé à partir de binary digit, c’est à dire nombre binaire : on prend la première syllabe du premier mot, et la dernière du dernier mot, pour trouver bit, qui bien sûr est aussi un jeu de mots avec un terme très courant en anglais : a bit, c’est un tout petit morceau, un tout petit élément. Ce qui indique bien d’élément minimal.

Voilà pour bit. Et coin alors ? Cette deuxième partie du mot évoque la monnaie, dans ce qu’elle a de plus concret : coin représente une pièce de monnaie. Et une pièce de monnaie est en général circulaire, de peu d’épaisseur, et fait de métal précieux qui en garantit la valeur : pièces d’or, pièces d’argent, pièces de cuivre… Mais pourquoi coin ? Un mot qui sonne bien anglo-saxon, mais qui en fait vient de l’ancien-français, et remonte au latin cuneus. Et le cuneus est un outil dont les usages et les formes sont multiples. Il peut servir à fendre du bois, mais aussi à graver le métal. Et c’est en particulier cet objet, qui porte en relief un certain dessin. Et ce dessin laisse son empreinte sur un métal relativement mou, ou chauffé pour le rendre plus malléable. On dit donc qu’on frappe le métal, pour y enfoncer cette image. Et cette image authentifie justement les pièces de monnaie : on y retrouve le plus souvent le profil d’un roi, d’un souverain, dans les états duquel on pourra payer avec cette monnaie : on parle à juste titre de frapper une monnaie, ou de battre monnaie. Et si l’on bat la monnaie avec un coin, par transfert, un appellera coin, la monnaie ainsi battue : l’instrument donne son nom à l’objet qu’il a formé. Le coin est donc la pièce de monnaie qui a obtenu, comme gage de sa valeur, ce sceau. Et le souvenir de ce geste, extrêmement physique, se retrouve dans l’unité monétaire qui est la plus abstraite : le bitcoin !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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