mots-actu_b.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Pour comprendre ce mot de l'actualité, faites l'exercice : Basket, faire basket, lâcher les baskets…

Les baskets ! Voilà un symbole, un style de vie, presque une profession de foi. J’exagère un peu, mais pas tant que cela. Et d’ailleurs un livre récent vient de se pencher sur le destin imprévu de ce mot et de la paire de choses qu’il représente. RFI, d’ailleurs, s’en est fait l’écho en commentant de façon approfondie le contenu du livre. Mais on peut également se pencher sur l’histoire du mot « basket ».

« Baskets », ce sont évidemment des chaussures, spécialement étudiées pour les basketteurs, les joueurs de basket-ball. Et on l’entend dans ce sens depuis la seconde moitié du 20e siècle en français. Mais depuis les années 80, il a connu une fortune extrême. On parlait aussi des tennis dans le même sens : il s’agissait grosso modo de la même chose, mais les tennis étaient plus ou moins la version basse des baskets, c’est-à-dire des chaussures en toile, à semelle souple, qui montent plus ou moins sur la cheville. Pourtant, les tennis, dans cet emploi, n’ont pas vraiment survécu alors que les baskets sont devenues tout un symbole, comme la partie signifiante d’un uniforme social.

On parlait déjà, jadis, du costume-cravate pour les cadres, ceux que longtemps, on a appelé « les cols blancs », par opposition aux « cols bleus » des ouvriers d’usine. « Les cols blancs », c’est-à-dire les hommes qui avaient quelques responsabilités dans le secteur tertiaire et qui travaillaient dans les bureaux, et géraient la production industrielle. Donc, le costume-cravate va avec une certaine idée de respectabilité, de réussite sociale, et on notera que le signe est uniquement masculin. À l’inverse, même si l’expression s’est moins répandue, on a parlé des « casquettes-baskets » pour évoquer les adolescents, liées souvent à l’imaginaire des banlieues : jeunes gens des quartiers pauvres, des populations dites défavorisées, c’est un euphémisme. Et là encore, la formule st très masculine.

Et aujourd’hui, les baskets sont unisexes, assez peu genrées, et moins marquées socialement, parce que la mode les a rattrapées. Il y a des baskets qui sont très chères.

Mais elles restent attachées à certaines expressions, marquées par leurs origines. Par exemple, « Lâche-moi les baskets », c’est-à-dire de façon tout à fait familière : « laisse-moi tranquille, laisse-moi en paix », « fiche-moi la paix », plus vulgairement « fous-moi la paix » ! C’est ça, « lâche-moi les baskets ».

Quant à « faire basket », c’est également une façon tout à fait pittoresque et familière également d’exprimer qu’on part d’un établissement ou même d’un taxi sans payer son repas, ses consommations, son dû, quoi. On part en courant, et si on part en courant, on part vite, c’est-à-dire qu’on utilise ces chaussures qui sont faites pour qu’on y soit à l’aise et qu’on aille vite. On « fait basket » !

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias