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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Electronic ban ! Cette expression anglaise était tout récemment à la une de RFI, car elle reprend la formule utilisée aux États-Unis ou au Royaume-Uni, pour interdire aux voyageurs qui viennent de certains pays arabes l’utilisation de matériel électronique dans les avions. Et on pourrait traduire electronic ban par « interdit électronique ». Ce qui se comprend mieux d’ailleurs si l’on se souvient que ce mot ban anglais a un rapport avec notre bannissement. Sur certains vols, tablettes et ordinateurs sont bannis. Ils sont mis au ban.

Cette expression est relativement courante, mais en français, on l’emploie en général dans d’autres situations : si l’on dit qu’un pays par exemple est mis au ban, cela signifie simplement qu’il est accusé, et même montré du doigt. Quand on met au ban, on stigmatise. La condamnation n’est pas loin. Et l’image qui vient très spontanément à l’esprit est très claire : nous sommes dans un tribunal, chacun a une place qui lui est précisément réservée, assignée, et chacune de ses places a un sens précis : un siège pour le président, d’autres pour la cour, pour les juges, le public dans la salle, et un banc spécial, qui attire les regards : le banc des accusés, celui où ils doivent s’asseoir en attendant leur jugement, en écoutant les accusations qui pèsent sur eux : le banc d’infamie dit-on parfois. Et on dit aussi qu’une personne, ou un gouvernement, un pays peut être mis au ban des accusés.

Le problème est que cette mise en scène et cette disposition, si elles correspondent à un certain imaginaire linguistique, ne sont pas conformes du tout à l’origine de l’expression : au contraire, c’est de la pure invention ! Pourquoi ? Simplement parce que ce ban d’infamie s’écrit ban, et qu’il n’a rigoureusement rien à voir avec un banc sur lequel on peut s’asseoir : simple homophonie, simple hasard de deux mots qui se prononcent de la même manière, mais sont totalement étrangers l’un à l’autre…

Mais comment comprendre cette expression mettre au ban ? Le ban a d’abord été une proclamation, un commandement dont la non-observation entraînait une peine. En français, le mot a pris le sens d’exil, l’un des châtiments envisageables pour le coupable. Et de là viennent des mots comme bannir ou bannissement, qui renvoient à l’idée de chasser d’un territoire. Le bannissement est donc une sanction juridique.

L’expression mettre au ban existe donc encore aujourd’hui. La sanction est plus morale que pénale, même si elle correspond souvent à des conséquences très concrètes. On peut mettre quelqu’un au ban de la société, si on l’exclut moralement ou matériellement.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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