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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Barak Obama et Angela Merkel mettent tout leur poids dans la balance pour faire adopter le traité de libre-échange transatlantique.

Voilà l’image qui a été utilisée par RFI pour montrer à quel point l’Allemande et l’Américain usent de leur influence pour que ce traité soit accepté. Ils mettent tout leur poids dans la balance, ce qui indique que, au moment où on prononce cette phrase, on est encore dans une situation incertaine. On ne sait pas exactement de quel côté va pencher cette balance, c’est-à-dire qu’on ignore ce que sera la décision finale.

On voit donc que la balance n’est pas uniquement un instrument de mesure, qui sert à déterminer le poids de quelque chose. C’est aussi un symbole qui évoque souvent la justice, mais aussi – et c’est le cas ici – l’affrontement entre deux idées, deux principes, dont l’un doit l’emporter. Et celui qui l’emporte, c’est le plus lourd, celui qui fait pencher la balance.
Voilà une expression – faire pencher la balance – qui est plus fréquente encore que mettre son poids dans la balance, pour indiquer qu’un argument est décisif pour qu’un des partis l’emporte.
Il est évident que l’image renvoie à une balance à deux plateaux, dont l’équilibre est représenté par le fléau, cette petite tige métallique située entre ces plateaux. Elle est verticale quand les deux plateaux sont à l’équilibre, mais qui penche du côté du plus lourd  quand celui-ci descend. Et on a de nombreuses scènes historiques ou mythologiques qui reviennent à l’esprit : Vae victis ! C’est-à-dire en latin « Malheur aux vaincus » ! C’est l’exclamation légendaire de Brennus, un guerrier gaulois  victorieux des Romains, qui leur impose une terrible rançon. On leur demande un imposant poids d’or. Et comme le ton monte, Brennus finit par rajouter son épée dans le plateau de la balance, pour l’alourdir encore et en disant : Vae victis.

Mais la balance est aussi l’instrument du va-et-vient, d’un ajustement en train de se faire, d’une détermination qui va se fixer, ce qu’on retrouve dans de nombreux emplois figurés. Par exemple, on dit : « Entre les deux, mon cœur balance ! »
L’image est celle de l’hésitation. C’était d’ailleurs le sens courant du  verbe balancer dans un français un peu ancien, qui est celui des auteurs classiques.

Un autre sens existe, qui correspond à un niveau de langue très différent : « je m’en balance », en français familier – un peu désuet, ça fait un peu argot des années 60 – signifie « je m’en fiche, je m’en moque, je n’en ai rien à faire ». Autre image qui évoque ce qu’on balance par-dessus son épaule, d’un geste désinvolte, et qui rappelle cet usage du verbe également familier : balancer quelque chose, c’est le jeter, s’en débarrasser.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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