#Français de l’actualité

Avortement

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Laurence Rossignol part en guerre contre les sites de désinformation, désinforment, en particulier ceux qui prétextant mettre en garde contre les dangers de l’avortement répandes des informations mensongères et intimident les femmes qui envisagent un avortement. Et donc ces sites trompent leur public.

Alors l’avortement, on sait bien ce que c’est : une intervention qui permet d’arrêter une grossesse en cours d’évolution. Donc d’éviter une naissance qui n’est pas désirée. Avortement c’est un mot ancien ; sa décomposition d’ailleurs en fait aisément comprendre la signification. Ça vient ab-ortare. Ortare en latin ça veut dire naître. Le participe passé du verbe c’est ortus, qui veut . Et puis ab sert dans ce cas de préfixe négatif. Donc on pourrait s’attendre à avoir le mot *abortement avec un b, un mot qui n’existe pas, en français on dit avortement, avec un v. Mais on retrouve le b dans d’autre mots comme abortif par exemple.

Alors on peut voir aussi quels sont les synonymes de ce mot avortement : lorsque l’avortement a été légalisé en France, grâce à la loi portée par Simone Weil, le terme technique officiel qui a été retenu c’était interruption volontaire de grossesse, une expression que très vite on a abrégé IVG, ce qui s’explique à partir de plusieurs considérations : d’abord, l’IVG met l’accent sur le caractère volontaire de l’acte, alors que le mot avortement peut également désigner un événement accidentel. Alors, est-ce que fausse couche est synonyme d’avortement ? Pas exactement mais parfois on peut employer un mot pour l’autre ou parler d’avortement spontané, etc.

D’autre part, le mot avortement a souvent été lié à des échos péjoratifs. Il faut se souvenir que, pendant longtemps en France, ça a été illégal. Non seulement illégal, mais criminel. Alors que l’IVG est sigle technique, un peu hygiénique d’une certaine façon c’est vrai, mais qui a le mérite de rétablit la neutralité morale et juridique.

Alors, dans cette famille avortement, on trouve quelques rejetons quand même : l’adjectif avorteur, parfois utilisé comme un nom, et qui est nettement péjoratif. Un avorteur, ça a été longtemps un médecin qui était considéré comme un misérable parce qu’il favorisait, qu’il provoquait des avortements quand c’était interdit. On a vu l’existence de l’adjectif abortif. Son retour à l’étymologie lui donne un aspect beaucoup plus scientifique, et le nettoie moralement, si on peut dire. À noter, une aussi expression qui courait lorsque l’avortement était interdit : on parlait des faiseuses d’anges, ces femme qui pratiquait les avortements de façon, non seulement illégale, mais clandestine… Et l’expression joue sur plusieurs allusions. L’ange est un être purement spirituel, allusion à la disparition physique du fœtus, et donc les enfants morts sont censés devenir des anges, disons dans l’inconscient populaire.

Et puis on peut se souvenir aussi que le verbe avorter souvent est employé au sens figuré pour désigner simplement une action qui ne marche pas, qui échoue : une entreprise avortée c’est une entreprise qui n’a jamais marché, qui n’est pas arrivée à son terme. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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