#Français de l’actualité

Attestation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Pour ceux qui vivent en France en ces temps d’épidémie, un nouvel objet est devenu un compagnon familier : l’attestation. En effet, les sorties hors du lieu de confinement sont limitées et réglementées. Et quand on sort, il faut pouvoir prouver qu’on a un bon motif. Et donc il faut produire, c’est-à-dire montrer aux forces de l’ordre qui vous la demandent, son attestation. Un simple papier qu’on aura rempli, daté et signé. Il est rare qu’on se fasse une attestation soi-même : en général on atteste pour d’autres. Mais de quoi s’agit-il exactement ? D’une feuille qui atteste qu’on a le droit de sortir. Une sorte de certificat : on déclare sur l’honneur qu’on va chez le médecin, à la pharmacie. 

Que veut dire attester ? C’est un peu se porter garant, affirmer que quelque chose est vrai. Et simplement parce qu’on l’a vu : on a en a été témoin ! Attester c’est donc témoigner, avec un côté plus administratif. Quant au témoin c’est celui ou celle qui était présent au moment des faits. Il peut donc rapporter ce qui s’est passé devant lui. Et parfois un témoin est nécessaire pour valider une procédure. On sait par exemple qu’on a besoin de témoins pour un mariage. Peu importe que ce soit votre meilleur ami, ou un passant qui vous rend ce service, et que vous avez croisé devant la maire : il est là, et il atteste que les choses se sont déroulées dans l’ordre. À l’inverse, une scène qui s’est passée sans témoin ne peut être absolument confirmée : nul pour établir qu’elle a bien eu lieu !

On peut d’ailleurs préciser de quel type de témoin il s’agit, on parle souvent de témoin oculaire : celui qui a vu, de ses yeux vu, comme on le dit de manière expressive, pour souligner la vérité de ce qui est dit. Alors on se moque un peu vite de cette expression « témoin oculaire », comme s’il était évident qu’un témoin a tout vu. Pas du tout. On parle parfois, même si c’est bien plus rare, de témoin auriculaire : ceux qui ont entendu, cachés derrière une tenture, ou un pan de mur. Et si l’on dit à quelqu’un qu’on le prend à témoin – l’expression est figée – cela signifie qu’on pourra plus tard lui demander de témoigner, de déclarer que telle chose a été dite ou faite.

Et bien entendu ce mot a aussi des usages plus éloignés ou plus figurés. On parle d’un écrivain témoin de son temps : dans ce qu’il écrit, on retrouve ce qui s’est passé, mais l’atmosphère, le climat d’une époque ou d’un lieu. Quant à un grand témoin – on voit bien que l’expression a quelque chose d’un peu

solennel, qu’elle rehausse la dignité de celui qui est en cause – c’est celui qui est chargé officiellement de vérifier qu’un processus se déroule conformément à ce qui a été décidé au départ. Et il peut ensuite le raconter, mais avec une certaine hauteur de vues, avec une perspective bien à lui.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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