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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

C’était hier la Journée internationale de l’albinisme, pendant laquelle un peu partout mais en particulier au Kenya, on a tenté de sensibiliser tout le monde aux stigmatisations, aux vexations, aux mauvais traitements dont les albinos sont victimes. On appelle en effet albinos les gens qui sont sujets à l’albinisme, une particularité qui supprime totalement la pigmentation de la peau. Les albinos ont donc une peau très blanche, et dans de nombreuses régions, notamment en Afrique, des superstitions sont liées à cette singularité : ils sont mal vus, des croyances liées au mal, ou au démon font qu’ils sont mis à l’écart, ou opprimés, harcelés, parfois martyrisés… On essaie donc de faire reculer ces pratiques terribles !

Mais pourquoi parle-t-on des albinos ? La physionomie du mot évoque une origine étrangère. En effet, le mot a été emprunté à l’espagnol : ceux qui sont blancs. Et cette forme, au départ pluriel, s’est installée en français : on s’est mis à parler d’un albinos, en oubliant qu’à l’origine cette forme s’appliquait à plusieurs personnes. Et à partir de là est né le mot savant albinisme.

Cette racine était latine avant d’être espagnole : albus en latin veut dire blanc. Mais bizarrement ce terme n’a pratiquement pas donné de dérivés ! On avait deux mots latins pour cette couleur : albus pour le blanc mat, candidus pour le blanc brillant. Le deuxième terme a à peine mieux survécu que le premier : candide existe en français, mais dans un sens figuré : cela veut dire innocent, ou naïf, mais ça ne désigne pas une teinte. En français, on dit blanc, qui vient d’une langue germanique, qui s’est imposé en français, et dans la plupart des langues latines. Et on trouve même le mot blancus dans le latin du moyen-âge, employé par les clercs, les gens instruits, dans la langue de l’église, mais pas avant le Xe siècle. Comme si le latin l’avait emprunté à l’ancien français d’une certaine façon !

Alors j’exagère en disant qu’albus n’a pas de dérivé : indirectement, il en a. Album d’abord. Le terme en latin, renvoie à un tableau blanchi au plâtre, exposé publiquement, sur lequel on inscrivait des annonces. Et c’est de cette pratique que proviennent les sens divers du mot album en français.

Et puis aube ! Ce moment où la nuit commence à s’éclaircir, à blanchir, à laisser sa place au jour, il tient son nom de l’adjectif latin qui représente la blancheur. Et au figuré, il s’applique bien sûr à une période dans son tout premier commencement. Par ailleurs, l’aube est aussi chez les catholiques, le nom du vêtement blanc du prêtre qui dit la messe : la blancheur évoque la pureté.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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