#Français de l’actualité

Accueillir

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Nouvel épisode pour la chronique du mot de l’actualité sur RFI. Elle commence aujourd’hui même un nouveau partenariat avec la DGLFLF, la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France. Est-ce que la DGLFLF nous accueille en son sein ? On peut le dire, de même que nous l’accueillons à notre tour dans cette chronique. C’est donc l’occasion de se pencher sur ce verbe accueillir, d’autant qu’il est à l’honneur dans l’actualité, et pas seulement celle de RFI : on a récemment appris que la Belgique acceptait d’accueillir Laurent Gbagbo. Voilà une information facile à comprendre ; la Belgique accepte que Gbagbo séjourne sur son sol. Elle l’accepte. Est-ce que ça veut dire qu’elle l’accueille ? Il y a bien une nuance : si l’on parle d’accueil, l’invitation est plus franche, alors que dans le cas présent, on a bien l’impression que la Belgique s’apprête à tolérer la présence de Gbagbo. Lorsqu’on accueille quelqu’un, est-ce qu’on le fait toujours « à bras ouverts » ? Pas forcément, mais l’expression est courante, et se situe dans le fil du verbe accueillir : accueillir quelqu’un c’est le plus souvent lui souhaiter la bienvenue, se montrer content de son arrivée. Le verbe évoque d’abord la simple façon de recevoir celui qui arrive chez vous, et au-delà, le traitement qu’on lui réserve, la façon dont on s’occupe de lui, dont on le prend en charge. On parle par exemple de l’accueil des réfugiés.

Accueillir quelqu’un chez soi donne l’idée qu’on lui ouvre sa porte, qu’on lui fait une place dans sa maison, à sa table, ou même dans une équipe professionnelle, les usages s’élargissent facilement.

Être accueillant veut dire également qu’on se met en frais pour le nouvel arrivant : on lui montre que sa présence nous est agréable.

Alors est-ce qu’être accueillant est absolument synonyme d’être hospitalier. Les deux mots sont proches, certainement, mais l’hospitalité a peut-être un sens plus précis, plus technique : il s’agit de recevoir quelqu’un chez soi, de le traiter en invité, le plus chaleureusement possible. Mais la plupart du temps, cette idée d’hospitalité correspond à un séjour provisoire… alors qu’on peut accueillir quelqu’un chez soi pour le restant de ses jours.

Ce beau verbe français qu’on a envie de prononcer les bras ouverts et le sourire aux lèvres, évoque tout d’abord une image de partage et de générosité. On doit bien reconnaître pourtant qu’il a fait un étonnant parcours avant d’arriver là. Il nous vient du latin en suivant un itinéraire long et sinueux, mais clairement repéré. Le verbe legere (qui nous donne lire) s’est compliqué en colligere (qui nous donne cueillir), qui lui-même se complique à nouveau en accolligere… et voilà d’où vient notre accueillir. Mais ce mot dont on trouve trace dès le 11e siècle (avec quelques variantes : accoillir, acoildre) correspond à des sens divers et stupéfiants. D’après les dictionnaires les plus savants, il signifie tour à tour réunir, associer, attaquer et même chasser : pratiquement l’inverse de son sens actuel ! Par bonheur il a aussi le sens de saisir, prendre ; et c’est à partir de ces emplois qu’il aboutit au sens moderne de recevoir quelqu’un. Les bons sentiments l’emportant sur les mauvais, le mot a gardé une valeur presque toujours positive, même si bien sûr on peut le retourner par un effet d’ironie : accueillir quelqu’un à coups de fusil… Mais cet usage narquois, heureusement, n’est pas le principal !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

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