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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

De nouveaux abus sexuels sur mineurs on été récemment signalés en République Centre Africaine. De quoi s’agit-il quand on parle d’abus sexuel ? De viol, ou pas loin en tout cas. En tout cas d’un comportement par lequel on force quelqu’un, par des gestes qu’on a envers lui, ou qu’on l’oblige à avoir. Et pourtant les deux expressions viol et abus se ne sont pas absolument synonymes. Et pas seulement parce qu’ils ne désignent pas les mêmes faits, mais parce que ces faits ne se sont pas toujours produits dans les mêmes circonstances. Si l’on parle d’abus, on a dans l’idée qu’on profite d’une certaine situation pour imposer sa volonté ou ses désirs. Et le verbe abuser s’emploie également dans ce sens. Abuser de quelqu’un, dans un sens sexuel c’est utiliser sa position de dépendance, de faiblesse, et l’exploiter. Et l’on parle d’une femme, d’un enfant abusé pour parler des victimes de cette violence.

Au départ un abus est un excès. Mais le mot est très utilisé dans le droit contemporain : abus de biens sociaux, abus de pouvoir, abus d’autorité etc. Il s’agit de tous les délits qui peuvent être commis quand on passe la limite et qu’on va au-delà de ce qu’on a le droit de faire. Il est ordinaire que dans la vie professionnelle, et en particulier dans le service public, certaines personnes aient un certain pouvoir. Mais ce pouvoir est professionnel. Et il s’arrête là où s’arrête l’intérêt du service. Si on l’utilise pour demander autre chose, c’est de l’abus : on outrepasse son autorité, on va au-delà de l’espace où elle peut s’exercer. On peut ainsi parler d’abus de position dominante. De même que l’abus de pouvoir peut consister à demander à quelqu’un qui est sous ses ordres de faire quelque chose qui n’a pas de rapport avec son emploi : le maire ne doit pas demander au jardinier de la ville de venir faire son jardin. Quant à l’abus de biens sociaux, c’est une infraction qui peut être commise par le dirigeant d’une société commerciale, qui utilise à son profit des biens ou un crédit qui appartiennent à cette société. C’est donc un genre de détournement.

On entend bien que le nom abus, ou le verbe abuser sont construits à partir de la racine du verbe user, ou du nom usage : il s’agit d’user un peu trop, Et l’idée d’excès, l’idée de dépasser une certaine limite est presque toujours vu comme quelque chose de négatif, de condamnable. Abus dangereux lit-on sur l’étiquette de certains produits, notamment de l’alcool. De là quelques phrases toute faites, qui servent de maximes, de proverbes : « Il ne faut pas abuser des bonnes choses ». Avec par derrière une mentalité de la juste mesure, un genre d’éloge de la modération. Et parfois un emploi un peu familier du verbe abuser dans le sens d’exagérer : « Là mon vieux, tu abuses ! »  Et cette expression familière elle aussi, qu’on utilise pour se plaindre de mauvaises pratiques : « Il y a de l’abus ! »

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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