#Français de l’actualité

Journal en français facile 30/09/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loic Bussières : 22h ici à Paris, 2 heures de moins en temps universel. L'heure de votre Journal en français facile. Bonsoir à tous et bonsoir.

Vincent Dublange : Bonsoir Loic, bonsoir à toutes et à tous.

LB : À la une : la Russie, qui se pose en médiatrice entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Les deux pays s'affrontent sur la question du Haut Karabagh. Les explications dans un instant.

VD : Eux se sont affrontés sur un plateau de télévision, Donald Trump et Joe Biden se sont prêtés au traditionnel débat avant la présidentielle aux États-Unis. Un débat qui a tourné à la cacophonie nous dira Marie Normand.

LB : Enfin d'autres duels sur terre battue avec la suite du tournoi de tennis de Roland Garros. Un tournoi déjà terminé pour le Français Pierre-Hugues Herbert après un match de 4h face à l'Allemand Zverev.

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VD : Tout d'abord la situation dans le Haut Karabagh et ces déclarations du ministre russe des Affaires étrangères.

LB : La région, située entre l'Arménie proche de Moscou, et l'Azerbaïdjan, alliée de la Turquie, est le théâtre de violences depuis plusieurs jours. Des combats condamnés par la communauté internationale à l'image de cette réunion hier, du Conseil de Sécurité de l'ONU. Aujourd'hui, c'est donc au tour du Russe Serguei Lavrov de proposer à ses homologues arménien et azerbaïdjanais des pourparlers de paix. Des discussions qui pourraient se tenir à Moscou. Les précisions de Régis Genté à Stepanakert, principale ville du Haut Karabagh.

En fin d’après-midi, ce mercredi, l’armée de défense du Haut-Karabagh déplorait la mort de 3 civils dans la petite ville de Martakert. 3 victimes d’une frappe de l’aviation azerbaïdjanaise. Cette dernière est notamment utilisée dans les districts montagneux du nord de la province, où se trouve par exemple Martakert. Mais Bakou compte aussi sur quantité de drônes d’attaque et d’observation achetés auprès d’Israël ou de la Turquie, appareils qualifiés ici à Stepanakert de « kamikazes ». Voilà qui handicape sérieusement la défense du Haut-Karabagh et de l’Arménie, qui constatent que les forces azerbaïdjanaises ont appris peu à peu ces dernières années à les maitriser et à se donner un vrai avantage stratégique. Selon Erevan et Stepanakert, l’armée de l’air de l’ennemi serait en outre renforcée par des avions F-16 de l’armée turque, qui décolleraient de la base militaire aérienne de Gandja, au Nord de l’Azerbaïdjan. C’est un de ces F-16 qui aurait, ce mardi, abattu un SU-25 des forces aériennes arméniennes faisant craindre du coup un conflit qui s’étendrait au-delà du Haut-karabagh lui-même pour opposer directement Erevan, Bakou et peut-être la Turquie. Régis Genté, Stepanakert, RFI.

VD : À la une également, le premier débat entre les candidats à la présidentielle américaine. Deux autres sont programmés avant l'élection du 3 novembre.

LB : Et l'on espère qu'ils seront moins difficiles à regarder que ce premier « échange » marqué par la cacophonie, le désordre, les invectives de part et d'autres. À ce jeu, Donald Trump s'est particulièrement illustré, inspirant à son concurrent Joe Biden ce commentaire : « honte nationale ». De fait, peu de place a été laissée à la présentation des programmes des candidats. Qu'en dit la presse américaine ce mercredi ? Le point avec Marie Normand.

Inaudible, chaotique, ce sont les mots qui reviennent le plus ce matin. Le Washington Post n'hésite pas à qualifier cette rencontre de « pire débat présidentiel, de mémoire d'homme ». « Une insulte au public et un triste exemple de l'état de la démocratie américaine ». Le Colorado Springs Gazette pense que ce débat a dû plaire aux fans de catch. Même allégorie dans le Wall Street Journal qui écrit néanmoins que « les catcheurs sont plus présidentiels que ces deux hommes-là ». « Nous pensons que des millions d'Américains ont décroché au bout de 30 minutes de débat, et nous aurions fait la même chose si le regarder n'était pas notre travail ». Pour ce quotidien, Donald Trump a fait une erreur stratégique. « En voulant paraître plus fort que Joe Biden, il l'a beaucoup trop interrompu et ne lui a donc pas laissé le temps de faire des gaffes ». L'ancien vice-président n'est pas en reste. Un Joe Biden « qui dit vouloir rassembler », mais qui a traité son adversaire de « raciste », de « clown » et qui lui a demandé de « la fermer ». Bref, pour le Wall Street Journal, « personne n'a gagné dans ce fiasco ». Pour The Atlantic, « difficile d'imaginer l'impact des deux autres débats, si ce n'est d'accroître les tensions dans un pays déjà sur les nerfs ».

VD : Dans l'actualité également, cette décision concernant le génocide au Rwanda.

LB : Il a fait au moins 800 000 morts selon l'ONU. Celui qui est accusé d'être le financier de ce massacre sera bien remis à la justice internationale, il sera jugé à Arusha, en Tanzanie par un tribunal de l'ONU. Il, c'est le Rwandais Félicien Kabuga arrêté à Paris au mois de mai dernier après 25 ans de cavale. La Cour de cassation de Paris valide son transfert.

VD : Le Covid-19 qui continue sa progression notamment au Royaume-Uni.

LB : Les autorités sanitaires britanniques ont reconnu aujourd'hui que le taux d'infection n'était « pas sous contrôle » dans le pays le plus touché en Europe. Boris Johnson de son côté a rappelé à ses concitoyens à la « patience », au « bon sens », avertissant une nouvelle fois que son gouvernement n'hésiterait pas à prendre des mesures plus contraignantes que celles actuellement en vigueur.

VD : Des mesures encore plus strictes. Il pourrait également y en avoir de nouvelles en France.

LB : Le Ministre de la Santé Olivier Véran doit prendre la parole demain alors que les indicateurs de l'épidémie continuent de se dégrader notamment à Paris où les critères théoriques pour basculer en alerte maximale sont désormais atteints selon des chiffres diffusés par l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France. La Mairie de Paris dit craindre de nouvelles restrictions voire des périodes de reconfinement.

VD : Au Chili, c'est justement une partie de la réponse à la crise sanitaire et économique. Le gouvernement annonce 2 milliards de dollars d'aides aux entreprises pour les inciter à embaucher ou à reprendre leurs salariés qui étaient au chômage partiel.
 
LB : Les autorités estiment que 1 million 800 mille personnes ont perdu leur travail depuis le début de la crise sanitaire, en mars, pour 18 millions d'habitants dans le pays. À Santiago du Chili, Justine Fontaine est allée à la rencontre de dirigeants de petites entreprises, qui voient d'un bon œil ces mesures. 
 
Dans ce salon de coiffure du centre historique de Santiago, les sèche-cheveux résonnent de nouveau depuis fin août. Male Retamales, la directrice, s'apprête à postuler aux aides proposées par le gouvernement pour payer une partie des salaires des employés qui étaient au chômage partiel : « Nous étions fermés depuis le 18 mars. Avant il y avait trois salariés, maintenant nous n'en avons plus que deux. Ce serait une aide, ce serait mieux que rien, car évidemment il est plus difficile qu'avant de payer les salaires. » Le salon de coiffure tourne encore au ralenti pour pouvoir respecter les règles sanitaires. Et même avec l'aide du gouvernement, l'entreprise ne pourra pas réintégrer tous les employés, dit-elle. Car l'allocation tourne autour de 200 dollars environ, moins de la moitié du salaire minimum au Chili. Andrea Santoro dresse le même constat, quelque centaines de mètres plus loin. Elle tient un café qui vient de rouvrir, uniquement en terrasse : « On a repris avec trois personnes et on va réintégrer d'autres salariés petit à petit, en fonction de l'affluence. Mais l'aide de l'État ne va pas changer la donne, cela ne nous permettra pas de réintégrer nos dix-sept salariés, car la situation n'est plus du tout la même qu'avant. » Elle ne s'attend pas à reprendre une activité normale avant l'année prochaine. Le gouvernement prévoit de verser ces allocations chaque mois jusqu'en mars. Les aides sont un peu plus importantes pour les salariés handicapés, les femmes et les jeunes de moins de 25 ans. Justine Fontaine, Santiago, RFI.

VD : En Allemagne où s'est ouvert ce matin un procès historique.

LB : Pour la première fois, un ancien patron de l'industrie automobile allemande est jugé pour les fraudes commises sur des véhicules diesel de truquer leurs émissions polluantes. L'ex-PDG d'Audi, Rupert Stadler comparait devant la justice avec d’anciens responsables de sa société et de Porsche. Il est d’accusé de fraudes et de publicité mensongère. Pascal Thibaut.

L’ancien PDG voulait-il par-là prendre ses distances avec Audi, la société qu’il a dirigée durant douze ans avec succès doublant le chiffre d’affaires et engrangeant des bénéfices records ? Impensable autrefois, c’est à bord d’une Mercedes que Rupert Stadler est arrivé mercredi matin pour le début de son procès à Munich. C’est la première fois qu’un ancien patron du secteur automobile allemand de ce niveau doit répondre devant la justice des trucages commis dans le cadre du dieselgate. Il y a cinq ans, on apprenait que le constructeur Volkswagen avait durant des années installé des logiciels permettant à ses véhicules diesel d’apparaître moins polluants qu’ils ne l’étaient en fait lors des tests en laboratoires. Ces fraudes découvertes d’abord chez Volkswagen concernaient aussi ses filiales. Rupert Stadler qui comparait avec d’anciens responsables d’Audi et de Porsche est d’accusé de fraudes, d’émission de faux certificats et de publicité mensongère. L’ex-PDG risque jusqu’à dix ans de prison. Le procès de Munich est prévu jusqu’à fin 2022. Rupert Stadler pourrait ne pas rester le seul ancien patron de l’industrie automobile allemande à s’expliquer devant les juges. Le procès de l’ancien président du groupe Volkswagen Martin Winterkorn pourrait début l’an prochain.

LB : Un mot de tennis pour refermer ce journal avec les internationaux de France à Roland Garros. Et ce match marathon pour Pierre Hugues Herbert, 4 heures et 5 manches face à l'Allemand Alexander Zverev. Zverev qui l'emporte, et qui se qualifie pour le 3e tour.

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